VTT-enduro : double championne du monde, Cécile Ravanel à la croisée des chemins

10 octobre 2017

 

Par ici ? Ou par là ? Miser sur la continuité, ou aller vers un nouveau challenge ?

C’est le dilemme qui occupe actuellement l’esprit de Cécile Ravanel. Sacrée (officiellement) championne du monde des EWS (Enduro Wolrd Series) pour la seconde fois d’affilée le 1er octobre du côté de Finale Ligure en Italie, la championne fréjusienne est un peu dans le doute quant à la suite à donner à sa carrière.

Depuis cinq saisons maintenant, Cécile Ravanel était engagée sur le circuit EWS, championnat du monde d’enduro VTT créé en 2012 (1ère saison complète en 2013), avec des épreuves disputées sous le format rallye, avec des spéciales chronométrées (classement au temps cumulé des chronos réalisés sur ces spéciales) entrecoupées de parcours de liaisons pour aller d’une zone d’arrivée au départ de la spéciale suivante.

Dans l’ombre de la Britannique Tracy Moseley, championne incontestée trois années durant (Ravanel 2e mondiale en 2013 et 2015, 3e en 2014), l’enduriste varoise a véritablement mis le pied sur la discipline lors des deux dernières campagnes. Une domination sans partage qui s’est traduite par 7 victoires en 8 étapes, tant en 2015 qu’en 2016, (et une 2e place à chaque fois, sur l’étape qui lui a échappé), 67,34 % des spéciales remportées (33/49) en 2015) et encore plus cette saison avec le vertigineux total de 39 spéciales victorieuses sur 56 courues, soit 69,64 % !!!

Marathon médiatique sur le Roc

Sur le Roc d’Azur la semaine dernière, Cécile s’est confiée entre deux interviews, deux séances de dédicaces – et de se marrer, « ce samedi, Cédric m’a placé des RV toutes les heures, mais c’est sympa », tant il est vrai qu’avant d’être celui qui partage se vie, Cédric est avant tout le general-manager du Commençal Vallnord enduro Team –, pour revenir sur cette formidable saison et, déjà, penser à la prochaine. « C’est vrai, le Roc est en fin de saison l’occasion de discuter avec les partenaires que l’on n’a pas le temps de voir pendant la saison, pour évoquer d’autres choses que parler compétition ou vélo, ou demander du matériel ou plein d’autres choses. Là, c’est le moment de leur dire merci. Don, ouais, c’est très sympa. »

Campagne 2017 : « Quand je ne gagne pas, je suis dégoûtée »

La campagne 2017, et son formidable couronnement, Cécile avoue ne pas les avoir vécus de la même façon. « L’an dernier, je devais aller chercher le titre. Cette année, je n’avais pas la même approche, j’y allais pour ne pas perdre le titre. OK, c’est moi qui me mettais cette pression supplémentaire, mais bon, il le fallait, je suis ainsi. »

Alors, du coup, la (2e) couronne mondiale assurée au sortir de l’étape de Whistler au Canada au mois d’août, le soulagement aura été de mise. « En plus, l’assurer à Whistler, sur cette piste mythique, c’était génial. Cela me permettait d’être en roue libre sur l’étape finale de Finale Ligure. Et cela a sanctionné une magnifique saison où j’ai, c’est vrai, accumulé les victoires, mais sans me lasser. Moi, quand je ne gagne pas, je suis dégoûtée ! »

 Août 2017 : l’invitation trop tentante !

Et puis, cela lui a permis d’aller tâter d’une autre discipline, la Descente DH (pour l’expression anglophone, Downhill Mountain Bike ou plus simplement Downhill). L’invitation lui a été lancée à Whistler. D’abord refusée. « Et puis, je me suis pris la tête pendant 48h, me disant qu’une wild-card pour prendre part à une descente de Coupe du monde, la F1 du VTT, ce serait peut-être la seule fois de la vie… » Et, sous-entendu, vraiment dommage… de ne pas y aller !

Les vélos (pour la descente) tout juste parvenus « à la maison, j’ai juste eu le temps de le monter », confie Cédric. Et Cécile d’enchaîner, « après, c’était parti pour Val di Sole, qui accueillait la dernière manche de Coupe du monde de la spécialité. Là-bas, j’avais un camion entier (celui de la structure SRAM, équipementier de pièces détachées pour le VTT) pour moi toute seule, c’est vraiment une toute autre discipline ». Sur la piste aussi, « pas le même vélo, pas les mêmes réglages », et un engagement différent. Là où, en enduro, elle a l’habitude d’aller jusqu’à la (ses) limite(s), Cécile s’est moins lancée dans la pente. « Je ne suis pas vraiment parvenue à aller chercher mes limites habituelles, j’appréhendais les réactions du vélo sur les passages techniques et autres, je n’ai jamais réussi à trouver vraiment la vitesse qu’il me fallait, et j’en suis ressortie un peu frustrée »

Mais bon, accessoirement avec une 10e place finale sur ce qui n’était rien d’autre qu’une “petite manche de Coupe du monde“, sur l’une des pistes les plus difficiles du circuit de descente !!! De quoi lui valoir les félicitations des pros de la discipline, comme par exemple de Myriam Nicole, néo-championne du monde de la spécialité, restée « baba, Cécile m’a trop impressionné, elle a trop bien roulé » !!!

En reco' avec Cédric à Val di Sole, à célébrer le titre EWS avec le team (et le boss) Commençal, en descente et sur les spéciales des Enduro World Series, Cécile Ravanel ne veut rien d'autre qu'être la plus performante possible et, le plus souvent possible, aller chercher la victoire (photos : D.R. Commençal, EWS official, ville de Fréjus)
2018 : l’adrénaline de la descente !

Du coup, Cécile, qui a goûté à cette nouvelle « adrénaline de la descente », repartirait bien pour un tour sur cette nouvelle voie, dans la discipline reine, celle qui est la plus médiatisée puisque la Coupe du monde est retransmise sur la chaîne L’Équipe 21. C’est en tout cas ce qui transpire de ses propos. « Je ne m’ennuie pas en enduro, mais j’ai la sensation d’avoir peut-être un peu fait le tour. Et courir après les records ne m’intéresse pas spécialement. Donc, je songe à peut-être ne pas courir toutes les manches d’EWS et m’engager sur certaines autres de descente. Je ne sais pas encore, rien n’est défini. »

Déjà, si elle sait pouvoir conserver l’appui de son team Commençal – le boss de la structure (et marque de VTT) andorrane, Max Commençal, était présent, tant à Finale Ligure que sur la village du Roc – « quoi que je décide, ils m’ont dit qu’ils me suivraient » –, Cécile sait aussi qu’elle devra rapidement prendre une décision. « Courant novembre, vraisemblablement. »
On en connaît beaucoup (partenaires, concurrentes, anciennes et à venir) qui aimeraient déjà savoir…

Ph.C.

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