Nouveau directeur de la SEM de gestion de Port-Fréjus, Glenn Fauchon veut mettre le cap sur un avenir ambitieux

30 septembre 2017

Glenn Fauchon est directeur de la SEM (Société d’économie mixte) de gestion de Port-Fréjus depuis mai 2017, poste pour lequel il a succédé à Bernard Rivory, parti à la retraite. À 39 ans, ce natif de Nîmes, franco-suisse mais possédant aussi des ascendances suédoises, helvètes ou grecques, voit dans cette fonction une étape logique d’une carrière savamment et patiemment construite. Aujourd’hui, il entend renforcer l’attractivité du port pour que « les gens viennent à Port-Fréjus toute l’année ». Présentation.

Glenn Fauchon, pouvez-vous expliquer le parcours qui vous a amené à occuper ce poste de directeur de la SEM de Port-Fréjus ?

« J’ai fait mes études à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, section génie civil. Après une dizaine année de maîtrise d’œuvre, notamment en qualité de responsable du département travaux maritimes et portuaires pour le compte du bureau d’études “Stucky Ingénieurs Conseils“, j’ai intégré le groupe Vinci construction et, plus spécifiquement, “CTS“, entreprise spécialisée dans les travaux subaquatiques, en charge de l’agence de Marseille, et m’occupant de la Méditerranée et des DOM-TOM.
Puis je me suis mis à mon compte, consultant indépendant, travaillant sur le renouvellement des concessions portuaires pour le groupe anglais “MDL“, leader européen des ports de plaisance avec 23 marinas en activité.
Avant de postuler sur ce poste de directeur de port à Fréjus. Afin de mettre les aptitudes apprises au fil de ces expériences qui se complètent les unes les autres au service de la ville.

 

On a l’impression que le fil de votre carrière ne doit rien au hasard, que celle-ci a été construite avec un but bien précis, celui de devenir directeur d’un port. Vous confirmez ?

Tout à fait. De la conception à la réalisation en entreprise, puis le business plan et le montage de projets, j’ai essayé d’avoir l’expérience la plus large et la plus complète possible. J’ai complété cette polyvalence avec une formation d’agent portuaire pour comprendre et appréhender le plus justement possible tout le panel des activités de métiers que l’on trouve sur un port de plaisance, et ce depuis les métiers de base. Et, pour l’anecdote, l’année suivante, j’étais de l’autre côté de la barrière, chargé de cours sur cette même formation. Au final, oui, j’ai construit mon parcours avec cet objectif de prendre la gestion et la direction d’un port.

Aujourd’hui, après un peu moins de six mois dans ce rôle, quelles sont vos premières impressions ?

Déjà, je dois dire que j’ai été agréablement surpris par la ville. Que je ne connaissais pas de l’intérieur. Mais j’ai été comblé par le cadre, entre la vieille ville et le port, de très belles et très agréables plages, la base nature, Saint-Aygulf où je réside. Sans oublier que j’ai également reçu un excellent accueil, domaine dans lequel les gens du sud ne possèdent pourtant pas une excellente réputation. J’ai également apprécié tout au long de cet été la qualité des animations proposées, avec un agenda d’évènements, notamment culturel (théâtre, concerts) très complet. Je suis un peu au paradis…

 

Et sur le port en lui-même ?

Port-Fréjus est un très bel endroit, un port très bien entretenu, avec des infrastructures en excellent état. Maintenant, comme l’ensemble du secteur, et même si nous sommes dans une région privilégiée, le port a connu une baisse d’activité. Ce n’est pas évident, il ne faut pas se le cacher, les ports ne sont pas une manne extraordinaire en terme de revenus financiers pour une collectivité. Car si les ports génèrent effectivement des revenus financiers, ceux-ci sont imputés, au final, du coût des investissements financés par la collectivité, dans le cadre des travaux d’entretien et d’aménagement des structures, afin d’assurer la pérennité de l’ensemble.
En revanche, je le redis, j’ai été surpris en ce qui concerne Port-Fréjus par la qualité et l’état des infrastructures. On voit que la politique de faire des travaux d’entretien régulier et de nouveaux aménagements porte ses fruits.

 

Combien de personnes sont salariées de la SEM Port-Fréjus ?

Il y a l’équivalent de 20 temps pleins. Et ils constituent une équipe très performante. La plupart des membres sont d’ailleurs arrivés avec la naissance du port. Quelque part, c’est un peu leur bébé, il y a un sentiment d’appartenance, un attachement, autant d’éléments qui font la différence. Chacun connaît sa mission, tous sont passionnés, avec une vraie volonté d’aller de l’avant. Ils sont d’ailleurs une mémoire vivante du port, mais arrivera un moment où ils partiront. C’est pourquoi l’un de mes premiers projets consiste à mettre en place un SIG (système d’informations géographiques, qui permet de stocker, traiter et analyser tout un ensemble de données spatiales et géographiques, Ndlr). Ainsi, strate par strate, étage par étage, l’on aura un outil qui nous permettra de parfaitement connaître le port, l’ensemble des réseaux, etc. Cet historique existe mais il est sur papier, pas encore formalisé informatiquement.
Et je travaille bien sûr en étroite collaboration avec Pierre Joly, le président de la SEM, conseiller municipal, qui m’apporte un soutien et m’aide dans cette fonction de directeur. Il est un personnage central pour la fonctionnement du port, les grands sujet sont réfléchis et analysés avec l’équipe du port et arbitrés avec M. Joly.

 

Justement, quel est ou quels sont pour vous les axes de développement du port de Fréjus ?

Déjà, il est un port en cœur de ville, un peu comparable au Vieux-Port de Marseille. Ce qui est un atout hyper qualitatif, en ce sens qu’il n’y a pas à créer une liaison ville - port.
Mon rôle premier est de faire perdurer cette démarche d’excellence qui sied au port de Fréjus. Il faut pérenniser l’activité, laquelle est en revanche quasi exclusivement saisonnière. Il convient donc de la développer, d’étirer la saison avant et après l’été, d’avril à octobre a minima. Cela passe par de nombreux axes, dans l’amélioration des infrastructures qui nous permettront un meilleur accueil des plaisanciers.

Qui se concrétiseraient de quelle manière et à quel(s) délais(s) ?

Je pense par exemple à la mise en place de la fibre optique tout autour du port, pour proposer un WiFi plus performant. Ou encore au rajout de pontons flottants à l’extrémité de certains des pontons existants, pour créer des places supplémentaires (*). Un allongement du ponton attenant à la cale de mise à l’eau est également projeté, accompagné d’une mise aux normes pour l’accès aux personnes à mobilité réduite. Des aménagements autour de l’îlot central à base de mise en place de nurseries de poissons, pour permettre aux alevins de se développer à l’abri des prédateurs et ainsi améliorer les échanges et renouveler les populations de poissons…
Certains de ces projets seront concrétisés dès la fin de l’année ou courant 2018.

 

Des gros investissements ou gros chantiers sont-ils à l’ordre du jour ?

Des projets sont en cours, mais l’on ne peut pas trop en parler. Pour l’heure néanmoins, on se fixe un horizon 2019-2020. Il faut savoir que la fin de la concession intervient en 2025. Ce qui est relativement proche et n’autorise pas pour l’heure de très grands projets, ou investissements très importants, qui n’auraient eu le temps d’être amortis d’ici ce terme. Une reprise de digue entre dans ce cadre par exemple. Aujourd’hui, la notion de rentabilité est très présente aussi dans la gestion des ports.
Dans cette optique, plutôt par exemple qu’accueillir de très grandes unités, il importe de pérenniser notre clientèle de bateaux 13-20 m, car ces plaisanciers sont les vrais usagers du port. L’amélioration de la communication envers cette clientèle est ainsi un autre axe de développement, avec la mise en place d’un affichage plus dynamique, à base de totems disséminés aux points stratégiques autour du port…

L’aspect animations est un autre axe de développement ou de pérennisation des plaisanciers ?

Exactement. Économiquement pour les commerçants du port, c’est même primordial. Et sur une saison plus étendue, comme je l’ai dit précédemment. Il faut donc renforcer notre agenda d’animations et d’évènements. Port-Fréjus sera ainsi au printemps prochain une étape de la Spi Dauphine, un challenge porté et disputé par les grandes écoles françaises. J’aimerais accueillir des salons également, établir un agenda commun avec des ports voisins. Bien sûr, nous n’aurons pas l’ambition de concurrencer les Voiles de Saint-Tropez, mais il faut penser des évènements, créer des manifestations pour les usagers du port et les Fréjusiens en premier lieu. Je veux que les gens viennent à Port-Fréjus toute l’année ! »

Ph.C.


(*) PORT-FRÉJUS EN CHIFFRES
-> Environ 850 anneaux (ou postes)
pour des unités de 5,50 m de longueur (et 2,20 m de tirant d’eau) à 40 m (et 9 m), se décomposant ainsi :
• 611 postes, port principal
• + 29 postes en escale (longueur max : 12 m, tirant d’eau max : 4 m)
• 203 postes, port canal (nouveau bassin)
-> Services
Eau douce, électricité (220 V - 16A/380V - 60A), téléphone, météo, WiFi, vidéoprotection, WC, douches, laveries, manutention (Chantier naval Port-Fréjus), cale de mise à l’eau, élévateur 50t - grue 10t, gardiennage à flot

+ d’infos.
Capitainerie de Port-Fréjus -
Tél. 04 94 82 63 00 - Fax. 04 94 51 48 52
www.portfrejus.fr / info@portfrejus.fr

SEM de gestion de Port-Fréjus –
Capitainerie - 55, passage des Caryatides
CS80084 – 83606 Fréjus cedex

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