Surveillance des plages :
entre bilan et (déjà)
projection sur l’été 2017

« 81 inscrits, 65 présents et 33 retenus » pour l’entretien oral de l’après-midi. Premier écrémage, et non des moindres, avec la pré-sélection des futurs sauveteurs des plages ce dernier samedi de janvier à la piscine Maurice-Giuge.
Sous l’œil du lieutenant Franck Cuomo, responsable des sauveteurs au sein des sapeurs-pompiers de Fréjus-Saint-Raphaël, en présence également d’un Jean-Baptiste Barbé qui vient perpétuer ici la tradition familiale et succéder à son regretté père, Dominique, les candidats à la promotion 2017 se sont succédés dans le bassin pour deux tests nautiques déjà très sélectifs. « Qu’est-ce qui a la différence ? », s’enquiert untel après que Julien Marlière ait annoncé les résultats et, surtout, les sélectionnés. « Où ai-je pêché ? », demande celle-ci…
« Nous sommes considérés comme le meilleur site formateur de France », justifie Julien. Un statut à justifier, notamment au niveau de « critères (en l’occurrence ici des temps) de sélection très durs, drastiques ». Et en plus, cette année il y a du niveau constate-t-il encore au moment de tirer le premier bilan de cette matinée.

Le bilan 2016 au crible
En terme de bilan justement, Franck Cuomo et son adjoint viennent précisément de présenter celui de la saison écoulée. Et principal enseignement, « un nombre d’interventions sur les plages de Fréjus quasi stable, et même en très léger recul de 1% (1012 contre 1016). Une diminution à relativiser avec les attentats de Nice qui ont engendré une moindre fréquentation des plages pendant un temps avant que la confiance ne revienne en août avec les moyens mis en œuvre à tous les niveaux ».
Au final, sur un total de 782 journées de surveillance sur les 8 postes des plages fréjusiennes – « avec la plus importante amplitude d’ouverture au niveau Var puisque la surveillance débute le premier vendredi de juin (le 3 en 2016) et se termine le 3e dimanche de septembre (le 18) » –, le constat initial fait apparaître une diminution du nombre d’interventions entraînant des évacuations et celles concernant de “simples“ soins.
Mais il est en parallèle observé une hausse conséquente des interventions concernant des mises en sécurité des baigneurs en difficulté, notamment sur des secteurs propices en fonction des conditions météo (houle et vent d’est sur Galiote).
Trois débuts de noyade, entraînant un arrête cardio-respiratoire, ont été dénombrés en 2016 : « deux sur la plage Galiote en zone surveillée en septembre, où les victimes ont récupéré une activité cardiaque avant d’être évacués sur le CHI, et une en zone non surveillée, en septembre également, aux Esclamandes. Cette dernière victime, une dame de 72 ans, est malheureusement décédée ».

Le paddle,
engin nautique comme les autres

Les activités nautiques ont également engendré un nombre croissant d’interventions. « Un accident de bouée tractée a ainsi nécessité un transfert aérien vers l’hôpital Sainte-Luce de Toulon pour un trauma facial. Des incidents en ski nautique, jet-ski sont également à déplorer. » Paradoxalement, alors que la cohabitation est plus délicate hors saison avec les promeneurs, les kite-surfeurs respectent leur zone réservée en saison. Quant au paddle, sport en vogue, il apporte son lot d’incidents dus à une méconnaissance de la loi. Le paddle est en effet « considéré comme un engin nautique et, à partir de là, totalement interdit dans une ZRUB, zone uniquement réservée aux baigneurs. Une interdiction pas toujours respectée » et des mesures, notamment de sensibilisation devraient être prises pour la saison prochaine.  

Des eaux de très bonne qualité !
Autre point de satisfaction, « la mutualisation est en marche, et la commune de Roquebrune a rejoint le dispositif en 2016Sur Fréjus, nous pouvons nous appuyer sur la vedette de la SNSM – Société nationale de sauvetage en mer – et aussi celle de la Brigade nautique, avec des personnels PM formés chez les pompiers. Un plus pour nous, car nous parlons le même langage et nous gagnons du temps en intervention ».
Enfin, la grande satisfaction 2016 aura été la qualité des eaux de baignade, sur un littoral où la Cavem – Communauté d’agglomération Var-Estérel-Méditerrannée, compétente en la matière – fait procéder à un nombre de contrôles (20/saison) plus conséquent que la loi ne l’y oblige (5). Avec 12 contrôles (247 au total) faisant apparaître une eau de qualité moyenne, et 5 une eau de mauvaise qualité (épisodes ciblés et identifiés entraînant des fermetures préventives totalement comprises, admises et appréciées des vacanciers), cette saison 2016 aura été d’excellente facture.

L’été commence en janvier…
Prévention – à grand renfort de communication entre autres –, sensibilisation, beaucoup de leçons tirées des expériences passées (mise en place de stratégies opérationnelles en fonction de la météo, notamment de balisage mobile et renforcement de personnel ; utilisation de nouveaux matériels de sauvetage telle la rescue-board)… tous ces éléments permettent, non d’arriver au stade “risque zéro“, mais de privilégier une sécurité et une tranquillité sur les plages du littoral fréjusien les plus efficientes possibles.

Et, histoire de boucler la boucle, rappelons que tout aura commencé dès la fin janvier par une formation sévère mais exemplaire des futurs sauveteurs des plages…

 

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