La démarche archéologique Un cadre règlementaire Les fouilles au jour le jour
La demarche archeologique

« Remuer la terre pour découvrir des objets » : bien souvent, aux yeux du grand public, c’est à cette simple maxime que se résume l’archéologie. En réalité cette science a considérablement évolué au cours du XXe siècle, élaborant un bagage théorique, se dotant de moyens techniques et scientifiques affinant l’acuité de ses analyses.

 Aujourd’hui, une opération de fouille se conçoit comme une intervention de terrain d’envergure, faisant appel à des engins mécaniques et géotechniques, à différents spécialistes tels que géomètres, sédimentologues, spécialistes des matériaux, dessinateurs… en aval, au laboratoire ou dans les cellules d’édition, d’autres compétences sont mises en œuvre : céramologie, traitement des images, infographie… La rédaction d’un rapport décrivant les structures rencontrées, les analysant et synthétisant les résultats scientifiques n’est pas la seule finalité : il faut encore faire connaître ces découvertes auprès des responsables de l’aménagement du territoire en alimentant cartes et bases de données ;  et surtout porter à la connaissance du milieu scientifique les nouvelles données acquises en publiant monographies ou articles au sein de revues spécialisées diffusées dans les laboratoires de recherches ou dans les bibliothèques universitaires. S’ensuit alors tout un travail d’archivage et de conservation de collections de référence dont l’analyse à froid quelques années plus tard, couplée aux progrès de la technique, permettra de faire apparaître sous un jour nouveau certains phénomènes ou certaines questions. De la multiplication de ces opérations dépend l’envergure du gigantesque puzzle de connaissances et de restitution du passé.

La stratigraphie.

Le concept de stratigraphie est fondamental en archéologie et constitue l’un des fondements de son analyse conceptuelle et technique. Ses balbutiements sont apparus dès la fin du XIXe siècle sous l’impulsion de Schliemann et de Flinders Petrie. L’allemand Bersu et l’anglais Wheeler, auteur du premier traité technique la concernant, en ont affiné la perception et assuré dès l’entre-deux-guerres et surtout après-guerre la diffusion. A Fréjus, cette technique est apparue dès 1955 grâce à l’action du jeune Paul-Albert Février (19…-19..), futur professeur à l’Université de Provence. Depuis, ce mode d’analyse n’a cessé de s’affiner, s’appuyant occasionnellement sur des disciplines annexes comme la sédimentologie. Concrètement, cette technique consiste à identifier et à analyser dans les entrailles de la terre les différentes couches ou dépôts successifs et à en retrouver la séquence chronologique. Les différents éléments d’une stratigraphie sont qualifiés par les archéologues d’unité stratigraphique (US), lesquels peuvent donc être à la fois des éléments bâtis (murs, sols construits, etc.), des couches de sédiments ou de remblais, ou au contraire des structures en négatifs (fosses, fossés, etc.). De la décomposition de cette combinaison et de son analyse naît le phasage, c’est-à-dire la « mise en histoire » des différentes structures archéologiques. Celle-ci s’appuie sur la lecture des phénomènes de superposition, de correspondances ou de ruptures. Un vaste champ d’exploration permet alors une compréhension large des différents phénomènes observés, associant par exemple l’existence de tel remblai d’importance dans une partie du site à l’édification d’un grand bâtiment dans une autre.

La céramologie

L’étude et l’analyse des céramiques archéologiques constituent un autre outil fondamental pour les archéologues. Entre 6000 av. J-C., date de son invention au Proche-Orient, et la deuxième moitié du XXe siècle, la céramique a accompagné la quasi-totalité des sociétés humaines. Rares en effet sont les civilisations qui l’ont ignorée, malgré des décalages chronologiques dans sa diffusion. Les archéologues en ont fait leur matériau de prédilection : la malléabilité de l’argile permet une variété quasi-infinie de formes que les artisans ont mis à profit. La cuisson en lui donnant des qualités proches de la pierre en fait un matériau très stable, se conservant dans la plupart des conditions. Enfin sa fragilité en cas de choc a favorisé son renouvellement constant. Les exemples éthnologiques montrent que dans les sociétés « primitives » la forme et le décor des céramiques est un bon  marqueur de l’identité culturelle des groupes. Au cours de l’histoire, la stratification des sociétés, en suscitant la création de véritables classes d’artisans, et l’apparition d’échanges économiques complexes ont favorisé l’émulation entre groupes techniques. Ainsi sont entrés en concurrence des techniques, des formes, des décors et des goûts entraînant en retour un dynamisme des productions qui nous permettent aujourd’hui de restituer des circuits d’échanges économiques. En outre, le constant renouvellement des corpus céramiques fait de ce type de mobilier un excellent marqueur chronologique. A ces éléments il faudrait ajouter la dimension éthnologique de la nourriture et de la cuisine dont les modalités et les apprêts nous sont révélés par la forme des céramiques.

Les sciences de l’environnement

Apparues récemment, les sciences de l’environnement constituent aujourd’hui un auxiliaire de premier plan aux archéologues. Les sédiments piégés dans les entrailles de la terre et isolés dans une séquence stratigraphique et chronologique fournissent souvent, grâce aux écofacts qu’ils conservent, des indications précieuses sur un état de l’environnement. Les paysages peuvent ainsi être restitués, des dynamiques érosives ou alluvionnaires perçues. Ainsi naissent des hypothèses qui, confrontées aux résultats des opérations ultérieures, trouveront confirmation ou non. Les résultats de ces méthodes sont parfois surprenantes : elles ont permis par exemple à Fréjus de situer le littoral antique à près de 800 mètres vers l’intérieur des terres du rivage actuel.

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un cadre reglementaire

Les recherches archéologiques restent sur le plan législatif encadrées par le loi du 27 septembre 1941 qui distingue notamment les fouilles autorisées par l’Etat, des fouilles organisées par lui. Cette division qui est aujourd’hui à la base de la distinction entre recherches programmées et opérations préventives se retrouve dans la loi du 17 janvier 2001 qui crée sur le plan juridique l’archéologie préventive bien que celle-ci existe de facto depuis les années soixante-dix sous le terme d’archéologie de sauvetage.

L’archéologie préventive

L’archéologie préventive a pris aujourd’hui une énorme place, à Fréjus particulièrement. Elle recouvre deux types d’opérations : une expertise, qualifiée de diagnostic, qui consiste en une ouverture limitée en surface et en temps d’une parcelle et la fouille proprement dite, qui nécessite une équipe et des moyens plus nombreux ainsi qu’une durée d’intervention plus longue. Il va sans dire que la mis en place de la seconde opération est conditionné par les résultats de la première. L’appréciation de l’opportunité ou pas de déclencher une opération d’archéologie préventive est du ressort de l’Etat (Ministère de la Culture, Direction Régionale des Affaires Culturelles, Service Régional de l’Archéologie). Celui-ci a mis en place une série d’outils lui permettant au mieux de cerner les risques et les problématiques archéologiques : il s’agit notamment des zonages de la carte archéologique et des commissions inter-régionales de l’archéologie (CIRA).

La carte archéologique nationale PATRIARCHE est une gigantesque base de données cartographiques qui recense tous les gisements archéologiques connus. La répétition de ces derniers ou leur importance a permis aux services de l’Etat de dessiner des zones à fort potentiel scientifique. Le périmètre de celles-ci est public (il fait l’objet d’un arrêté préfectoral) et les services instructeurs des permis de construire sont tenus de transmettre les dossiers de demande de PC intervenant dans ces zones aux services compétents de l’Etat (Services régionaux de l’archéologie) pour avis, en vertu de l’article 111.3-2 du code de l’urbanisme. Après examen du dossier, ces derniers prescriront (ou pas) dans un délai de deux mois une procédure de diagnostic, puis, s’il y a lieu, sur la base du résultat de celui-ci et après avis de la CIRA, une fouille archéologique proprement dite. Il faut noter que les zonages ont en réalité deux formes : une emprise géographique et un seuil de surface au-delà duquel la procédure de diagnostic est inévitable.

Enfin, il n’est pas nécessaire d’attendre la demande de PC pour faire le point sur le potentiel archéologique d’un terrain. Bien en amont, il est possible à un propriétaire de faire une demande de réalisation anticipée d’un diagnostic auprès de services de L’Etat.

Qui réalise les opérations d’archéologie préventives ?

La loi de … 2003 organise la maîtrise d’ouvrage de ces opérations qui par défaut est dévolu à un établissement public, l’INRAP. Les services de collectivité comme le service du patrimoine de la ville de Fréjus peuvent, s’ils sont agréés, le suppléer sur leur territoire de compétence pour tout ce qui est diagnostic. Les opérations de fouilles sont elles ouvertes à davantage de partenaires (à condition qu’ils soient agréés), y compris privés, et peuvent faire l’objet d’une mise en concurrence.

Comment se finance l’archéologie préventive ?

La phase de diagnostic n’est pas « facturée » à l’aménageur. Celui-ci la finance par le biais d’une taxe. Cette dernière est calculée différemment suivant le fait générateur. S’il s’agit d’une demande de réalisation anticipée ou de l’application du droit de l’environnement, un ratio est appliqué : à ce jour celui-ci est de 0,38 euros par m². S’il s’agit de l’instruction d’un permis de construire, la redevance d’archéologie préventive (RAP) est indexée sur la valeur de la SHON (taxe locale d’équipement) à hauteur de 0,3%.

En revanche, une opération de fouille, si elle est décidée par l’Etat, revient à la charge financière pleine et entière de l’aménageur. Un établissement, un service ou une entreprise d’archéologie fournit à ce dernier un devis. L’aménageur est donc libre de lancer une consultation et de faire jouer la concurrence. Dans certains cas précisés par la loi (particulier construisant pour lui-même, logements sociaux, etc.) celui-ci peut obtenir la prise en charge des frais ou leur remboursement par la puissance publique grâce à un fond créé à cet effet (le fonds national d’archéologie préventive, FNAP).

Que deviennent les collections archéologiques mises au jour ?

En droit, la jouissance des objets archéologiques découverts à l’occasion d’une opération préventive  est l’objet d’un partage entre l’Etat et le propriétaire du terrain. En pratique, la plupart de ces objets n’ayant aucune autre valeur que scientifique et se présentant souvent en masses conséquentes de fragments de céramiques, les propriétaires privés renoncent à leur maîtrise au profit de la puissance publique, Etat ou collectivité territoriale.

Ces collections sont alors archivées dans des lieux de conservation et d’étude ouverts aux chercheurs. Elles contribueront à affiner la connaissance d’un secteur, d’une période ou d’une production. Elles deviennent alors un des éléments du gigantesque puzzle de reconstitution du passé.

J’ai reçu un avis de prescription de diagnostic archéologique, que dois-je faire ?

L’INRAP vous expédiera dans un délai d'un mois une convention visant à établir les conditions d’exécution du diagnostic. Suivant sa charge, le service du patrimoine de la ville peut décider de réaliser lui-même cette opération. Dans ce cas, il prendra contact avec vous pour réaliser ce même type de document qui devra ensuite faire l’objet d’une délibération au Conseil Municipal. Les délais d’intervention de l’INRAP et du service sont variables, fonction des opérations en cours et de leur inévitable corollaire les travaux d’études consignés dans des rapports scientifiques. Le plus simple est de prendre contact au plus tôt avec le service du patrimoine.

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Les fouilles au jour le jour

Les principaux diagnostics et fouilles effectués en 2007 :

Diagnostics Archéologiques

du 03/12/2007 au 07/12/2007 "L'Avant-Scène", avenue de Provence

du 03/09/2007 au 28/09/2007 43, avenue du XVe Corps

du 10/09/2007 au 14/09/2007 174, avenue du Théâtre Romain Quartier des Claus

du 12/11/2007 au 23/11/2007 Caïs, La Cigale d'Or 

du 09/10/2007 au 20/11/2007 Les chemins de Valescure

du 15/10/2007 au 17/10/2007  Aire du Reyran-Escota 

du 18/06/2007 au 20/06/2007 La Madeleine

du 22/03/2007 au 28/03/2007 CHI Bonnet

Fouilles Préventives

du 23/10/2006 au 10/03/2007 Villeneuve, Villa Romana

2006/2007 Amphithéâtre

Fouilles Programmées

du 27/02/2007 au 15/12/2007 Prospection inventaire des caves du centre-ville

Découvertes Fortuites

du 16/02/2007 au 20/02/2007 Hôtel de la Poste, rue Gallus 

Pour connaître l'ensemble des diagnostics et fouilles depuis 2003, un tableau récapitulatif est disponible dans la rubrique archives.

 

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"L'Avant-Scène", avenue de Provence (frejus)

Epoque Romaine Diagnostic archéologique

Titulaire : Pierre Excoffon (Archéologue, Service du patrimoine Ville de Fréjus)

Auteur notice : Pierre Excoffon, Jean-François Berger (CEPAM)

 

 

 

 

 

 

En préalable à la construction d’un immeuble avec parking souterrain, un diagnostic archéologique a été réalisé par le service du Patrimoine de la Ville de Fréjus en décembre 2007. Celui-ci a été effectué sur la parcelle jouxtant celle du Théâtre d’Agglomération où le rivage antique, sous la forme d’une côte rocheuse, avait été découvert en 2005 à l’occasion d’un diagnostic archéologique[1] (Excoffon, Devillers 2006). L’absence de système d’épuisement de nappe n’a pas permis, comme en 2005, d’atteindre les niveaux profonds, mais la non présence de la côte rocheuse à cet endroit a été mis en évidence. En effet, celle-ci suit le contour de la Butte Saint-Antoine et donc remonte en direction du nord. En revanche, un large fossé d’environ 10 m de large, traversant tout le terrain dans le sens NE/SO a été découvert (fig. 1). Son comblement est en cours d’étude, mais l’on peut déjà situer son fonctionnement dans le courant des Ier et IIe s. ap. J.-C. Son rapport avec le port, situé à moins de 200 m au nord, et le rivage positionné plus au sud n’est pas encore déterminé. Enfin, sa mise en place dès le Ier s. ap. J.-C. pour des raisons qui restent à démontrer, permet tout de même de rendre compte de la rapidité du phénomène de progradation du rivage à cet endroit.

 

Bibliographie :

Excoffon, Devillers 2006 : EXCOFFON (P.), DEVILLERS (B.), BONNET (S.) (coll.), BOUBY L. (coll.), Nouvelles données sur la position du littoral de Fréjus. Le diagnostic archéologique du « Théâtre d’Agglomération » (Fréjus, Var), ArchéoSciences, Revue d’archéométrie, 30, 2006, p. 205-221.


[1] BSR-PACA 2005, 163-164.

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Légende :

Fig. 1 : Vue verticale-oblique du fossé depuis le SE. La partie ennoyée par la nappe phréatique correspond au fond du fossé (P. Excoffon).

43, avenue du XVe corps (frejus)

La construction par un particulier d’une maison au 43, avenue du XVe corps à Fréjus ayant entraînée la prescription d’un diagnostic, le service du patrimoine est intervenu sur le terrain en question en septembre 2007. La tranchée, réduite en raison de la présence d’espaces verts classés et de l’exiguïté de la parcelle, a mis au jour d’importants vestiges antiques, conservés par endroit sur 50 cm d’élévation. Deux fenêtres perpendiculaires à la tranchée initiale ont par la suite été ouvertes. La profondeur des vestiges ne pouvant motiver une fouille au vu du projet déposé, une exploration plus approfondie a été entreprise. Le terrain d’investigation a été divisé en cinq espaces et deux phases ont été déterminées. L’étude céramologique est en cours.

Légende :

Fig. 1 : Plan général des vestiges mis au jour sur le site (J.Pâques).

Fig. 2 : Bassin de l'espace 1 (J.Pâques).

Phase 1

La première phase correspond au Haut-Empire. L’espace 1 qui correspond à la partie la plus méridionale de la tranchée est marqué par la présence d’un bassin en béton de tuileau recouvert d’un placage de marbre et d’ardoise bien conservé en son fond. Deux orifices ont été retrouvés. L’un, au sud, conserve encore la charnière en bronze d’un clapet. Ce dispositif ainsi que sa situation au point le plus bas du bassin le désigne comme un trou d’évacuation. L’autre, au centre, est situé à contre-pente : il s’agit sans doute au contraire d’une alimentation, peut-être d’un jet. Ce bassin dont trois bords ont pu être observés a été fouillé sur 3 m². Il est précédé au sud d’une sorte d’avant-bassin, lui aussi plaqué de marbre, large d’une soixantaine de centimètres mais peu profond. Un sol en tuileau lui fait suite dont un bouleversement en partie nord laisse apparaître la structure composée de couches de tegulae noyée dans le béton. La surface de ce sol est piquetée par les empreintes en négatif des tesselles dont la présence originelle est attestée par quelques centimètres carrés de mosaïque encore en place. De larges blocs de grès creusés d’une cavité centrale sont intégrés à ce sol, lesquels ménagent une large rigole conduisant à un trou d’évacuation. On y reconnaît un dispositif de recueillement et d’acheminement des eaux ruisselantes à l’aplomb d’une toiture vers une citerne ou une évacuation. La première hypothèse est la plus vraisemblable en raison du mode de construction du sol en tuileau, la présence de plusieurs épaisseurs de tegulae rappelant furieusement un sol en suspension. Le mur qui longe à l’Ouest cette rigole a été interprété comme la fondation d’un stylobate: un regard a en effet été aménagé dans ce mur pour observer et/ou faire passer un système d’adduction en plomb dont la mise en place correspond à une étape ultérieure. Le sol, perturbé par une fosse, retrouvé à l’Ouest de ce mur serait donc celui d’un portique, lui aussi recouvert d’une mosaïque dont une trace a été retrouvée sous la forme de quatre petites tesselles encore en place (espace 2). Un fut d’une colonne en granit de 36 cm de diamètre a été retrouvé dans la berme. Il est possible qu’elle ait appartenu au portique en question. Dans cet espace le tuyau de plomb prend une courbe très prononcée avant qu’un arrachage le fasse disparaître. Se dirigeant vers le nord il semble avoir été plaqué tout contre le mur et désigne par cet axe le vide ménagé dans l’espace 5 entre le sol et le mur comme une sorte de coffrage. Une inscription a été observé de chaque côté du tuyau : »L.O.L.F. ». L’espace 3 fait suite au nord à l’espace 1. Il en est séparé par un mur large (90 cm) en grande partie récupéré. Les traces d’un sol de béton ont également été retrouvés. Très bouleversé, ce dernier n’était conservé que sur une dizaine de centimètres de large. Cette conservation était suffisante cependant pour constater qu’à l’instar de l’espace 5 un vide a été intentionnellement ménagé entre le mur et le sol ; l’exploration de cet espace n’a cependant pas été conduite plus en avant. Dans l’espace 4 un sol en tuileau conserve en négatif l’empreinte de carreaux disposés pointes-à-pointes sur le modèle du pavement retrouvé au fond du bassin. Ce rapprochement ne s’arrête pas là : les dimensions des carreaux sont semblables, de même que l’alternance du marbre et de l’ardoise comme en témoigne un fragment d’ardoise encore en place et les fragments de carreaux de marbre recueillis. L’élévation est ici conservée sur plus de 50 cm mais l’absence d’enduit hydraulique empêche d’y voir une structure analogue au bassin de l’espace 1. L’espace 5 enfin correspond à une pièce dont la particularité réside dans l’aménagement d’un espace creux au droit de la fondation que ne vient pas recouvrir le sol en béton. L’intention de cet aménagement est soulignée par un muret soutenant le sol à son aplomb qu’un mortier de chaux  vient réunir à sa base à la fondation du mur. La direction prise par le tuyau de plomb dans l’espace 2 suggère qu’il s’agit là d’un aménagement qui lui était destiné avant que ce dernier soit récupéré par une spoliation dont la stratigraphie a gardé trace.

Phase 2

Les traces d’une réoccupation du site à l’antiquité tardive ont été repérées à la fois dans les espaces 1, 2 et 5. Il s’agit en premier lieu d’un four à sole suspendue très mal conservé ayant pris en place dans le bassin de l’espace 1. Son bouleversement est accompagné d’un comblement de la structure avec des niveaux très riches en faune et en matériel qui en l’état actuel de l’étude indique la fin du IVe siècle ap. J.-C. Des sols en terre battue ainsi qu’un mur de l’espace 2 semblent être rattachables à cette phase. L’étroitesse de la tranchée n’a pas permis de caractériser suffisamment le site. L’alternative oscille entre un habitat privé de grande qualité et un possible monument public. Les arguments en faveur de cette dernière hypothèse sont l’épaisseur des murs, l’homogénéité des pavements, l’importance des éléments sculptés en marbre retrouvés et surtout la collecte de trois fragments d’inscription monumentale en marbre (lettres de 18 cm. de haut). A contrario la logique urbaine induite par la taille des îlots interdit de voir en l’espace 1 une cour de grande dimension ou un vaste péristyle. Seules les investigations futures à proximité de cette fenêtre permettront de préciser l’une ou l’autre de ces hypothèses.

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174, Avenue du Théâtre Romain- Quartier des Claus (Fréjus)

Age du Bronze/Epoque Romaine

Diagnostic archéologique

Titulaire : Pierre Excoffon

Auteurs notice : Pierre Excoffon (Archéologue, service du Patrimoine Ville de Fréjus)
 

En préalable à la construction d’une maison individuelle dans le quartier du théâtre romain de Fréjus, un diagnostic archéologique a été réalisé par le service du Patrimoine de la Ville de Fréjus (fig. 1). Celui-ci a permis de mettre en évidence trois phases d’occupation. La plus ancienne (phase I), remontant à la protohistoire, a révélé la trace d’une occupation proche remontant à l’âge du Bronze. C’est la découverte de 73 tessons peu érodés de céramique modelée, dont deux bords d’urne et d’écuelle à gros dégraissants qui a permis de mettre en évidence cette occupation. Toutefois, la surface très réduite du dégagement a empêché de découvrir des structures associées, ni même de sol défini. Il s’agit, pour ce quartier de Fréjus, de la première attestation claire d’une occupation protohistorique. Jusqu’à présent, seuls quelques rares vestiges et quelques tessons découverts sur la butte Saint%u2011Antoine, permettaient de  témoigner d’une occupation  protohistorique à l’emplacement de la ville antique.

 

La deuxième phase correspond à l’organisation urbaine de la colonie de Fréjus dans le courant de la première moitié du I er s. ap. J.-C. Au moment de l’installation des colons, la zone du théâtre est simplement marquée par une butte de marne du pliocène, recouverte d’un apport limoneux brun. La morphologie et la topographie de la zone vont alors être profondément transformées. La zone étudiée présente essentiellement des aménagements urbains : le decumanus maximus (A), un portique (B) et une esplanade surélevée (C) (fig. 2). Dans ce secteur de la ville, le decumanus suit exactement l’orientation du réseau B de la ville, soit NL 38,5° ouest. La partie mise au jour se situe
à l’extrémité nord-est de la rue, à seulement quelques mètres de la porte de Rome. Le niveau de circulation n’a été perçu que sur une fenêtre de moins d’un mètre carré, mais de dimensions suffisantes pour y réaliser un sondage. Le revêtement est constitué par le compactage d’une couche argilo limoneuse brune comprenant de très nombreux éclats de calcaire constituant également la surface de roulement. Celle-ci apparaît alors très compacte. Sous cette couche se trouvait un remblai plus épais (env.
50 cm) à dominante argilo%u2011limoneuse, de teinte plus claire et comprenant de nombreux cailloux. Dans ce niveau ont également été découverts de nombreux tessons de céramique. L’ensemble repose sur un niveau de sable grossier d’une dizaine de centimètres, recouvrant le substrat d’argile jaune. La voie est bordée au nord par un portique qui a été dégagé sur toute sa largeur et sur une longueur de plus d’1,50 m. La largeur du portique, trottoir compris depuis le nu du mur, mesure 4,44 m, il en va de même pour tous les autres portiques connus à Fréjus. Au nord, la bordure du trottoir est faite de gros blocs de grés gris/brun assemblés à joints vifs. Huit ont été dégagés sur une longueur de 8,50 m. Les dalles ont été mises en place sur une fondation légèrement plus étroite, composée de six assises, les trois dernières étant particulièrement soignées. Le trottoir fait aussi fonction de stylobate pour les piliers du portique, dont les bases d’encrage de trois d’entre eux ont été observées. Il s’agit d’une encoche carrée de 47×32 cm démaigrie à la surface des blocs. Ainsi on peut restituer des piliers carrés de la même dimension. Ces traces permettent de restituer un entraxe de 3,30/3,40 m. Ailleurs à Fréjus, elles mesurent généralement 4,45 m environ (Rivet et al. 2000, 369). Les piliers étaient donc ici plus resserrés qu’ailleurs. Le sol du portique est constitué de terre battue compactée. La couverture a été retrouvée effondrée sur le sol et de nombreuses tegulae et imbrices ont été découvertes en connexion, témoignant d’un effondrement brutal de l’ensemble de la structure. La toiture prenait appui au nord sur le mur (MR1006). Il s’agit d’un mur en petit appareil de 1,15 m de large, servant de soutènement à une terrasse située à près de 1,50 m au dessus du sol du portique. Celle-ci est constituée de remblais rapportés après l’édification du mur. Il s’agit d’éléments divers, notamment des amas d’argile jaune issue des phases de creusement et de modélisation de la butte originelle. Elle est limitée au sud par le mur de soutènement MR1006 localisé sur 17,64 m de longueur, et à l’est par le mur MR1010. L’orientation de ce dernier permet de restituer son contact avec le mur MR1006, toujours selon l’orientation du réseau B. Sur la terrasse, aucune construction n’a été mise en évidence sur la surface sondée. Le mobilier découvert pour l’essentiel dans les niveaux de construction de la voie remonte au premier tiers du Ier s. ap. J.-C. Après l’abandon du quartier (phase III), une sépulture est installée dans les niveaux de destruction du portique.

 

 

 

 

 

 

Bibliographie : Rivet et al. 2000 : RIVET (L.), BRENTCHALOFF (D.) (coll.), ROUCOLE (S.) (coll.), SAULNIER (S.) (coll.). – Fréjus, Atlas topographique des villes de Gaule méridionale, 2, Supplément 32 à la Revue Archéologique de Narbonnaise, 2000, 509 p.

Légendes : Fig. 1 : Localisation des tranchées de diagnostic entre le théâtre romain et la Porte de Rome (fond Rivet et al. 2000).  Fig. 2 : Plan et topographie des découvertes (relevé Sylvestre Roucole.)

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Caïs, La Cigale d'Or

Age du Bronze/Epoque Romaine/Epoque Moderne

Diagnostic archéologique

Titulaire : Pierre Excoffon (Archéologue, Service du Patrimoine Ville de Fréjus)

Auteurs notice : Pierre Excoffon, Raphaëlle Guilbert

 

 

 

 

 

 

En amont d’un projet immobilier, une campagne de diagnostic archéologique sur un terrain de 22580 m² a été réalisée dans le quartier de Caïs. A proximité de cette zone, assez mal connues, des traces d’occupation de l’Age du Bronze étaient anciennement connues[1].  Le lieu-dit Caïs est situé au sein d’un petit talweg orienté est-ouest, perpendiculairement à la vallée du Reyran. La configuration du terrain est aujourd’hui modelée en terrasses de culture qui divisent la parcelle en deux parties. De faibles indices ont révélé la présence d’une occupation protohistorique. En effet  trois tessons de céramique modelée probablement de l’Age du Bronze ont été retrouvés dans le fond du vallon. Si aucun autre vestige ne vient confirmer cette occupation (foyer, sol…) c’est que le talweg a été fortement érodé au cours des périodes historiques. Des lors, et  quelque soit la discrétion de ces vestiges, ils nous permettent de constater une présence  humaine et ancienne dans des secteurs pourtant considérés comme vierges de toute occupation.  En résumé, les traces de fréquentation pré ou protohistoriques dans le secteur ont été confirmées par la présence de quelques rares tessons. Topographiquement situés en contrebas du secteur du Colombier où cette présence avait été signalée anciennement, nous pourrions nous situer aux abords d’un site d’occupation relativement important compte-tenu des découvertes anciennes[2]. En revanche, la fréquentation romaine parait réelle, mais très superficielle et occasionnelle.  

Enfin, les périodes les plus récentes ont révélé d’une part, les traces de sillons agraires probablement des XVII/XVIIIème siècles et d’autre part un petit foyer.


[1] P.–J. Texier « Atlas Préhistorique » n°216

 

 

 

[2] BSR-PACA 2005, 161

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Les chemins de Valescure (frejus)

Epoque Romaine

Diagnostic archéologique

K.Y. Cotto (Conservateur, Service du patrimoine Ville de Fréjus)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2007 la Société d’Economie Mixte Fréjus Aménagement projetant la construction d’une vaste zone de logement au  lieu-dit Chemins de Valescure a saisi la DRAC d’une demande anticipée de réalisation de diagnostic. Celui-ci a porté sur une surface d’environ trois hectares. Seule la partie sud s’est révélée positive, permettant la mise au jour d’une vaste zone archéologique d’environ 7000 m² organisée en trois bandes orientées Ouest-Est. Au sud les sondages ont rencontré une très grande structure construite en petit appareil de type opus vittatum. Elle semble traverser la parcelle sur toute sa largeur et se poursuivait sans doute sous l’actuelle avenue André Léotard. De larges portes (de 1,91 m. à 2,20m.) percent son long mur septentrional et ouvrent sur un espace empierré qui correspond certainement à une voie ou à une sorte d’esplanade. Des murs de refend ont été suivis sur près de sept mètres, tandis que des élargissements semblant correspondre à des piliers engagés ont été remarqués. Aucun sol construit n’a été rencontré : seule une couche argileuse mêlée à du matériel extrêmement roulé témoigne des niveaux d’occupation correspondants Immédiatement au nord et au contact du ressaut de fondation du long mur s’étend une zone caillouteuse sur une largeur de près de douze mètres. A la base de cette couche une tegula posée à plat a été repérée. Compacte et ayant elle aussi livré du mobilier très roulé, elle est indiscutablement d’origine anthropique. Elle dessine en plan une bande orientée Ouest-Est, parallèle au bâtiment méridional. Plus au nord enfin s’étendent sur une vaste surface plusieurs structures d’apparence légère, construite en matériaux de récupération. Aucun indice tangible permettant d’identifier la fonction originelle de ces bâtiments n’a cependant été mis au jour.

Le rapprochement est tentant avec le site voisin de Valescure 1, distant d’environ deux cents mètres, organisé de part et d’autre d’une voie de plus petites dimensions que les fouilleurs interprètent comme un diverticule d’un axe routier plus imposant. Un grand hangar au sud traversait lui aussi toute la parcelle suivant une orientation similaire au « grand bâtiment » des chemins de Valescure (107° E/NL). La limite nord de la zone caillouteuse semble s’aligner sur le mur sud du hangar de Valescure 1, ce qui suggère de faire correspondre cette étendue avec une voie dont la largeur (12 mètres) indique l’importance. En tout état de cause l’orientation concordante de ces deux sites met en évidence l’existence dans ce secteur d’un axe structurant antique. Celui-ci, repéré donc sur plus de deux cents mètres, donne une nouvelle vigueur aux études paysagères, confirmant une partie des observations de C.Gébara/G.Chouquer ( la réalité de FREJUS A) et en infirmant d’autres (la présence dans ce secteur d’un réseau dit FREJUS C). Les observations faites dans les coupes et la réalisation de deux carottes permettent d’ores et déjàde formuler quelques hypothèses sur le contexte environnemental du site. L’occupation antique est en fait interstratifiée entre deux séquences d’ensablement correspondant vraisemblablement à deux phases d’alluvionnement. La proximité du Valescure n’est sans doute pas étrangère à cette dynamique et, si l’origine de ces séquences se trouvait confirmée, la présence de vestiges témoignerait d’une phase de stabilisation du milieu. Le mobilier archéologique, toujours très roulé, se situe dans une fourchette allant de la fin du Ier av. J-C  à la fin du Ier ap.J.-C voire au début du IInd.

 

 

Légende :

Fig. 1 : Relevé topographique des sites de Valescure: Valescure 1 et chemins de Valescure (K.Y.Cotto, L.Riaudel).

Fig. 2 : Espace empierré de la zone sud (Ville de Fréjus, service du patrimoine).

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Aire du Reyran, Escota (frejus)

Epoque contemporaine

Opération préventive de diagnostic

Opération négative

Titulaire : Hélène Garcia (Archéologue au Service du patrimoine de la ville de Fréjus)

Auteurs notice : Hélène Garcia

 

 

 

 

 

 

Le service du Patrimoine de la ville de Fréjus a conduit du 15 au 17 octobre 2007 une opération de diagnostic archéologique au lieu-dit « Aire du Reyran ». Un épais remblai a été découvert daté par la présence d’un bloc de béton armé de 6m de côté, appartenant au barrage de Malpasset.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Madeleine (frejus)

Un projet immobilier déposé par un particulier a été l’occasion pour le service du patrimoine de la ville d’effectuer un diagnostic au lieu-dit la Madeleine dans un secteur relativement peu connu sur le plan archéologique. Située à l’extérieur de la ville antique et au Nord-Est du port cette zone a livré quelques découvertes archéologiques éparses par le passé, principalement antiques et liées à des activités artisanales (dépotoirs) ou funéraires. Au nord de l’emprise du diagnostic est apparue une structure creusée dans le sable, grossièrement circulaire et bordée à l’intérieur d’assises de pierres maintenues par endroit par des piquets. Elle correspond sans aucun doute à un puits permettant l’accès à la nappe toute proche. Le comblement de cette structure a livré un tesson de sgraffito archaïque et deux fragments des productions d’Uzèges. Plus au sud les sondages ont coupé un réseau de fossés parallèles correspondant selon toute vraisemblance à des plantations. Explorés en sous-œuvre ces fossés ont également livré de la céramique d’Uzèges et deux fragments de céramique pisanne. Tous ces éléments semblent désigner  une mise en exploitation agricole se plaçant dans la deuxième moitié du XIIIe siècle. Ces résultats, pauvres sur le plan des vestiges, constituent néanmoins un indice important d’une présence rurale médiévale dont les témoins sont particulièrement rares sur le territoire de Fréjus, et jusque là insoupçonnée à cet endroit.

Légende :
Photo: Vue de la structure creusée dans le sable et bordée à l’intérieur d’assises de pierres maintenues par endroit par des piquets.

 

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CHI Bonnet (frejus)

Epoque Moderne

Diagnostic archéologique

K.Y. Cotto

 

Le projet d’installation d’une structure de petite enfance au sein de l’hopital inter-communal Bonnet a entrainé l’organisation d’un diagnostic archéologique, motivée par la présence à proximité d’aménagements et de structures liés à des ateliers de potiers.

Les sondages ont rapidement atteint le substrat géologique, que l’exploration en profondeur dans un secteur limité a permis de caractériser comme résultant du remplissage d’une ancienne ria. Les seuls vestiges archéologiques repérés prennent la forme d’un drain agricole dont la fouille a livré plusieurs formes correspondant au corpus des productions fréjusiennes du XVIe siècle.

 

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"Villa romana" Villeneuve (frejus)

De novembre 2005 à mars 2007, le service du Patrimoine de la Ville de Fréjus a réalisé une fouille archéologique préventive au préalable d’une construction immobilière, sur le terrain jouxtant au sud-est les bâtiments thermaux romains de Villeneuve, classés Monument Historique. Les fouilles, qui ont porté sur 4000 m2, ont montré un espace progressivement gagné sur la mer et consacré jusqu’à nos jours, essentiellement à des activités agricoles. Le mur romain faisant limite au nord de la fouille, se raccorde directement au complexe thermal.  Six phases ont été mises en évidence, la première correspond aux niveaux immédiatement antérieurs aux premières traces d’occupation en milieu hors d’eau et à la constitution d’une plage émergée. Quelques aménagements ont été découverts : un alignement de piquets en chêne et un amas de gros blocs. à cette époque, que l’on situe au milieu du Ier s. av. J.-C., le rivage est à situer à l’emplacement de la fouille. Après cette phase, où l’action humaine n’a laissé que peu de traces, l’ensemble du site est alors constitué par un haut de plage émergée, la phase II. Sur celui-ci sont construits plusieurs longs murs d’orientation est/ouest marquant les limites d’un espace voué à des plantations, situé dans le tiers nord du chantier. L’ensemble couvre une superficie de 1400 m² et ne constitue qu’une partie d’un ensemble plus vaste. Il se matérialise par la présence d’une cinquantaine de fosses circulaires creusées dans le sable, et d’un puits pourvu de marches (fig. 1). Au moins six fosses contenaient des demi-amphores remployées comme vases horticoles, perforés ou fendus à la base pour éviter la stagnation de l’eau. Une conduite en terre cuite est également aménagée. Chronologiquement, cette phase se situe entre la fin du Ier s. av. J.%u2011C. et le milieu du Ier s. ap. J.-C. On peut supposer que ce jardin était en relation avec un bâtiment situé plus au nord, antérieur aux thermes.

La phase III correspond à une transformation importante des lieux et à la construction des thermes voisins. Deux murs sont entièrement épierrés et récupérés, et un long mur est construit. Celui-ci pouvait séparer au nord l’extension ouverte des thermes (palestre, campus…), d’une zone au sud où se trouvaient encore quelques plantations. Cette phase est à situer dans la deuxième moitié du Ier s. ap. J.%u2011C. Durant cette même phase, un puits rectangulaire est creusé au centre de la zone et pourrait correspondre à une noria (fig. 2). Celui-ci est fait d’un cuvelage issu de la récupération d’une coque de navire. C’est également durant cette phase, qu’est édifié un passage maçonné, découvert au sud du terrain et dont l’extrémité sud avait été découverte deux ans auparavant sur la parcelle voisine par une équipe de l’Inrap. La fin de cette phase est à situer vers la fin du IIe s. ap. J.-C.

 

La phase IVA se caractérise par l’aménagement d’une bande de terrain cultivée dans la partie sud sur 11,5 m de large et 93 de long, creusée dans le sable (fig. 3). Deux murs de soutènement sont alors édifiés pour retenir les levers de sable au sud et au nord. Une tranchée est/ouest rectiligne, sur laquelle plusieurs creusements perpendiculaires viennent se connecter, est aménagée. Situés bien en dessous de la nappe phréatique actuelle, ces niveaux ont conservé de nombreux restes organiques : sarments de vignes, branches, noyaux, graines… Les études carpologique, anthracologique et palynologique montrent une culture diversifiée mêlant viticulture, arboriculture et culture potagère. Un bassin dont les parois étaient coffrées avec des bois de récupération, parmi lesquels les morceaux d’un bateau, a aussi été fouillé. L’activité essentielle de cette phase se situe dans le courant du IIIe siècle et une partie du VIe. Par la suite,  phase IVB, une reprise de l’activité agricole parait s’opérer lors du Ve siècle, où plusieurs fosses de plantation sont creusées. S’en suit une longue période d’abandon jusqu’à la fin du Moyen-Age. La reprise d’une occupation, phase V, se situe à la fin du XVe siècle. Elle est marquée par la récupération des murs antiques, le creusement de deux puits sur sablières en bois et la remise en culture de l’ensemble de la parcelle. Peu après, deux larges fossés repérés sur toute la longueur du site, sont creusés. La ferme située à l’emplacement des bâtiments thermaux est construite à la fin du XVIIe siècle. Enfin, durant le XIXe et surtout le XXe siècle la zone est à nouveau consacrée à l’agriculture.

Légendes :

Fig. 1 : Alignements de fosses de plantation
(Ville de Fréjus/©Altivue)

Fig. 2 : Puits rectangulaire avec cuvelage en bois
(P. Excoffon)

Fig. 3 : Lanière mise en culture avec fossés et fosses
(P. Excoffon)

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Amphithéâtre (frejus)

Période romaine

Fouille préventive

Plan Patrimoine antique/Ministère de la culture/Ville de Fréjus/INRAP

Pasqualini, Michel (Directeur du service du patrimoine, ville de Fréjus), Thernot, Robert (Ingénieur d’études, Inrap)

Avec la collaboration de Hélène Garcia (technicienne, Ville de Fréjus), Jean-Marie Michel (assistant d’études, Inrap), Bruno Fabry (topographe, Inrap), Lise Damotte (céramologue, ville de Fréjus), Pierre Excoffon (conservateur, ville de Fréjus), Xavier Chadefaux (infographiste, Inrap), Joris Pâques (infographiste, ville de Fréjus) et Isabelle Rodet-Bélardi (archéozoologue, Inrap)

 

 

 

 

 

 

Nous avons appliqué un phasage commun à toute la fouille[1]. Les données stratigraphiques sont réparties de la manière suivante : la première phase concerne les traces d’occupation ou d’aménagements antérieurs aux constructions de l’enceinte et de l’amphithéâtre ; la seconde est liée à la période d’édification de la fortification ; la troisième est axée sur l’amphithéâtre (sa construction, son utilisation et son abandon) ; la dernière phase, commence avec l’installation du couvent dominicain dans les structures de l’édifice antique et s’achève sur les perturbations liées aux fouilles archéologiques et aux divers travaux d’aménagements électriques et hydrauliques réalisés sur le site. Il faut cependant garder à l’esprit que cette organisation reste formelle et qu’il s’agit, en fait, de reconstituer une histoire du monument à partir de données de fouilles parfois difficiles à interpréter. Malgré tout, l’étude de la stratigraphie et du mobilier céramique retrouvé nous a permis de placer des jalons fiables pour la restitution que nous proposons ici.

 

 

 


[1] Voir BSR PACA 2004, 206-210 et BSR PACA 2006, 181-185.

 

 

 

 

 

 

Phase I : Le site avant la construction de l’enceinte (première moitié du Ier s. de notre ère).

Cette phase a été essentiellement repérée dans la partie sud-ouest de la zone 1 et en partie nord-est du site

État a : couches naturelles et colluvionnements stériles

Des couches géologiques naturelles et altérées ont été retrouvées dans l’ensemble nord-est et sud-est. Dans la zone sud-ouest de la piste, une série de couches de colluvionnement témoigne sans doute d’une activité érosive importante occasionnant un transport accru de sédiment vers le bas de pente. Ces couches ne contenant aucun matériel céramique, il apparaît toutefois difficile de déterminer la cause de cette érosion qui peut être due tant à des causes naturelles qu’à une mise en culture ou à une occupation plus dense en haut de pente.

État b : fréquentation du site

Un changement dans le mode de sédimentation intervient : l’érosion est toujours très active mais on observe un phénomène de décantation. En effet, au bas de la pente naturelle suivie par les précédentes sédimentations, un creux s’est formé, permettant ainsi un dépôt lent des matériaux, peut-être provoqué par une crue du Reyran. On note la présence de quelques couches faiblement anthropisées retrouvées à la fois en bas de pente, au sud-ouest de la piste, mais aussi en haut de pente, au nord-est du monument. Le peu de matériel présent dans ces couches indique que ce secteur constitue un simple lieu de passage ou se trouve à proximité d’une zone occupée. Cette phase de sédimentation semble débuter au moins aux environs du changement d’ère en bas de pente, au sud-ouest de la piste. Par contre au nord-est du monument, la rareté du matériel ne permet pas de dater précisément ce phénomène qui pourrait tout de même lui être contemporain.

État c : occupation du site

Cet état ne se retrouve que dans la zone 1. Le premier aménagement que l’on pourrait rattacher à une occupation pérenne des lieux est un lit d’amphores couchées retrouvé dans la moitié sud-ouest de la piste. Il s’agit probablement d’un système de drainage que recouvre un remblai de sol. L’association des types d’amphores présentes dans ce dépôt nous donne une datation dans le cours du premier tiers du Ier s. de notre ère. Les liens stratigraphiques avec les aménagements environnants n’ayant pas pu être observés, on ne peut cependant pas avoir de certitude quant à la fonction de cet aménagement, même si l’hypothèse d’un drainage reste la plus vraisemblable.

État d : désertion momentanée

L’endroit subit alors une désertion partielle ou totale comme en témoigne une couche où l’on observe de nombreux réseaux racinaires. Le système de drainage n’est probablement plus en fonction à cette période et la zone délaissée est favorable à la repousse de la végétation.

Phase II : L’implantation de l’enceinte (courant du Ier s.)

 

État a : réoccupation du secteur sud-ouest de la piste

Sans que nous puissions véritablement en identifier la fonction, un coffrage en tegulae comblé par du sable fin témoigne d’une réoccupation du secteur à une époque indéterminée. Les interventions incessantes dans cette zone, jusqu’au diagnostic réalisé en 2004, et son exiguïté ne permettent pas de comprendre précisément l’enchaînement des événements et rendent parfois aléatoires les relations qui ont pu exister entre la stratigraphie et les constructions.

Etat b: réaménagements

La construction d’un mur vient condamner l’ouverture du coffrage en tegulae en le recouvrant de sa maçonnerie. Son mauvais état de conservation et la vision partielle que nous en avons eu ne nous permet pas de nous avancer sur sa fonction. Un tuyau en plomb plonge sous ce mur d’est en ouest.

Etat c : construction de l’enceinte

Le dégagement du rempart et des vestiges de la tour nous a donné une idée assez précise de leur mode de construction. La portion d’enceinte conservée au niveau de l’amphithéâtre est longue de 35 mètres au maximum. La tour et l’élévation du rempart sont chaînées et c’est le comblement de la tranchée de fondation de la tour qui nous donne une datation : entre 40 et 100 de n. è. L’absence de matériel plus pertinent ne permet pas d’affiner cette fourchette chronologique. A l’intérieur de la ville un caniveau a été installé, perpendiculaire au rempart. Une ouverture traversant dès l’origine la maçonnerie de l’enceinte laisse penser que le transport de l’eau était organisé de l’intérieur de la ville vers l’extérieur. Les parois étaient couvertes d’épais dépôts.

État d : fréquentation postérieure à la construction de l’enceinte

Une période d’abandon intervient sans doute, caractérisée par une couche de dépôts successifs qui recouvrent les aménagements observés dans le secteur 1 de la zone 1. Cette période, postérieure à la construction de l’enceinte voit également la constitution de dépôts à l’extérieur du rempart au cours de la seconde moitié du Ier s. Ces couches sont ensuite recoupées par la mise en place d’un caniveau qui vient s’appuyer contre l’enceinte.

 

Phase III : L’amphithéâtre, de sa construction à son abandon (fin du Ier s. -IVe s.)

Etat a : construction du monument

Les indices chronologiques et stratigraphiques laissés par la construction de l’amphithéâtre convergent tous vers une fourchette chronologique très étroite, située entre la fin du Ier s. et le début du IIe s. Les diverses couches de construction et surfaces de travail observées sont autant de témoins du chantier dont le déroulement est précisé par l’étude architecturale du monument. Plusieurs aménagements des espaces intérieurs de l’amphithéâtre peuvent être considérés comme intervenant lors de la construction : le creusement de la galerie axiale, l’excavation au débouché du conduit de la loge consulaire et la construction d’un mur de refend à l’intérieur de la pièce sous les gradins sud.

État b : période de fonctionnement de l’amphithéâtre

Les données stratigraphiques sur l’utilisation de l’amphithéâtre sont rares et surtout le plus souvent indirectes. Cela s’explique par les  nombreux remaniements qui ont affecté le site depuis son abandon jusqu’à la période contemporaine. Il faut notamment rappeler les nombreuses fouilles et restaurations qui ont concerné l’édifice et sur lesquelles nous n’avons parfois que peu de documentation.

État b1 : à l’intérieur de l’amphithéâtre

Des niveaux d’utilisation de l’amphithéâtre sont cependant identifiables de façon indirecte : les dépôts vaseux retrouvés au fond de la galerie ; le creusement dans le dépôt d’amphores ; les niveaux retrouvés dans l’entrée. C’est en raison de leur position stratigraphique et parce que le matériel retrouvé correspond au tournant des Ier et IIe s., que ces couches sont associées au fonctionnement de l’amphithéâtre. Ces niveaux ne couvrent cependant pas la totalité de sa période de fonctionnement et les indices sont très localisés, toujours en raison des nombreuses interventions antérieures.

État b2 : entre l’enceinte et l’amphithéâtre

En dehors de l’amphithéâtre, les indices de fréquentation des espaces se concentrent au nord-est, entre le monument et l’enceinte antique. En zone 4, un caniveau est installé le long de l’enceinte et affecte un pendage vers le sud. Il est ensuite comblé au IIIe s.

État b3 : réaménagements entre l’enceinte et l’amphithéâtre

Dans une seconde phase d’aménagement, un nouveau caniveau vient se superposer au précédent, mais en suivant un pendage inverse, vers le nord. Au départ de ce conduit, un bassin a été construit pour recueillir, semble-t-il les eaux provenant de l’intérieur de la ville (il est situé au niveau de l’ouverture dans le rempart correspondant au caniveau 5039).

État b4 : à l’intérieur de la ville

A l’intérieur de la ville, les espaces subissent aussi des réaménagements. Une phase de nivellement, à la fin du IIe s. précède la construction d’un caniveau, parallèle au rempart et l’installation de murs de refend contre l’enceinte. C’est peut-être aussi à cette période que le caniveau perpendiculaire au rempart est remanié pour établir le lien avec le bassin implanté à l’extérieur de la ville.

État c : abandon du monument

Vers la fin du IIIe s. les caniveaux ne sont plus en fonction et la galerie axiale est comblée. Si l’on associe à ces indices les données liées au contexte d’abandon général qui caractérise Fréjus à cette période, il apparaît que l’amphithéâtre et ses abords souffrent d’une désaffectation très cohérente avec ce que l’on connaît du contexte global.

Etat d : spoliation de l’édifice et occupation du site

État d1 : récupération des matériaux

De même que les autres monuments de Fréjus, l’amphithéâtre a servi de carrière de matériaux et les traces de ces récupérations sont encore visibles : des tranchées creusées pour enlever les blocs de grand appareil, des remblais de destruction et aussi l’absence de matériaux nobles (éléments sans doute récupérés en priorité). Il faut noter ici, que les destructions liées à la spoliation du monument se sont sans doute poursuivies durant une période assez longue.

État d2 : fréquentation postérieure à l’abandon

Même après son abandon comme amphithéâtre, le monument est resté un lieu fréquenté et occupé, comme en témoignent un creusement dans le comblement de la galerie axiale effectué au IVe s. et un sol de fréquentation installé par-dessus, en fonction au Ve s. En partie haute du secteur, plusieurs remblais de destructions ont également été observés. On peut noter la présence d’un amas important de céramique très localisé dans un creux du rocher, sur la pente menant de l’entrée principale à la zone nord-est.

Phase IV : Le site aux périodes moderne et contemporaine (à partir de la fin du XVIe s.).

Etat a: l’installation du couvent

A la fin du XVIe s. un couvent dominicain s’est installé dans la partie sud-est (l’entrée principale), s’appuyant contre l’amphithéâtre. Certains des murs de l’établissement religieux ont été mis au jour dans le prolongement des murs rayonnants.

Dans l’alvéole 15, on a pu repérer des niveaux d’utilisation correspondant à cette période : deux sépultures ont été creusées dans les niveaux antiques encore présents.

Quelques remblais portent les traces de la destruction du couvent opérée au XIXe s.

État b : perturbations contemporaines

Le XXe s. a apporté de nombreuses perturbations. Cette période est présente sur l’ensemble du site et consiste principalement en deux types d’interventions : les divers sondages et fouilles archéologiques effectués depuis le XIXe s., ainsi que les aménagements liés à la mise en valeur touristique du site (réseau électrique pour l’éclairage du monument, réseau d’eau).

Bibliographie:

Flavigny 2001 : FLAVIGNY (F.) – Etude préliminaire aux travaux de restauration et valorisation (phase documentaire) : rapport CRMH. Document dactylographié. S. l. : Ministère de la Culture, Conservation Régionale des Monuments Historiques, Ville de Fréjus, novembre 2001. 3 cahiers, 35p., 148 ill. et pl. h.t. (cahier n°1, rapport d’étude, 35p, cahier n°2, Documents graphiques et photographiques, 38 ill. h.t., cahier n°3, relevés et plans, 110 pl. h.t.).

Flavigny 2005 : FLAVIGNY (F.) – Etude préalable aux travaux de restauration et valorisation : rapport CRMH. Document dactylographié. S. l. : Plan Patrimoine Antique, Ministère de la Culture, Conservation Régionale des Monuments Historiques, Ville de Fréjus, novembre 2005, non paginé, 14 pl. h.t.

Gébara, Thernot 2005 : GEBARA (C.), THERNOT (R.) – Amphithéâtre à Fréjus : rapport final d’opération. Document dactylographié. S. l. : Service du patrimoine de la ville de Fréjus, Pôle archéologique départemental, Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, 2005, 83p.

Golvin 1988 : GOLVIN (J.-C.) – L'amphithéâtre romain : essai sur la théorisation de sa forme et de ses fonctions. Paris : De Boccard, 1988. 2 vol. vol. 1 : texte ; vol 2 : planches ; bibliographie p. 419-424, (vol. 1) 458 p., (vol. 2) 9 p.

Golvin, Landes 1990 : GOLVIN (J.-C.), LANDES (C.) – Amphithéâtres et Gladiateurs. Paris : édition Les Presses du CNRS, 1990, 237p.

Gros 1996 : GROS (P.) – L’architecture romaine du début du IIIe siècle av. J.-C. à la fin du Haut-Empire : les monuments publics, Tome 1. Paris : Picard, 1996, 503p. (Les manuels d’art et d’archéologie antiques).

Rivet et al.  2000 : RIVET (L.), BRENTCHALOFF (D.), ROUCOLE (S.), SAULNIER (S.) coll. – Atlas topographique des villes de Gaule méridionale -2- Fréjus. Montpellier : éditions de l’Association de la Revue Archéologique de Narbonnaise, 2000, 509p. (suppl. à la Revue archéologique de Narbonnaise, 32)

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Prospection inventaire des caves du centre-ville (frejus)

Epoque Romaine/Epoque Médiévale/Epoque Moderne

Opération de prospection inventaire

Titulaire : Hélène Garcia (Archéologue, Service du Patrimoine Ville de Fréjus)

Auteurs notice : Hélène Garcia

 

 

 

 

 

 

Notre étude s’est déroulée en deux phases : la compilation de toutes les données documentaires existantes sur les vestiges repérés dans le centre-ville[1] et la recherche sur le terrain[2]. Cette prospection s’est limitée dans un premier temps aux limites de la ville médiévale matérialisées par la rue Jean Jaurès, la rue Grisolle, la rue Aristide Briand et la place Paul Vernet. Elle a permis de se faire une idée du potentiel archéologique des caves du centre-ville et de mettre au point, avec la collaboration de Kelig-Yann Cotto, un système d’enregistrement de donnée évolutif afin d’intégrer les découvertes qui seront faites à l’avenir.

D’une manière générale, les caves visitées possèdent les mêmes caractéristiques architecturales, indépendamment de leur situation à l’intérieur ou à l’extérieur de la ville médiévale, et semblent appuyer l’idée d’une campagne de creusement aux alentours du XVIe s. lorsque la ville déborde de son enceinte. Les murs sont construits en appareil assisé et les voûtes en blocage avec des empreintes de couchis sur leurs chapes. Seules deux caves se démarquent par un mode de construction différent et s’apparentent à des citernes antiques. Concernant les vestiges de la période médiévale, ils sont rares et semblent tardifs : un recoupement avec les archives sera nécessaire pour affiner leur datation. Une campagne de relevés topographiques sera entreprise l’année prochaine afin de relever les caves aux élévations remarquables mais aussi les vestiges partiels qui ont été repérés au sol.

Bibliographie:

Rivet et al. 2000 : RIVET (L.), BRENTCHALOFF (D.), ROUCOLE (S.), SAULNIER (S.) coll.- Atlas topographique des villes de Gaule méridionale -2- Fréjus, Montpellier : Association de la Revue Archéologique de Narbonnaise, 2000, 509 p. (suppl. à la Revue Archéologique de Narbonnaise, 32)


[1] La recherche documentaire s’est appuyée sur les cartes anciennes, le cadastre napoléonien et actuel, l’Atlas topographique et l’inventaire général du Patrimoine dressée par Geneviève Grenel.

 

 

 

[2] Avec la collaboration de Pierre Excoffon (Archéologue au Service du patrimoine de la ville de Fréjus) et Kelig-Yann Cotto (Conservateur au Service du patrimoine de la ville de Fréjus)

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Hotel de la Poste, rue Gallus (frejus)

Epoque Moderne

Découverte fortuite

K.Y.Cotto (Conservateur, Service du Patrimoine Ville de Fréjus)

Avec la collaboration de P.Rigaud, R.Thernot, L.Riaudel

 

 

 

 

 

 

L’hôtel de la Poste, hôtel particulier daté du XVIIIe siècle, situé au croisement de la rue Général de Gaulle et de la rue Gallus a fait l’objet en 2007 d’une procédure d’acquisition par les propriétaires de l’actuel hôtel-restaurant Arena en vue de l’agrandissement de leurs capacités d’hébergement. Le projet de l’architecte prévoyait la démolition d’un bâtiment flanquant l’arrière de cet hôtel afin de constituer une façade donnant sur jardin. L’allure de ce bâtiment dont les murs élevés et aveugles  ne présentent ni « coup de sabre » ni reprises, si ce n’est au contact de la toiture, et son positionnement très proche du tracé supposé de l’enceinte du XVIe siècle ont conduit M. l’Architecte des Bâtiments de France a se rapprocher du service du patrimoine afin que celui-ci effectue une visite et une enquête documentaire. Seul le dernier étage occupé par une vaste pièce aux murs très élevés s’est révélé accessible. La présence d’un enduit de ciment recouvrant les murs n’a pas permis une lecture du bâti. En revanche la conservation sur le côté nord de quelques lambeaux d’un enduit plus ancien à base de chaux et d’argile, de couleur brune à lie-de-vin, a permis d’observer quelques graffitis dont l’un évoque avec précision une galère moderne. Ce navire qui dispose à la fois de rames et d’un mât, a été identifié comme une fuste ou une galiote par M. Philippe RIGAUD consulté à cette occasion. Son mât unique, portant une hune pour l’observation, est tenu par des haubans. Son antenne (le trait oblique en travers du mât) devait porter une voile latine. A l’arrière, malgré l’altération du dessin apparaît le carosse, autrement dit l’espace couvert par une tente réservé à l’état-major du navire et au pilote. L’arc de cercle qui se situe dans le prolongement de la coque représente le timon axial (« à la mode de Bayonne » ou « à la mode de Navarre ») qui fait son apparition sur les galères provençales dès le milieu du XIVe siècle. Sur la proue enfin est figurée une bombarde dans l’axe du navire, ce qui situe ce navire au-delà de 1380 date à laquelle l’artillerie fait son apparition sur les galères de Marseille. Toutes ces indications permettent de supposer à ce navire une  datation autour des XVIe au XVIIe siècles. Légende ci-contre : relevé du graffito encore en place représentant un trirème moderne.

 

La présence de ce graffito permet donc d’étayer l’hypothèse d’une ancienneté relative du bâtiment qui le porte et donc de son antériorité à l’hôtel de la Poste. Il ne semble pas lié directement à la fortification moderne, le tracé de celle-ci passant vraisemblablement plus à l’ouest au niveau d’un des murs de l’hotel Arena qui en a gardé le fruit caractéristique. Il pourrait correspondre toutefois à une structure haute figurant sur le plan de J.Maretz (1633) en arrière de la fortification mais au droit de la porte Saint-Pons. Légende ci-contre: extrait du plan de Fréjus réalisé par J.Maretz (1633).

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