Des bacs à marée
pour des plages propres

Faire une promenade en hiver sur la plage et trouver des morceaux de plastique ou tout autre déchet d'origine humaine. Le fait n'est pas rare et mérite que l'on y prête une attention particulière.
Ce que font déjà les "promeneurs‑citoyens" ou les nombreuses associations lors de grandes journées de nettoyage des plages en période hivernale. Mais quid des sacs remplis de déchets ? Bien évidemment, lors d'une journée organisée par une association, les sacs sont collectés et déposés dans le bac poubelle le plus proche. Sauf que le promeneur, lui, n'a guère d'autre solution que de partir avec son pneu ou son tuyau de plastique sous le bras. Ce qui, on peut en convenir, peut avoir raison de toutes les meilleures volontés du monde.
Fort de ce constat, le service Environnement de la Ville a décidé d'importer sur nos beaux rivages fréjusiens le concept de bacs à marée.
Bacs à marée ? Quésako ? Le bac à marée existe déjà en Bretagne, mais n'a pas encore traversé l'Hexagone en direction du Sud-Est. Il s'agit tout simplement d'un collecteur, en bois, destiné à déposer tous les déchets que l'on peut trouver sur la plage durant l'hiver : des pots en plastique, des tuyaux, des sacs, des pneus… Bref, tout ce qui n'est pas végétal ou minéral et qui pollue le rivage.
En ce début d'année 2017, ce sera chose faite. Deux bacs à marée seront installés : l'un au niveau du Mas d'Estel, l'autre au niveau de l'embouchure de l'Argens. Ces deux sites ont été choisis en raison de leurs enjeux écologiques. C'est aussi ici qu'a lieu le nettoyage raisonné des plages en période hivernale. Il s'agit-là aussi d'une action prioritaire des objectifs de Natura 2 000.

À chacun sa plage

Petit rappel : en matière d'usagers des plages, deux catégories existent. Il y a ceux qui ne voient que par un sable impeccable, nettoyé, criblé… bref, la plage parfaite avec à proximité la petite paillote pour la boisson fraîche ou la glace de l'après-midi entre deux bains de mer. Ces plages‑là, type Fréjus-Plage et la Galiote, sont des plages dites urbaines. Et il y a les plages dites naturelles. Sur ces dernières, les bois morts et la végétation sont les bienvenus, comme par exemple le secteur des Esclamandes ou la Base Nature. Là, le nettoyage se fait manuellement. Et l'écosystème qui vit dans ce que l'on appelle la "laisse de mer" joue un rôle capital (lire par ailleurs). Le bois échoué et la végétation, notamment, permettent au sable de s'accumuler et de ne pas s'envoler. Plus de sable, c'est plus de plage, plus de largeur, plus d'écosystème, plus de faune, plus de flore… C'est une plage préservée.
À Fréjus, chacun trouve une plage à son goût ! C 'est sur les plages à forte naturalité que les bacs à marée trouvent toute leur place. Car si conserver la laisse de mer est une nécessité en matière d'environnement, la base de toute une chaîne alimentaire, conserver les déchets ménagers ne l'est pas du tout !
Quand on parle d'environnement, on parle aussi de moindres coûts. À Fréjus, les bacs à marée connaissent une seconde vie. Leur première consistait à récupérer durant la saison estivale tous les sacs poubelles des kiosques de la plage des Esclamandes. Une installation qui avait été mise en place pour des questions de propreté des lieux.
Les bacs ont donc été réparés, aménagés (une petite porte pour l'ouverture et la récupération des déchets), agrémentés de panneaux explicatifs sur le pourquoi du comment et le tour est joué.
Jusqu'en avril, ces deux bacs à marée version fréjusienne vont être là pour aider les promeneurs citoyens souhaitant donner un petit coup de propre au rivage.
Les bacs seront régulièrement vidés. Et leur installation prendra fin en avril avec le retour des beaux jours. Il n'y a plus qu'à…

 

 

La laisse de mer, cette inconnue

La laisse de mer, littéralement « ce qui est laissé par la mer » au gré des vagues ou des tempêtes, forme une bande plus ou moins longue et épaisse où sont accumulés des éléments vivants ou d’origine vivante (algues, bois mort) et des débris venant des activités humaines. La laisse de mer joue un rôle très important mais peu connu du grand public.

Quand la laisse de mer n’est pas trop polluée, elle constitue un véritable écosystème qui va participer à la vie du littoral. Sous les algues mortes et les rejets naturels, elle abrite de nombreux microorganismes et tout particulièrement certains crustacés qui vivent dans le sable. Elle participe à la stabilisation des dunes en s'érigeant comme barrière naturelle contre l'érosion éolienne et marine.

Préserver la laisse de mer, ne pas la supprimer des plages pour des besoins touristiques, c’est préserver le milieu naturel et la vie du littoral souvent invisible mais pourtant indispensable.

 

 

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