Feu de forêt à Fréjus - Colonel iskandar : « Le feu est fixé mais il faut rester vigilant ! »

02 septembre 2017

La situation est « sous contrôle, le feu est stabilisé mais il importe de demeurer vigilants. Quelques points chauds demeurent et rien n’interdit une ou des reprises, il ne faut pas s’endormir ». Le colonel Richard Iskandar, aux commandes opérations de secours depuis vendredi fin d’après-midi, heure de déclenchement de l’incendie, se voulait prudent ce samedi 2 septembre au matin, lors d’un point info au sortir de la nuit.

Quelque 50 hectares auraient finalement été brûlés lors de ce troisième incendie de l'été à Fréjus (photos D.R. © P. Renard, en hélicoptère, et ville de Fréjus)

Une nuit qui avait finalement permis de fixer le feu, même le dépôt de compost de la route de Bozon continuait de se consumer et dégager une épaisse fumée créant un véritable mur opaque sur la route. Plusieurs points chauds persistaient également, « sur l’avant du feu notamment ». Pour autant, le lieutenant-colonel Pasquini, relayant le colonel Iskandar au C.O.S. (Commandement des opérations de secours), indiquait « un vent tournant au sud-est, à 10-15 km/h, et de possibles averses sur le secteur de Fréjus cet après-midi. Et même si les nuages (qui s’amoncelaient à la limite Var-Alpes-Maritimes, Ndlr) ne débordent pas jusqu’ici, les orages annoncés sur le “06“ permettront d’augmenter l’hygrométrie », un élément à même de jouer en faveur des pompiers.

Un véritable mur de fumée barrait encore la route ce samedi matin à la hauteur de la plateforme de compostage du Reyran

Encore un mégot de cigarette !

S’il n’est pas encore l’heure de faire le bilan, sachons néanmoins que c’est un bel et bien un mégot de cigarette, probablement jeté d’une voiture sur l’autoroute – c’est de là, peu après le péage du Gargalon qu’est parti le feu, à hauteur et en arrière de la ferme Brodet pour les connaisseurs du coin – qui est à l’origine de ce sinistre. Lequel aurait finalement concerné quelque 50 hectares, donnée quelque peu revue à la baisse puisque l’on parlait de 30 de plus vendredi soir encore.

Briefing matinal mené par le colonel Iskandar et le lieutenant-colonel Pasquini, en présence de Richard Sert et du CCFF

Mais surtout, comme le stipulait le colonel Iskandar au 1er adjoint Richard Sert, présent sur ce briefing matinal, « nous sommes vraiment passés à côté d’une catastrophe majeure. Sans tous ces moyens aériens, renforcés en cours de mission, je crois que nous avions là le feu de l’été. Un feu toujours identique, dans ce secteur déjà frappé à de multiples reprises, et qui, s’il était parti, n’aurait pu être stoppé de sitôt. A fortiori s’il passait ces premières crêtes de l’Estérel pour aller trouver le mimosa sur le massif de Tanneron… » Les membres du CCFF renchérissaient, stigmatisant une « situation de sécheresse pire que celle connue en 2003. Cette année-là, la sécheresse ne sévissait que depuis avril. Là, c’est carrément depuis l’automne ». Et le colonel Iskandar de rappeler que « les feux de septembre sont parfois les plus virulents ».

Un tracteur brûlé au fond d'un verger à l'arrière du parc des ânes de Ballestra, le seul dégât matériel recensé à l'heure de ces lignes

Plus de 300 agents au sol,
et de gros moyens aériens

Fort heureusement, si trois canadairs “seulement“ constituaient les premiers moyens aériens de lutte contre cet incendie, ils ont rapidement été renforcés avec tout l’attirail possible en la matière. Étaient ainsi dépêchés sur zone trois canadairs supplémentaires, un Dash, quatre Trackers, deux HBE (hélicoptères bombardiers d’eau), un groupe retardant U7, alors que “Dragon 83“, l’hélico de la Sécurité civile était également sur site. Et « c’est ce qui nous a sauvé », entendait-on dans toutes les bouches ce samedi matin.
Au sol, 272 sapeurs-pompiers étaient engagés (14 groupes du Var et du “06“), sans compter les membres de l’Office national des forêts, les bénévoles – « qui se sont immédiatement mobilisés », tenait à saluer leur responsable – du Comité Communal Feux de Forêt, et forces de l’ordre (polices nationale et municipale). Soit, au total, pas moins de 313 agents auront participé de cette lutte.

L'heure du rangement sur l'aire d'autoroute du Reyran où est installé le PC de commandement

Si les conditions s’avèrent optimales, « probablement, le dispositif devrait être allégé de moitié environ ce samedi soir, poursuivait le colonel Iskandar. Quelques groupes resteront de faction en surveillance ces prochains jours, avec une diminution progressive de leur nombre, le relais étant alors pris par le CCFF d’ici 3-4 jours. Le PC de commandement (initialement installé à hauteur du cimetière de la Colle de Grune, il a rapidement déménagé sur l’aire d’autoroute du Reyran, normalement réservée aux poids-lourds mais réquisitionnée pour l’occasion, Ndlr) devrait, lui, quitter la zone dans la journée de dimanche ».

La ville également au soutien

La municipalité fréjusienne a également apporté son concours. Le sénateur-maire David Rachline, son 1er adjoint Richard Sert, l’adjoint délégué à la sécurité Patrick Renard, étaient sur place dès vendredi soir. Dans la soirée, le PC crise de la mairie était ouvert, avec Patrick Renard et Brigitte Lancine aux commandes, pour que soient « confectionnés 280 repas acheminés sur place. Dispositif reconduit samedi matin (petit déjeuner) et midi (déjeuner) au même niveau, avant probablement de diminuer samedi soir et dimanche ». Enfin, la ville de Fréjus a mis sa station service à disposition des pompiers, les camions étant à court de carburant.

Ph.C.

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