| ♦ La démarche archéologique ♦ | ♦ Un cadre règlementaire ♦ | ♦ Les fouilles au jour le jour ♦ |
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La stratigraphie. Le concept de stratigraphie est fondamental en archéologie et constitue l’un des fondements de son analyse conceptuelle et technique. Ses balbutiements sont apparus dès la fin du XIXe siècle sous l’impulsion de Schliemann et de Flinders Petrie. L’allemand Bersu et l’anglais Wheeler, auteur du premier traité technique la concernant, en ont affiné la perception et assuré dès l’entre-deux-guerres et surtout après-guerre la diffusion. A Fréjus, cette technique est apparue dès 1955 grâce à l’action du jeune Paul-Albert Février (19…-19..), futur professeur à l’Université de Provence. Depuis, ce mode d’analyse n’a cessé de s’affiner, s’appuyant occasionnellement sur des disciplines annexes comme la sédimentologie. Concrètement, cette technique consiste à identifier et à analyser dans les entrailles de la terre les différentes couches ou dépôts successifs et à en retrouver la séquence chronologique. Les différents éléments d’une stratigraphie sont qualifiés par les archéologues d’unité stratigraphique (US), lesquels peuvent donc être à la fois des éléments bâtis (murs, sols construits, etc.), des couches de sédiments ou de remblais, ou au contraire des structures en négatifs (fosses, fossés, etc.). De la décomposition de cette combinaison et de son analyse naît le phasage, c’est-à-dire la « mise en histoire » des différentes structures archéologiques. Celle-ci s’appuie sur la lecture des phénomènes de superposition, de correspondances ou de ruptures. Un vaste champ d’exploration permet alors une compréhension large des différents phénomènes observés, associant par exemple l’existence de tel remblai d’importance dans une partie du site à l’édification d’un grand bâtiment dans une autre. |
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La céramologie L’étude et l’analyse des céramiques archéologiques constituent un autre outil fondamental pour les archéologues. Entre 6000 av. J-C., date de son invention au Proche-Orient, et la deuxième moitié du XXe siècle, la céramique a accompagné la quasi-totalité des sociétés humaines. Rares en effet sont les civilisations qui l’ont ignorée, malgré des décalages chronologiques dans sa diffusion. Les archéologues en ont fait leur matériau de prédilection : la malléabilité de l’argile permet une variété quasi-infinie de formes que les artisans ont mis à profit. La cuisson en lui donnant des qualités proches de la pierre en fait un matériau très stable, se conservant dans la plupart des conditions. Enfin sa fragilité en cas de choc a favorisé son renouvellement constant. Les exemples éthnologiques montrent que dans les sociétés « primitives » la forme et le décor des céramiques est un bon marqueur de l’identité culturelle des groupes. Au cours de l’histoire, la stratification des sociétés, en suscitant la création de véritables classes d’artisans, et l’apparition d’échanges économiques complexes ont favorisé l’émulation entre groupes techniques. Ainsi sont entrés en concurrence des techniques, des formes, des décors et des goûts entraînant en retour un dynamisme des productions qui nous permettent aujourd’hui de restituer des circuits d’échanges économiques. En outre, le constant renouvellement des corpus céramiques fait de ce type de mobilier un excellent marqueur chronologique. A ces éléments il faudrait ajouter la dimension éthnologique de la nourriture et de la cuisine dont les modalités et les apprêts nous sont révélés par la forme des céramiques. |
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Les sciences de l’environnement Apparues récemment, les sciences de l’environnement constituent aujourd’hui un auxiliaire de premier plan aux archéologues. Les sédiments piégés dans les entrailles de la terre et isolés dans une séquence stratigraphique et chronologique fournissent souvent, grâce aux écofacts qu’ils conservent, des indications précieuses sur un état de l’environnement. Les paysages peuvent ainsi être restitués, des dynamiques érosives ou alluvionnaires perçues. Ainsi naissent des hypothèses qui, confrontées aux résultats des opérations ultérieures, trouveront confirmation ou non. Les résultats de ces méthodes sont parfois surprenantes : elles ont permis par exemple à Fréjus de situer le littoral antique à près de
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Qui réalise les opérations d’archéologie préventives ? La loi de … 2003 organise la maîtrise d’ouvrage de ces opérations qui par défaut est dévolu à un établissement public, l’INRAP. Les services de collectivité comme le service du patrimoine de la ville de Fréjus peuvent, s’ils sont agréés, le suppléer sur leur territoire de compétence pour tout ce qui est diagnostic. Les opérations de fouilles sont elles ouvertes à davantage de partenaires (à condition qu’ils soient agréés), y compris privés, et peuvent faire l’objet d’une mise en concurrence. |
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Comment se finance l’archéologie préventive ? La phase de diagnostic n’est pas « facturée » à l’aménageur. Celui-ci la finance par le biais d’une taxe. Cette dernière est calculée différemment suivant le fait générateur. S’il s’agit d’une demande de réalisation anticipée ou de l’application du droit de l’environnement, un ratio est appliqué : à ce jour celui-ci est de 0,38 euros par m². S’il s’agit de l’instruction d’un permis de construire, la redevance d’archéologie préventive (RAP) est indexée sur la valeur de En revanche, une opération de fouille, si elle est décidée par l’Etat, revient à la charge financière pleine et entière de l’aménageur. Un établissement, un service ou une entreprise d’archéologie fournit à ce dernier un devis. L’aménageur est donc libre de lancer une consultation et de faire jouer la concurrence. Dans certains cas précisés par la loi (particulier construisant pour lui-même, logements sociaux, etc.) celui-ci peut obtenir la prise en charge des frais ou leur remboursement par la puissance publique grâce à un fond créé à cet effet (le fonds national d’archéologie préventive, FNAP). |
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Que deviennent les collections archéologiques mises au jour ? En droit, la jouissance des objets archéologiques découverts à l’occasion d’une opération préventive est l’objet d’un partage entre l’Etat et le propriétaire du terrain. En pratique, la plupart de ces objets n’ayant aucune autre valeur que scientifique et se présentant souvent en masses conséquentes de fragments de céramiques, les propriétaires privés renoncent à leur maîtrise au profit de la puissance publique, Etat ou collectivité territoriale. Ces collections sont alors archivées dans des lieux de conservation et d’étude ouverts aux chercheurs. Elles contribueront à affiner la connaissance d’un secteur, d’une période ou d’une production. Elles deviennent alors un des éléments du gigantesque puzzle de reconstitution du passé. |
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J’ai reçu un avis de prescription de diagnostic archéologique, que dois-je faire ? L’INRAP vous expédiera dans un délai d'un mois une convention visant à établir les conditions d’exécution du diagnostic. Suivant sa charge, le service du patrimoine de la ville peut décider de réaliser lui-même cette opération. Dans ce cas, il prendra contact avec vous pour réaliser ce même type de document qui devra ensuite faire l’objet d’une délibération au Conseil Municipal. Les délais d’intervention de l’INRAP et du service sont variables, fonction des opérations en cours et de leur inévitable corollaire les travaux d’études consignés dans des rapports scientifiques. Le plus simple est de prendre contact au plus tôt avec le service du patrimoine. |
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| Les fouilles au jour le jour | |||||||||||||||||
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Les principaux diagnostics et fouilles effectués en 2007 :
Pour connaître l'ensemble des diagnostics et fouilles depuis 2003, un tableau récapitulatif est disponible dans la rubrique archives.
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| "L'Avant-Scène", avenue de Provence (frejus) | |
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Epoque Romaine Diagnostic archéologique Titulaire : Pierre Excoffon (Archéologue, Service du patrimoine Ville de Fréjus) Auteur notice : Pierre Excoffon, Jean-François Berger (CEPAM)
En préalable à la construction d’un immeuble avec parking souterrain, un diagnostic archéologique a été réalisé par le service du Patrimoine de
Bibliographie : Excoffon, Devillers 2006 : EXCOFFON (P.), DEVILLERS (B.), BONNET (S.) (coll.), BOUBY L. (coll.), Nouvelles données sur la position du littoral de Fréjus. Le diagnostic archéologique du « Théâtre d’Agglomération » (Fréjus, Var), ArchéoSciences, Revue d’archéométrie, 30, 2006, p. 205-221.
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Légende : Fig. 1 : Vue verticale-oblique du fossé depuis le SE. La partie ennoyée par la nappe phréatique correspond au fond du fossé (P. Excoffon). |
| 43, avenue du XVe corps (frejus) | |
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La construction par un particulier d’une maison au 43, avenue du XVe corps à Fréjus ayant entraînée la prescription d’un diagnostic, le service du patrimoine est intervenu sur le terrain en question en septembre 2007. La tranchée, réduite en raison de la présence d’espaces verts classés et de l’exiguïté de la parcelle, a mis au jour d’importants vestiges antiques, conservés par endroit sur
Légende : Fig. 1 : Plan général des vestiges mis au jour sur le site (J.Pâques). Fig. 2 : Bassin de l'espace 1 (J.Pâques). |
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Phase 1
La première phase correspond au Haut-Empire. L’espace 1 qui correspond à la partie la plus méridionale de la tranchée est marqué par la présence d’un bassin en béton de tuileau recouvert d’un placage de marbre et d’ardoise bien conservé en son fond. Deux orifices ont été retrouvés. L’un, au sud, conserve encore la charnière en bronze d’un clapet. Ce dispositif ainsi que sa situation au point le plus bas du bassin le désigne comme un trou d’évacuation. L’autre, au centre, est situé à contre-pente : il s’agit sans doute au contraire d’une alimentation, peut-être d’un jet. Ce bassin dont trois bords ont pu être observés a été fouillé sur Phase 2 Les traces d’une réoccupation du site à l’antiquité tardive ont été repérées à la fois dans les espaces 1, 2 et 5. Il s’agit en premier lieu d’un four à sole suspendue très mal conservé ayant pris en place dans le bassin de l’espace 1. Son bouleversement est accompagné d’un comblement de la structure avec des niveaux très riches en faune et en matériel qui en l’état actuel de l’étude indique la fin du IVe siècle ap. J.-C. Des sols en terre battue ainsi qu’un mur de l’espace 2 semblent être rattachables à cette phase. L’étroitesse de la tranchée n’a pas permis de caractériser suffisamment le site. L’alternative oscille entre un habitat privé de grande qualité et un possible monument public. Les arguments en faveur de cette dernière hypothèse sont l’épaisseur des murs, l’homogénéité des pavements, l’importance des éléments sculptés en marbre retrouvés et surtout la collecte de trois fragments d’inscription monumentale en marbre (lettres de HAUT-DE-PAGE ou RETOUR TABLEAU
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Age du Bronze/Epoque Romaine Diagnostic archéologique Titulaire : Pierre Excoffon Auteurs notice : Pierre Excoffon (Archéologue, service du Patrimoine Ville de Fréjus)
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Bibliographie : Rivet et al. 2000 : RIVET (L.), BRENTCHALOFF (D.) (coll.), ROUCOLE (S.) (coll.), SAULNIER (S.) (coll.). – Fréjus, Atlas topographique des villes de Gaule méridionale, 2, Supplément 32 à Légendes : Fig. 1 : Localisation des tranchées de diagnostic entre le théâtre romain et |
| Caïs, La Cigale d'Or | |
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Age du Bronze/Epoque Romaine/Epoque Moderne Diagnostic archéologique Titulaire : Pierre Excoffon (Archéologue, Service du Patrimoine Ville de Fréjus) Auteurs notice : Pierre Excoffon, Raphaëlle Guilbert
En amont d’un projet immobilier, une campagne de diagnostic archéologique sur un terrain de Enfin, les périodes les plus récentes ont révélé d’une part, les traces de sillons agraires probablement des XVII/XVIIIème siècles et d’autre part un petit foyer.
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| Les chemins de Valescure (frejus) | |
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Epoque Romaine Diagnostic archéologique K.Y. Cotto (Conservateur, Service du patrimoine Ville de Fréjus)
En 2007
Légende : Fig. 1 : Relevé topographique des sites de Valescure: Valescure 1 et chemins de Valescure (K.Y.Cotto, L.Riaudel). Fig. 2 : Espace empierré de la zone sud (Ville de Fréjus, service du patrimoine). HAUT-DE-PAGE ou RETOUR TABLEAU
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| La Madeleine (frejus) | |
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Légende :
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Epoque Moderne Diagnostic archéologique K.Y. Cotto
Le projet d’installation d’une structure de petite enfance au sein de l’hopital inter-communal Bonnet a entrainé l’organisation d’un diagnostic archéologique, motivée par la présence à proximité d’aménagements et de structures liés à des ateliers de potiers. Les sondages ont rapidement atteint le substrat géologique, que l’exploration en profondeur dans un secteur limité a permis de caractériser comme résultant du remplissage d’une ancienne ria. Les seuls vestiges archéologiques repérés prennent la forme d’un drain agricole dont la fouille a livré plusieurs formes correspondant au corpus des productions fréjusiennes du XVIe siècle.
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| "Villa romana" Villeneuve (frejus) | |
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Légendes : Fig. 1 : Alignements de fosses de plantation Fig. 2 : Puits rectangulaire avec cuvelage en bois Fig. 3 : Lanière mise en culture avec fossés et fosses HAUT-DE-PAGE ou RETOUR TABLEAU
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| Amphithéâtre (frejus) | |
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Période romaine Fouille préventive Plan Patrimoine antique/Ministère de la culture/Ville de Fréjus/INRAP Pasqualini, Michel (Directeur du service du patrimoine, ville de Fréjus), Thernot, Robert (Ingénieur d’études, Inrap) Avec la collaboration de Hélène Garcia (technicienne, Ville de Fréjus), Jean-Marie Michel (assistant d’études, Inrap), Bruno Fabry (topographe, Inrap), Lise Damotte (céramologue, ville de Fréjus), Pierre Excoffon (conservateur, ville de Fréjus), Xavier Chadefaux (infographiste, Inrap), Joris Pâques (infographiste, ville de Fréjus) et Isabelle Rodet-Bélardi (archéozoologue, Inrap)
Nous avons appliqué un phasage commun à toute la fouille[1]. Les données stratigraphiques sont réparties de la manière suivante : la première phase concerne les traces d’occupation ou d’aménagements antérieurs aux constructions de l’enceinte et de l’amphithéâtre ; la seconde est liée à la période d’édification de la fortification ; la troisième est axée sur l’amphithéâtre (sa construction, son utilisation et son abandon) ; la dernière phase, commence avec l’installation du couvent dominicain dans les structures de l’édifice antique et s’achève sur les perturbations liées aux fouilles archéologiques et aux divers travaux d’aménagements électriques et hydrauliques réalisés sur le site. Il faut cependant garder à l’esprit que cette organisation reste formelle et qu’il s’agit, en fait, de reconstituer une histoire du monument à partir de données de fouilles parfois difficiles à interpréter. Malgré tout, l’étude de la stratigraphie et du mobilier céramique retrouvé nous a permis de placer des jalons fiables pour la restitution que nous proposons ici.
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Phase I : Le site avant la construction de l’enceinte (première moitié du Ier s. de notre ère). Cette phase a été essentiellement repérée dans la partie sud-ouest de la zone 1 et en partie nord-est du site État a : couches naturelles et colluvionnements stériles Des couches géologiques naturelles et altérées ont été retrouvées dans l’ensemble nord-est et sud-est. Dans la zone sud-ouest de la piste, une série de couches de colluvionnement témoigne sans doute d’une activité érosive importante occasionnant un transport accru de sédiment vers le bas de pente. Ces couches ne contenant aucun matériel céramique, il apparaît toutefois difficile de déterminer la cause de cette érosion qui peut être due tant à des causes naturelles qu’à une mise en culture ou à une occupation plus dense en haut de pente. État b : fréquentation du site Un changement dans le mode de sédimentation intervient : l’érosion est toujours très active mais on observe un phénomène de décantation. En effet, au bas de la pente naturelle suivie par les précédentes sédimentations, un creux s’est formé, permettant ainsi un dépôt lent des matériaux, peut-être provoqué par une crue du Reyran. On note la présence de quelques couches faiblement anthropisées retrouvées à la fois en bas de pente, au sud-ouest de la piste, mais aussi en haut de pente, au nord-est du monument. Le peu de matériel présent dans ces couches indique que ce secteur constitue un simple lieu de passage ou se trouve à proximité d’une zone occupée. Cette phase de sédimentation semble débuter au moins aux environs du changement d’ère en bas de pente, au sud-ouest de la piste. Par contre au nord-est du monument, la rareté du matériel ne permet pas de dater précisément ce phénomène qui pourrait tout de même lui être contemporain. État c : occupation du site Cet état ne se retrouve que dans la zone 1. Le premier aménagement que l’on pourrait rattacher à une occupation pérenne des lieux est un lit d’amphores couchées retrouvé dans la moitié sud-ouest de la piste. Il s’agit probablement d’un système de drainage que recouvre un remblai de sol. L’association des types d’amphores présentes dans ce dépôt nous donne une datation dans le cours du premier tiers du Ier s. de notre ère. Les liens stratigraphiques avec les aménagements environnants n’ayant pas pu être observés, on ne peut cependant pas avoir de certitude quant à la fonction de cet aménagement, même si l’hypothèse d’un drainage reste la plus vraisemblable. État d : désertion momentanée L’endroit subit alors une désertion partielle ou totale comme en témoigne une couche où l’on observe de nombreux réseaux racinaires. Le système de drainage n’est probablement plus en fonction à cette période et la zone délaissée est favorable à la repousse de la végétation. Phase II : L’implantation de l’enceinte (courant du Ier s.)
État a : réoccupation du secteur sud-ouest de la piste Sans que nous puissions véritablement en identifier la fonction, un coffrage en tegulae comblé par du sable fin témoigne d’une réoccupation du secteur à une époque indéterminée. Les interventions incessantes dans cette zone, jusqu’au diagnostic réalisé en 2004, et son exiguïté ne permettent pas de comprendre précisément l’enchaînement des événements et rendent parfois aléatoires les relations qui ont pu exister entre la stratigraphie et les constructions. Etat b: réaménagements La construction d’un mur vient condamner l’ouverture du coffrage en tegulae en le recouvrant de sa maçonnerie. Son mauvais état de conservation et la vision partielle que nous en avons eu ne nous permet pas de nous avancer sur sa fonction. Un tuyau en plomb plonge sous ce mur d’est en ouest. Etat c : construction de l’enceinte Le dégagement du rempart et des vestiges de la tour nous a donné une idée assez précise de leur mode de construction. La portion d’enceinte conservée au niveau de l’amphithéâtre est longue de État d : fréquentation postérieure à la construction de l’enceinte Une période d’abandon intervient sans doute, caractérisée par une couche de dépôts successifs qui recouvrent les aménagements observés dans le secteur 1 de la zone 1. Cette période, postérieure à la construction de l’enceinte voit également la constitution de dépôts à l’extérieur du rempart au cours de la seconde moitié du Ier s. Ces couches sont ensuite recoupées par la mise en place d’un caniveau qui vient s’appuyer contre l’enceinte.
Phase III : L’amphithéâtre, de sa construction à son abandon (fin du Ier s. -IVe s.) Etat a : construction du monument Les indices chronologiques et stratigraphiques laissés par la construction de l’amphithéâtre convergent tous vers une fourchette chronologique très étroite, située entre la fin du Ier s. et le début du IIe s. Les diverses couches de construction et surfaces de travail observées sont autant de témoins du chantier dont le déroulement est précisé par l’étude architecturale du monument. Plusieurs aménagements des espaces intérieurs de l’amphithéâtre peuvent être considérés comme intervenant lors de la construction : le creusement de la galerie axiale, l’excavation au débouché du conduit de la loge consulaire et la construction d’un mur de refend à l’intérieur de la pièce sous les gradins sud. État b : période de fonctionnement de l’amphithéâtre Les données stratigraphiques sur l’utilisation de l’amphithéâtre sont rares et surtout le plus souvent indirectes. Cela s’explique par les nombreux remaniements qui ont affecté le site depuis son abandon jusqu’à la période contemporaine. Il faut notamment rappeler les nombreuses fouilles et restaurations qui ont concerné l’édifice et sur lesquelles nous n’avons parfois que peu de documentation. État b1 : à l’intérieur de l’amphithéâtre Des niveaux d’utilisation de l’amphithéâtre sont cependant identifiables de façon indirecte : les dépôts vaseux retrouvés au fond de la galerie ; le creusement dans le dépôt d’amphores ; les niveaux retrouvés dans l’entrée. C’est en raison de leur position stratigraphique et parce que le matériel retrouvé correspond au tournant des Ier et IIe s., que ces couches sont associées au fonctionnement de l’amphithéâtre. Ces niveaux ne couvrent cependant pas la totalité de sa période de fonctionnement et les indices sont très localisés, toujours en raison des nombreuses interventions antérieures. État b2 : entre l’enceinte et l’amphithéâtre En dehors de l’amphithéâtre, les indices de fréquentation des espaces se concentrent au nord-est, entre le monument et l’enceinte antique. En zone 4, un caniveau est installé le long de l’enceinte et affecte un pendage vers le sud. Il est ensuite comblé au IIIe s. État b3 : réaménagements entre l’enceinte et l’amphithéâtre Dans une seconde phase d’aménagement, un nouveau caniveau vient se superposer au précédent, mais en suivant un pendage inverse, vers le nord. Au départ de ce conduit, un bassin a été construit pour recueillir, semble-t-il les eaux provenant de l’intérieur de la ville (il est situé au niveau de l’ouverture dans le rempart correspondant au caniveau 5039). État b4 : à l’intérieur de la ville A l’intérieur de la ville, les espaces subissent aussi des réaménagements. Une phase de nivellement, à la fin du IIe s. précède la construction d’un caniveau, parallèle au rempart et l’installation de murs de refend contre l’enceinte. C’est peut-être aussi à cette période que le caniveau perpendiculaire au rempart est remanié pour établir le lien avec le bassin implanté à l’extérieur de la ville. État c : abandon du monument Vers la fin du IIIe s. les caniveaux ne sont plus en fonction et la galerie axiale est comblée. Si l’on associe à ces indices les données liées au contexte d’abandon général qui caractérise Fréjus à cette période, il apparaît que l’amphithéâtre et ses abords souffrent d’une désaffectation très cohérente avec ce que l’on connaît du contexte global. Etat d : spoliation de l’édifice et occupation du site État d1 : récupération des matériaux De même que les autres monuments de Fréjus, l’amphithéâtre a servi de carrière de matériaux et les traces de ces récupérations sont encore visibles : des tranchées creusées pour enlever les blocs de grand appareil, des remblais de destruction et aussi l’absence de matériaux nobles (éléments sans doute récupérés en priorité). Il faut noter ici, que les destructions liées à la spoliation du monument se sont sans doute poursuivies durant une période assez longue. État d2 : fréquentation postérieure à l’abandon Même après son abandon comme amphithéâtre, le monument est resté un lieu fréquenté et occupé, comme en témoignent un creusement dans le comblement de la galerie axiale effectué au IVe s. et un sol de fréquentation installé par-dessus, en fonction au Ve s. En partie haute du secteur, plusieurs remblais de destructions ont également été observés. On peut noter la présence d’un amas important de céramique très localisé dans un creux du rocher, sur la pente menant de l’entrée principale à la zone nord-est. Phase IV : Le site aux périodes moderne et contemporaine (à partir de la fin du XVIe s.). Etat a: l’installation du couvent A la fin du XVIe s. un couvent dominicain s’est installé dans la partie sud-est (l’entrée principale), s’appuyant contre l’amphithéâtre. Certains des murs de l’établissement religieux ont été mis au jour dans le prolongement des murs rayonnants. Dans l’alvéole 15, on a pu repérer des niveaux d’utilisation correspondant à cette période : deux sépultures ont été creusées dans les niveaux antiques encore présents. Quelques remblais portent les traces de la destruction du couvent opérée au XIXe s. État b : perturbations contemporaines Le XXe s. a apporté de nombreuses perturbations. Cette période est présente sur l’ensemble du site et consiste principalement en deux types d’interventions : les divers sondages et fouilles archéologiques effectués depuis le XIXe s., ainsi que les aménagements liés à la mise en valeur touristique du site (réseau électrique pour l’éclairage du monument, réseau d’eau). Bibliographie: Flavigny 2001 : FLAVIGNY (F.) – Etude préliminaire aux travaux de restauration et valorisation (phase documentaire) : rapport CRMH. Document dactylographié. S. l. : Ministère de Flavigny 2005 : FLAVIGNY (F.) – Etude préalable aux travaux de restauration et valorisation : rapport CRMH. Document dactylographié. S. l. : Plan Patrimoine Antique, Ministère de Gébara, Thernot 2005 : GEBARA (C.), THERNOT (R.) – Amphithéâtre à Fréjus : rapport final d’opération. Document dactylographié. S. l. : Service du patrimoine de la ville de Fréjus, Pôle archéologique départemental, Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, 2005, 83p. Golvin 1988 : GOLVIN (J.-C.) – L'amphithéâtre romain : essai sur la théorisation de sa forme et de ses fonctions. Paris : De Boccard, 1988. 2 vol. vol. 1 : texte ; vol 2 : planches ; bibliographie p. 419-424, (vol. 1) 458 p., (vol. 2) 9 p. Golvin, Landes 1990 : GOLVIN (J.-C.), LANDES (C.) – Amphithéâtres et Gladiateurs. Paris : édition Les Presses du CNRS, 1990, 237p. Gros 1996 : GROS (P.) – L’architecture romaine du début du IIIe siècle av. J.-C. à la fin du Haut-Empire : les monuments publics, Tome 1. Paris : Picard, 1996, 503p. (Les manuels d’art et d’archéologie antiques). Rivet et al. 2000 : RIVET (L.), BRENTCHALOFF (D.), ROUCOLE (S.), SAULNIER (S.) coll. – Atlas topographique des villes de Gaule méridionale -2- Fréjus. Montpellier : éditions de l’Association de HAUT-DE-PAGE ou RETOUR TABLEAU
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| Prospection inventaire des caves du centre-ville (frejus) | |
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Epoque Romaine/Epoque Médiévale/Epoque Moderne Opération de prospection inventaire Titulaire : Hélène Garcia (Archéologue, Service du Patrimoine Ville de Fréjus) Auteurs notice : Hélène Garcia
Notre étude s’est déroulée en deux phases : la compilation de toutes les données documentaires existantes sur les vestiges repérés dans le centre-ville[1] et la recherche sur le terrain[2]. Cette prospection s’est limitée dans un premier temps aux limites de la ville médiévale matérialisées par la rue Jean Jaurès, la rue Grisolle, la rue Aristide Briand et la place Paul Vernet. Elle a permis de se faire une idée du potentiel archéologique des caves du centre-ville et de mettre au point, avec la collaboration de Kelig-Yann Cotto, un système d’enregistrement de donnée évolutif afin d’intégrer les découvertes qui seront faites à l’avenir. D’une manière générale, les caves visitées possèdent les mêmes caractéristiques architecturales, indépendamment de leur situation à l’intérieur ou à l’extérieur de la ville médiévale, et semblent appuyer l’idée d’une campagne de creusement aux alentours du XVIe s. lorsque la ville déborde de son enceinte. Les murs sont construits en appareil assisé et les voûtes en blocage avec des empreintes de couchis sur leurs chapes. Seules deux caves se démarquent par un mode de construction différent et s’apparentent à des citernes antiques. Concernant les vestiges de la période médiévale, ils sont rares et semblent tardifs : un recoupement avec les archives sera nécessaire pour affiner leur datation. Une campagne de relevés topographiques sera entreprise l’année prochaine afin de relever les caves aux élévations remarquables mais aussi les vestiges partiels qui ont été repérés au sol. Bibliographie: Rivet et al. 2000 : RIVET (L.), BRENTCHALOFF (D.), ROUCOLE (S.), SAULNIER (S.) coll.- Atlas topographique des villes de Gaule méridionale -2- Fréjus, Montpellier : Association de [1] La recherche documentaire s’est appuyée sur les cartes anciennes, le cadastre napoléonien et actuel, l’Atlas topographique et l’inventaire général du Patrimoine dressée par Geneviève Grenel.
[2] Avec la collaboration de Pierre Excoffon (Archéologue au Service du patrimoine de la ville de Fréjus) et Kelig-Yann Cotto (Conservateur au Service du patrimoine de la ville de Fréjus) HAUT-DE-PAGE ou RETOUR TABLEAU
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| Hotel de la Poste, rue Gallus (frejus) | |
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Epoque Moderne Découverte fortuite K.Y.Cotto (Conservateur, Service du Patrimoine Ville de Fréjus) Avec la collaboration de P.Rigaud, R.Thernot, L.Riaudel
La présence de ce graffito permet donc d’étayer l’hypothèse d’une ancienneté relative du bâtiment qui le porte et donc de son antériorité à l’hôtel de HAUT-DE-PAGE ou RETOUR TABLEAU
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L’hôtel de 