Volley-ball (Ligue B masculine) - AMSLF : Bastien Prévit, 7 saisons de bons et loyaux services

29 mars 2019

Il a disputé sa 7e saison sous les couleurs amsélistes. Bastien Prévit, 34 ans le 4 mai prochain, pointu remplaçant du Serbe Mihailo Pajic, tire le bilan d’une campagne 2018-2019 – « qui n’est pas finie ! », ne manque-t-il pas de rappeler – avant le quart de finale aller des play-off samedi 30 devant Cambrai.

Bastien, peux-tu tout d’abord te présenter ?
« Je suis natif des Yvelines, où je suis resté les 15 premières années de ma vie. Ma mère, prof d’EPS, mutée dans le Sud, j’y ai poursuivi mes études où je suis devenu prof d’EPS à mon tour. J’ai découvert le volley à Antibes puis l’US Cagnes, une saison en N2 où j’ai beaucoup appris. Mon premier poste en Picardie m’a permis de croiser celui qui vient de laisser le fauteuil de président du SQVB (Saint-Quentin Volley-Ball), Adrien Donat, lors d’un match de Pro A qui les opposait à Nice. Il cherchait un pointu pour son équipe réserve et j’ai dit oui. La saison suivante, Nenad Komenic, qui était alors l’entraîneur emblématique du SQVB, il m’a pris sous son aile, je jouais en réserve mais je m’entraînais avec les pros (le SQVB était descendu en Pro B entre-temps, Ndlr).
Puis j’ai eu l’opportunité professionnelle de revenir dans le Sud (aujourd’hui prof d’EPS à Pégomas), et je suis venu à Fréjus, j’ai rencontré Éric Chassagnard et pris la succession de Fred Gindreau qui arrêtait sa carrière.

Et tu es encore là 7 ans après…
Oui, c’est sans conteste la plus belle partie de ma carrière. Je suis devenu titulaire au poste. Avec Loïc (Geiler, Ndlr), encore joueur à l’époque, on fait 1er ex-aequo avec Montpellier la première saison (2012-2013 : les Héraultais montent en N1 avec une victoire supplémentaire au compteur, Ndlr), on refait 1 la saison suivante et on monte. Et contre toute attente, on refait vice-champions de France en Élite (2014-2015), mais on ne peut monter administrativement car on n’avait pas présenté la candidature d’éligibilité.
Finalement, on est montés l’an dernier. 

Et vous venez d’achever la saison régulière à la 7e place, décrochant sereinement votre maintien sportif et vous qualifiant même pour les play-off de Ligue B. Un petit regard en arrière sur cette année, ça donne quoi ?
C’est une pleine satisfaction, avec un beau mois de février. On se maintient – le premier objectif –, on ajoute les play-off, même si on aurait pu finir une ou deux places plus haut. Mais c’est déjà formidable et ce n’est pas fini, on est motivés pour aller chercher une perf’ contre Cambrai.

Les play-off sont effectivement la cerise sur le gâteau. Pour autant, sera-ce juste un petit tour et puis s’en va ? Parce que les joueurs de Cambrai sont programmés pour disputer la montée aux Parisiens. Et les faire tomber, a fortiori avec un match d’appui chez eux, constituerait un véritable exploit tout de même ?
Non, ça serait une belle performance oui. Pas nécessairement un exploit. Nous, notre saison est aboutie, nous serons motivés mais libérés, nous avons tout à gagner. Eux, effectivement, jouent la montée, ils ont maintenant tout à perdre dans ces play-off. On les pousse au set en or à domicile, on a eu des opportunités. Et puis, crois-moi, Loïc ne joue pas les play-off, il les joue pour gagner, ça s’est ressenti cette semaine à l’entraînement, on est montés en intensité. Il faudra que chacun donne 100 % de soi-même et que le collectif donne 100 % également !

Tu joues au volley depuis de nombreuses saisons au haut niveau (N2, Élite, Ligue B). Et tu auras attendu ta 34e année pour goûter au monde professionnel… sans l’être complètement, qui plus est ! Pourquoi avoir décidé de conserver une activité professionnelle (à l’image de Corentin Suc, enseignant SEGPA à Villeneuve, Bastien est professionnel à 50 %) ?
Parce que c’est une sécurité. Ma carrière pro ne pourra durer longtemps. Alors, certes, je ne m’entraîne pas le matin avec le groupe, mais je les rejoins tous les soirs.

Te considères-tu de fait comme un joueur professionnel ?
Oui et non. Je joue avant tout pour le plaisir, et je suis extrêmement content d’être là, d’avoir cette opportunité de fréquenter le monde professionnel. Il est vrai que c’est sympa d’avoir sa fiche individuelle sur le site de la Ligue.
Comme je te le disais, je travaille le matin pendant que le groupe est en séance de musculation généralement. Moi, j’arrive plus tôt l’après-midi et je fais ma “muscu“ à ce moment-là avant de retrouver les autres pour l’entraînement collectif. Je suis à la fois prof d’EPS et joueur pro de volley.

L’équipe grimpant les échelons, tu as reculé dans la hiérarchie. Loïc te fait rentrer en jeu avec parcimonie, notamment sur des points décisifs au service. N’est-ce pas un peu frustrant de jouer peu, voire parfois pas du tout ?
Non, devant il y a “Micki“ (Mihailo Pajic, le pointu serbe aujourd’hui l’un des meilleurs attaquants de la division), c’est logique, il s’entraîne deux fois que moi, il est plus fort. Je suis son remplaçant, on se conseille, on s’encourage mutuellement, c’est un mec très agréable.
Et le jour où il est moins bien, Loïc n’hésite pas à le sortir pour me faire rentrer. Pas uniquement pour finir les sets et venir mettre une sacoche au service. C’est mon rôle aussi, mes coéquipiers ont toute confiance en moi.

Tu as cette particularité d’être un excellent joueur de tennis, au point d’écumer les tournois estivaux. Le tennis, c’est ton autre passion ?
Le tennis est mon premier sport. Mes études me conduisaient initialement vers un rôle d’entraîneur avant que je ne devienne prof d’éducation physique. Aujourd’hui, je suis volleyeur jusqu’en mai, et mes raquettes sont sous le lit. Puis de mai à fin juillet, j’ai cinq tournois pour essayer de conserver mon classement (2/6 au mieux, aujourd’hui 4/6 avec l’ambition de gagner un échelon). Mais j’ai déjà performé sur des joueurs à 1/6 ou 0, soit le haut de 2e série. J’ai besoin de ça, c’est mon échappatoire, comme d’autres vont aller sur le beach-volley…

Ton meilleur coup au tennis, c’est la… volée, non ?
(Bastien, très sérieux)… Non, plutôt le service et le revers.

C’est aussi un moyen de rester en forme physique une fois l’été venu. Lorsqu’arrive la reprise avec Loïc Geiler et Jean Sengès – et Dieu sait qu’elle est dure cette reprise au mois d’août ! –, tu dois déjà être au top du coup ?
J’ai une vertèbre fracturée de naissance. Un docteur m’avait dit que je ne jouerais jamais au volley. Heureusement, un second avis médical m’a parlé de Jean Galfione, qui souffre d’un mal similaire et cela ne l’e pas empêché d’être champion olympique à la perche. Donc, en fait, je m’entretiens toute l’année, à base de gainage notamment. Et quand arrive le retour à la préparation en août, c’est dur mais ça passe plus facilement que pour certains autres, même si chacun a un programme individuel à tenir.

Mais celle (la préparation) d’août prochain, tu n’en seras pas apparemment ?
Effectivement, je viens d’apprendre que l’aventure s’arrêtait là. C’est difficile car on a tissé des liens forts avec certains. Et encore une fois, je continue de prendre du plaisir, à l’entraînement. J’ai encore le niveau pour jouer, je vais contacter des clubs de la région.
Mais, en attendant, on a la fin de l’aventure à écrire. Dès samedi contre Cambrai… »

Retrouvez ici la présentation officielle du match contre Cambrai

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