Volley-ball Élite (J6) : l’AMSLF fait trembler l’ogre martégal mais s’incline au tie-break

05 novembre 2017

À voir leur joie fortement teintée de soulagement, il n’est pas vain de dire que les Martégaux, présentés comme les monstres de la division, étaient contents de s’en sortir à si bon compte en ce premier samedi de novembre, lors de la 6e journée de championnat Élite. Victorieux au bout du suspense (15-10 au 5e), mais malmenés comme ils ne l’avaient pas encore été cette saison – Martigues a concédé autant de sets sur cette rencontre qu’en quatre matches au préalable –, ni même en préparation – l’équipe provençale avait ainsi dominé Fréjus 3-1 puis 4-0 en amical, puis encore 1-2 lors du challenge Fabiani –, les partenaires du capitaine Mitrovic savent désormais où ils en sont.

Le poing serré et toute la rage de vaincre de l'entraîneur amséliste, Loïc Geiler

Effectivement présentés comme la « Formule 1 » (dixit Loïc Geiler) de la poule et même de la division du fait d’un budget avoisinant le million d’euros (deux fois plus que les autres a minima) et d’un effectif hors normes pour le niveau – deux éléments construits alors que Martigues devait jouer en Ligue B avant d’être rétrogradée administrativement –, les joueurs de la Venise provençale se déplaçaient dans l’est-Var pour « connaître leur vrai niveau », évoquait la presse locale avant le match. Jusqu’alors, le MVB avait collectionné les succès, abandonnant un set à Harnes, un autre au CNVB, mais infligeant fanny à Charenton, Grenoble et Caudry. Certes pas les clubs de seconde partie du classement, mais tout de même. Seuls 314 points avaient été concédés, là où l’AMSLF (2e) en lâchait 404, et Mende (3e) 409…

MVB : que des pointures !

Et puis cet effectif, waouh, jugez plutôt :
- le deuxième passeur de la sélection espagnole (Jesus Bruque),
- un libero (Francisco Fernandez) également international ibère,
- un pointu international letton (Reinis Pekmans),
- un ancien international serbe (Aleksandar Mitrovic) ayant pris part aux Jeux de 2004,
- un Brésilien (William Bersani Da Costa), ancien de Ligue A et notamment vainqueur de la CEV en 2014 avec le Paris Volley,
- un réceptionneur Renaud Ventresque, lui aussi ex-Ligue A (à Montpellier avec un certain Loïc Geiler, à Nancy) et pilier de Ligue B (Avignon, Asnières),
- et encore ces autres joueurs qui ont tâté de la Ligue B, le central auriverde Haroldo Lino Da Silva (Canteleu-Maromme), l’autre central Sébastien Ducange (Canteleu, Cambrai, arrivé de Nantes cet été), le libero Jérémy Slih (Asnières)…

Les supporters fréjusiens : un rôle et un soutien importants pour les volleyeurs de l'AMSLF

N’en jetez plus, la feuille de match est pleine et Christophe Charroux, le coach, doit d’ailleurs se faire des cheveux blancs à « jongler avec cette armada », reconnaissait Loïc Geiler. Mais l’entraîneur amséliste regrettait surtout que ses ouailles aient, de leur côté, trop regardé tous ces CV impressionnants. « Il faut qu’ils comprennent qu’ils sont au niveau, qu’ils peuvent jouer ces mecs-là, pestait après coup Loïc Geiler. Ils entament le match en se ch… dessus, c’est dommage. On avait pris des “taules“ en préparation mais, comme je te disais, on était justement en préparation, certainement pas en recherche d’optimisation de chacun des joueurs. Ce que je recherche aujourd’hui pour la compétition bien sûr. »

Nemanja Vidovic (au service) et Franck Vincenti ont tout donné face à Martigues et prouvé qu'ils pouvaient rivaliser avec les joueurs provençaux

Le public joue pleinement son rôle

Et jouer les yeux dans les yeux, les Fréjusiens ont su faire. Ayant cédé la manche initiale (à 21), ils sauront revenir une première fois à hauteur (25-21 dans le 2e), poussés par un public de plus en plus présent (entre 4 et 500 spectateurs) et un groupe d’ultras qui donne de la voix et entraîne tout le monde à sa suite. Le 3e set aurait pu tout autant tomber dans l’escarcelle fréjusienne, lorsque les coéquipiers d’un Pajic très précieux en attaque passèrent un 6-0 à un collectif martégal scotché, menant 18-14 puis 19-16 avant de se déliter quelque peu devant l’expérience adverse et céder 21-25.
« Sur la gestion émotionnelle, on n’y est pas encore, constatait le coach fréjusien. Ou pas continuellement du moins. » Pour autant, Vivier et ses compères surent là encore profiter du 7e homme, son public, même menés 12-14, puis 13-15 pour marcher sur les Martégaux (18-18, 21-19, 24-22) et, à 25-22, aller chercher le droit de disputer un 5e set.

Pierre Vivier en réception : les Amsélistes sont parvenus à revenir par deux fois au score, avant de céder dans la manche décisive

Mais l’entame catastrophique dans cette ultime manche (0-4, 1-7) constituera un handicap trop lourd à remonter, a fortiori face à des Martégaux qui, dans le sillage de Bersani, voire Mitrovic et même le jeune Lucas Vergne, serviront le plomb et feront preuve d’une défense infranchissable. Cette fois, le courage et le public ne permettront pas une “remontada“ totale (4-9, 8-12, 10-13), et Fréjus s’inclinait 10-15. Mais « que vous avez été pénibles à jouer », complimentait après coup le coach provençal, Christophe Charroux, sans pour autant atténuer la déception de Loïc Geiler. « Autant là, sur le coup, je vais te dire que je suis déçu, autant demain je le serai moins », admettait ce dernier, avant de se projeter d’ores-et-déjà sur les semaines à venir. « On est là à la fin d’un cycle. On va jouer samedi en Coupe de France avant un match piège (7e journée, Ndlr) à Grenoble pour clore cette phase aller », en espérant que ce même jour, le 18 novembre, Martigues domine Mende…

Un point précieux pour les play-off

À Marseille samedi prochain pour le 1er tour de la Coupe de France, il faudra également faire montrer de prudence et en aucun cas de suffisance face à un hôte, le Marseille Volley 13, en tête de sa poule de N2 (5 victoires, une défaite) malgré un accroc (2-3) face à l’ASUL Lyon, avant-dernier, voici une semaine. Pour Loïc Geiler, « la Coupe permet de rester concentrés, sous pression, de ne pas avoir de week-end off. Et pour certains qui jouent moins, ce sera l’occasion d’avoir du temps de jeu ».

Le deuxième passeur fréjusien, Corentin Suc, n'est entré que dans le tie-break : "pas un cadeau" que je lui ai fait là, concédait Loïc Geiler après coup

Et surtout, l’AMSLF pourra toujours s’appuyer sur ses deux dernières sorties – victorieuse à Mende (3-2), sacrée perf’ faut-il le rappeler, et Martigues – pour se persuader que la montée est tout à fait dans ses cordes…

Enfin, dans l’optique des play-off, Fréjus a marqué un point précieux – petit rappel : une défaite au tie-break rapporte un point, un revers 0-3 ou même 1-3 n’en rapporte aucun. Dans une deuxième phase, dont on connaît déjà, sauf catastrophe industrielle, les protagonistes pour cette poule B– Martigues (17 pts), Mende (15), Fréjus (14) et le CNVB (10, mais qualifié d’office) ont fait le trou par rapport au reste de la troupe (+4 par rapport à Charenton) –, l’AMSLF totalise à ce jour 5 points (comme Martigues) contre 4 à Mende et 1 au CNVB. Déjà une bonne chose de faite, et une jolie manière de donner du courage à Julien Laporte, coach-adjoint actuellement convalescent suite à une récente intervention chirurgicale…

Retrouvez ici >>> les plus belles images de cette rencontre jouée devant 4 à 500 spectateurs

Mihailo Pajic, toujours discret mais terriblement efficace et le meilleur marqueur amséliste face à Martigues samedi Le bloc fréjusien, ici Gras, Simin et Pajic en défense sur l'attaque de Bersani Da Costa, a longtemps retardé l'échéance

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