Rallye-raid Africa Eco Race : le Fréjusien Mathieu Serradori 2e à mi-parcours

08 janvier 2018

Depuis son plus jeune âge, le pilote fréjusien voue une véritable passion pour les sports mécaniques. Passion qui l’a conduit à prendre part, à moto, au rallye-raid “Le Dakar“, la version “AmSud“. Trois participations en 2009, 2011 (sa meilleure aventure avec une 20e place au général final, 2e Français derrière Cyril Desprès, 3e au classement amateur) et 2012.

Le Buggy SRT de Mathieu Serradori et son copilote belge, Fabian Lurquin, avant le départ sur les quais de Monaco le 31 décembre... 2017 (Photos © D.R. site officiel Africa Race)

Sur les conseils d’un des grands noms de la discipline, Jean-Louis Schlesser, Mathieu passera de deux à quatre roues, s’orientant bien évidemment vers le buggy. D’abord un Predator X18 en 2014, avec Romain Allain Launay sur le siège du copilote, puis un Predator V6 essence aux côtés de l’expérimenté Didier Haquette (2015). Deux belles années, de belles courses (Rallye Oilibya du Maroc, Baja Aragon, Italian Baja, Abu Dhabi Desert Challenge) et l’Africa Eco Race avec un podium (3e en 2016) et des victoires en sépciales (2015, 2016, 2017).

Déjà deux spéciales dans la boite
à gants du Buggy SRT

Lors de la dernière édition, la course avait tourné court pour le pilote est-varois, au Buggy –un deux roues motrices désormais conçu au sein du SRT, Serradori Racing Team – amoché dès le 22e kilomètre de la 2e spéciale l’envoyant dans les bas-fonds du classement général.

Cette année, à mi-parcours (après 3322 km dont 2081 de spéciales), Mathieu Serradori, accompagné depuis 2016 par Fabian Lurquin, pointe 2e, à seulement 14’14 du leader (presqu’) incontesté, le Russe Vladimir Vasilyev (sur une Mini), lauréat en 2017.

Depuis Nador, point de départ du rallye au Maroc le 2 janvier dernier, les deux hommes se partagent les victoires d’étapes (4 pour le Russe, 2 pour le Varois). Serradori s’est ainsi imposé du côté d’Assa (Maroc), au terme de la 3e étape (Agdal-Assa), avec… 22 centièmes d’avance sur son “meilleur ennemi“, puis ce lundi 8 janvier, au lendemain de la journée de repos, et lors de la 6e étape voyant le rallye passer du Maroc (depuis Dakhla) en Mauritanie (Chami), cette fois avec 2’21 d’avance.

Toute l'équipe technique du SRT au travail lors de la journée de repos ce dimanche 7 janvier à Dakhla : devant les ordinateurs et directement sur la machine du pilote fréjusien

La victoire finale se joue
peut-être ce mardi 9 janvier

« Une “défaite“ stratégique, dixit le pilote russe, pour ne pas ouvrir la route demain (mardi 9, Ndlr) lors de l’étape dite marathon. » Ce que Mathieu Serradori ne contestait pas vraiment, reconnaissant, « je ne sais pas si c’était une bonne opération de gagner aujourd’hui pour ouvrir l’étape marathon de demain… Mais il fallait rouler pour ne pas perdre de temps sur Vasilyev qui, lui, a suivi sa stratégie en gérant son avance au général (…) Mais c’était une étape de remise en jambes (après la journée de repos dimanche 7 à Dakhla, Ndlr) et tout s’est bien passé, on est contents. Vasilyev nous a laissés passer pour qu’on ouvre demain, et ça va être difficile de faire la trace dans les dunes… »

Dans les dunes de la 7e étape, une boucle de 508 km (486 de spéciale) autour de Chami, mais surtout cette fameuse étape dénommée “500 miles“ car disputée en parc fermé au bivouac du soir, et donc, sans aucune assistance technique. Une bonne partie de la victoire finale (sur les bords du célèbre Lac Rose à Dakar le 14 janvier) pourrait donc fort bien se jouer ce mardi pour Mathieu Serradori et son Buggy SRT. Et par là-même peut-être décider de l’avenir du pilote Mathieu Serradori (pilote amateur rappelons-le, puisque le Fréjusien a repris l’entreprise familiale de travaux électriques), lequel, s’il l’emportait sur l’Africa Eco Race, pourrait alors bien s’exiler vers le continent sud-américain pour prendre part… au “Dakar“ !

Revivez les étapes de cette édition 2018 sur la Web TV de “l’Africa Eco Race“ sur le lien WEB TV

 Africa Eco Race : sur les traces de Thierry Sabine

L’Africa Eco Race est née à la fin des années 2000, notamment de la volonté des pays africains de maintenir un rallye automobile au nord du continent après le “déménagement“ du Dakar vers l’Amérique du Sud en 2009.
L’année précédente, l’épreuve avait été annulée par ASO – Amaury Sport Organisation, propriétaire de l’épreuve comme elle l’est du Roc d’Azur – suite au meurtre, en Mauritanie, de quatre ressortissants français. ASO se tournera ensuite vers le continent sud-américain pour y organiser… son “Dakar“, puisque c’est ainsi, en qualité de marque déposée, que continue de s’appeler le rallye-raid imaginé par Thierry Sabine.

Thierry Sabine justement, l’Africain comme il était surnommé, décédé en janvier 1986 dans un accident d’hélicoptère qui coûta parallèlement la vie au chanteur Daniel Balavoine : c’est en sa mémoire et pour continuer de marcher dans ses traces vers Dakar, vers ce Sénégal et cette Afrique que Sabine aimait tant, que des gloires et compagnons d’aventure de la première heure – les René Metge, Jean-Louis Schlesser ou encore Hubert Auriol – ont repris le flambeau et mis sur pied cette épreuve, qui part de Monaco, traverser la Méditerranée puis trois pays – Maroc, Mauritanie, Sénégal – avant d’arriver, comme autrefois, sur les bords du Lac Rose. « Notre volonté n’est pas de concurrencer le Dakar. L’Africa Race a été créée parce qu’on voulait un rallye convivial d’abord. Qui se dispute en Afrique ensuite, parce que ça, c’est irremplaçable, parce que c’est magnifique, parce que c’est l’aventure… », racontait ainsi René Metge voici quelques années en évoquant “sa“ course.

S’il n’a pas encore la notoriété de son homologue sud-américain, le rallye africain n’en attire pas moins de grands noms de la discipline, privilégiant la convivialité et une vraie camaraderie.
En 2018, l’Africa Eco Race célèbre sa 10e édition. Côté chiffres, on retiendra encore les 185 participants, 25 nationalités représentées, les 12 étapes jusqu’au 14 janvier affichant 6500 km au total (dont 4000 de spéciales chronométrées) entre Nador (au Maroc) et le Lac Rose à Dakar. Jean-Louis Schlesser en a remporté les six premières éditions (avec, comme copilotes, Arnaud Debron et Cyril Esquirol, chacun à deux reprises, avec Cécile Merle-Béral ou encore Thierry Magnaldi). Le Russe Vladimir Vasilyev en est le tenant du titre, vainqueur en 2017.

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