L’AMSLF Tennis de table se met à l’heure slovaque

04 octobre 2017

Depuis quelques jours, le Slovaque Vladimir Pihocko (*) prend peu à peu ses marques au sein de la section tennis de table de l’AMSLF. Depuis un peu plus d’une semaine, il en est le nouvel entraîneur en chef, « premier entraîneur étranger du club », souligne Grégory Gerberon qui en est, lui, le nouveau président depuis qu’il a échangé son poste de trésorier avec Jean-Yves Grolleau.
Voici trois ans, au moment où l’association fréjusienne connaissait des soucis de trésorerie (déficit de 200 K€), des mesures drastiques d’économie avaient frappé l’ensemble des sections amsélistes. Qui, pour le tennis de table en particulier, avaient contraint les dirigeants de la section à se séparer du seul encadrant salarié, Romain Meyrieux à l’époque.

« Un vrai coup dur, même s’il n’est pas dans nos intentions de jouer là les pleureuses. Nous le savions, nous avions intégré cet état de fait. Maintenant, force est de reconnaître qu’un entraîneur, c’est celui qui fait vivre le club au quotidien. »

Mihocko prend sa décision…
en cherchant des champignons

Aussi, pendant trois saisons, l’AMSLF tennis de table a serré les dents, et (plutôt bien) géré la situation, comptant pour cela sur les fidèles âmes charitables qui ont apporté un coup de main bénévole salvateur, notamment pour encadrer les jeunes !

Et, lorsqu’à la dernière AG, Hervé de Serna, président de l’AMSLF, a annoncé que la section pourrait à nouveau bénéficier d’un salarié AMSLF à compter de cette rentrée, la satisfaction était de mise, cette nouvelle récompensant en quelque sorte les louables efforts entrepris pendant cette période délicate.
Alors, « nous avons cherché la personne adéquate, poursuit Greg Gerberon. Mais après plusieurs pistes qui se sont finalement révélées infructueuses pour diverses raisons, nous nous sommes retrouvés sans rien ni personne à la rentrée de septembre ».
Et puis, aiguillés par l’entraîneur de Villeneuve-sur-Lot, Julien Girard, le club amséliste est entré en contact (téléphonique) avec Vladimir Mihocko. « Avec moi en premier lieu, explique à son tour Axel Aldeguer. Puis avec les personnes du bureau dont Greg. » Le courant est passé immédiatement, « nous étions sur la même longueur d’onde quant au projet à mener ici. Alors, Vladimir est venu ici courant septembre, une petite semaine pour s’imprégner du club de ses installations, ressentir ce qu’il y avait à sentir alors ».
« Je suis alors reparti chez moi, en Slovaquie, chez mes parents, dira celui qui parle six langues couramment. Je suis allé aux champignons et j’ai réfléchi. Au bout de quatre jours, j’ai dit banco ! »

Le challenge fréjusien

La nouvelle aventure de l’entraîneur slovaque pouvait commencer. Et s’il ne joue plus les matches par équipes, il se consacre à son rôle d’entraîneur formateur. Cet aspect du projet « m’a beaucoup plu et, même si j’avais un autre contact (Nantes, pour ne pas le citer), je me suis dit que c’était à Fréjus qu’il y avait le plus à faire. »

Aujourd’hui, « son parcours parle pour lui. Et s’il pouvait légitimement afficher certaines prétentions financières, nous ne pouvions lui accorder. Mais les deux parties ont fait des efforts pour permettre sa venue ». Une arrivée qui s’inscrit dans la durée, avec « un contrat d’un an, jusque fin juin 2018, renouvelable en CDI ensuite ».

À l’heure de ces lignes, l’AMSLF tennis de table compte près de 20% de licenciés supplémentaires – « 50 contre 32 à la même date en 2016, sachant que nous avions fini la saison à 59, précise Axel Aldeguer. On peut légitimement miser sur 70 adhérents en fin d’année ». Alors, certes, on est encore loin de l’âge d’or et de la saison faste 2007-08 et de ses (peu ou prou) 150 adhérents, mais une chose est certain en tout cas, le ping fréjusien remonte doucement la pente.

(*) Vladimir Mihocko a débarqué en France à l’âge de 20 ans, devenant joueur pro à Hennebont – qui, soit dit en passant, joue cette saison la Ligue de Champions –, avant de gagner Bruille (Nord, près de Douai), Amiens.
La globe-trotteur a ensuite regagné sa Slovaquie natale, « revenant dans le club qui l’a vu naître pour filer un coup de main. Il reviendra en France, à Lys-Lez-Lannoy. J’y ai notamment entraîné l’équipe, version féminine, du Tennis de table, qui évoluait en Pro A ». Devenu sélectionneur de l’équipe nationale slovaque féminine, Vladimir Mihocko s’exilera ensuite en Pologne pour préparer l’échéance olympique de 2008. Là-bas les conditions étaient meilleures. Accompagné de son pendant au féminin – Eva Odorova –, Vladimir représentera donc le tout petit pays qu’est la Slovaquie aux Jeux de Pékin. De retour chez lui à Bratislava ces dernières années (après une dernière pige à Yport en Pro B), Vladimir Mihocko a accepté le challenge fréjusien la semaine passée.
Et dans tous les clubs qu’il a fréquentés, Vladimir Mihocko a toujours entraîné. « Jouer et entraîner, puis maintenant simplement entraîner », précise-t-il.

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