Un Fréjusien d'adoption sélectionné pour les jeux olympiques d'hiver

26 janvier 2018

"J'y vais paisiblement, sans pression. Quand je mesure le chemin parcouru depuis un an, je suis content, tout simplement" : les propos sont de Thomas Krief, 24 ans, skieur acrobatique, Fréjusien d'adoption, sélectionné officiellement depuis hier pour les jeux olympiques de Pyeongchang, une petite ville de montagne de Corée du Sud.
Le 22 février, Thomas prendra le départ de l'épreuve de ski halfpipe (1).
Depuis quelques jours déjà, au sein de la famille Krief, on savait que le freestyler avait toutes les chances de figurer sur la liste du Comité national olympique et sportif français. 

Le 12 février, Thomas, "Toto", s'envolera pour rejoindre le reste de l'équipe de France au village olympique. Une sélection qui a déjà un goût de victoire pour ce sportif au mental d'acier.
Deux blessures en deux ans : une clavicule en janvier 2016 à Calgary et deux genoux (rupture des ligaments croisés) en janvier 2017 à Calgary encore. "D'où ma satisfaction d'en être là aujourd'hui. Quand le chirurgien m'a dit que si je faisais les choses correctement et dans l'ordre je pourrais remonter sur les skis pour l'échéance olympique, je n'ai pas réfléchi. Mon objectif était de pouvoir revenir à 200% et de me donner les moyens. Pas facile d'imaginer ça quand on est bloqué dans un fauteuil". Mais le mental d'acier, Toto l'a depuis toujours. Très entouré par les siens, le skieur a réussi son pari : être prêt pour la Corée. "J'ai travaillé pour en être là aujourd'hui, petit à petit, pour monter en puissance et rechausser les skis"

Thomas à l'entraînement durant sa rééducation l'été dernier

Sur les pentes de l'Alpe d'Huez

Le ski, Thomas l'a dans la peau depuis tout petit. On pourrait même dire que cela est héréditaire, lui qui a suivi les traces de son père sur les pentes les plus raides de l'Alpe d'Huez. D'ailleurs, marcher ou skier, on ne sait plus vraiment ce qu'il a fait en premier Toto ! Pourtant, ce n'était pas toujours facile de convaincre le petit bonhomme de chausser les planches le mercredi après-midi, parole de nounou ! Des épisodes de larmes qui sont bien loin derrière maintenant quand on s'intéresse au parcours de l'athlète. On y trouve du "lourd" comme on dit.


À 6 ans, Thomas affiche déjà ses sponsors sur son équipement, le rêve de tous les gosses qui vivent ski, respirent ski. À 16 ans, il fait ses débuts internationaux en 2009. À 19 ans, il monte sur son premier podium en Coupe du monde et termine 2e des X Games Europe avant de terminer 3e des championnats du monde de freestyle à 20 ans.
L’année suivante, il se qualifie pour les jeux olympiques de Sotchi. Avec ses potes Kevin Rolland et Ben Valentin (de la team Free Ski Project) ils se prennent à rêver de médailles. Toto se qualifie pour la finale.
Las ! Les conditions météo se dégradent et il neige à gros patins au moment de la finale, des conditions que Thomas n'apprécie pas du tout. Il termine alors 11e mais regarde avec bonheur son copain Kevin Rolland monter sur la troisième marche du podium.
Pas grave. Dans quatre ans il sera "là pour la Corée" se dit-il. Quatre ans et deux blessures plus tard, mais Thomas est là. Avec l'envie d'avoir envie, avec toute sa famille autour, "mon père sera là, ma mère aussi, ma chérie. Même si nous restons au village olympique, c'est bon de savoir qu'ils ne sont pas loin".
Et la course dans tout ça ? "J'y vais cool, sans pression. C'est déjà bien d'en être là. J'y vais détendu. J'y vais pour produire du bon ski, mon meilleur ski…"

Une victoire à Secret Garden en Chine en décembre


Et après... Après on verra bien comme qui dirait, allez savoir, parfois les dieux de la gagne sont impénétrables. Comme le souligne le chef des équipes de France et grand boss du freestyle Fabien Bertrand "Thomas est dans les clous pour faire partie de l'équipe au vu de sa saison. Le mois dernier, il a remporté l'épreuve de Secret Garden, en Chine, comptant pour la Coupe du monde de ski halfpipe. Il revient de deux genoux et arrive sans pression. Il est challenger mais il est là, c'est le plus important…"
Quand on sait que Thomas ne lâche jamais rien…
Rendez-vous le 22 février pour la suite de l'aventure.

Le ski halfpipe est passé discipline olympique lors des jeux de Sotchi en 2014. C'est un enchaînement de figures dans un demi cylindre aux parois verticales. Discipline dérivée du snowboard qui convient parfaitement aux skieurs. La hauteur, la difficulté, la variété des manœuvres exécutées ainsi que le rythme de l’évolution sont les principaux critères de jugement.

Ici, une vidéo de Thomas >>>

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