La ville au cours du tempss
 

L'antiquité
Forum Julii

Le Moyen-âge
La ville épiscopale

De la renaissance au premier Empire
Chroniques de la fin d'un port

La ville contemporaine
La réouverture sur la mer

Implantée sur un contrefort de grès du massif de l’Estérel, dominant les vallées de l’Argens et du Reyran, Fréjus présente l’aspect d’une petite ville provençale dont les nouveaux quartiers s’étendent jusqu’à la mer

L'antiquité, forum julii

Les limites

Il n’est pas question ici de reprendre en détail toutes les problématiques qui ont pu être développées autour du plan d’urbanisme de la colonie antique, ni chaque découvertes faites par les archéologues à l’occasion de fouilles. Nous ne les évoquerons que dans leurs grandes lignes, comme nous l’avons fait pour les données historiques et géographiques, et en ne perdant pas de vue que les superficies explorées intra muros sont finalement modestes et ne représentent qu’une petite partie de la ville antique.

A l’époque flavienne (dater), dans sa phase de développement optimal la ville romaine couvre intra-muros 45,6 hectares. L’enceinte a un tracé relativement irrégulier qui n’est pas toujours en rapport avec les grandes orientations du plan d’urbanisme [14]. Il faut être réservé quand à sa chronologie. On notera qu’elle englobe la ville dans sa phase la plus développée de la fin du Ier siècle de notre ère.

Aux extrémités est et ouest du decumanus se trouvaient deux portes monumentales dites « porte de Rome » et « porte des Gaules » [4 et 6]. A la hauteur de la porte de Rome, l’aqueduc venant de l’actuel village de Mons joint le rempart. Ses arches sont encore conservées tout au long de l’avenue du XVe corps et dans le parc public de la villa Aurélienne [15]. Le cardo donnait au nord sur une porte plus modeste « la porte de l’Agachon ». Il aboutissait au sud au niveau du port, mais aucune porte n’est signalée à cet endroit. C’est le long de la branche méridionale du cardo que se trouverait le forum. Un escalier monumental découvert sous l’actuel jardin Jean XXII permettait d’accéder à un podium, sans doute celui d’un temple dédié à Jupiter. Ses dimensions restituées sont respectables, elles atteignent soixante et onze mètres de large sur plus de deux cents mètres de long.

L'urbanisme

Il est marqué par la présence de plusieurs monuments, dont certains édifiés par quelques riches évergètes fréjusiens. L’amphithéâtre et le théâtre [3 et 5](dater), le premier extra-muros à proximité de la porte des Gaules, à l’ouest de la ville, le second à l’intérieur de l’enceinte, à proximité de la porte de Rome. Ces édifices de spectacles sont plus modestes que ceux d’Arles, mais les dimensions de l’amphithéâtre dépassent largement celles de celui de Cimiez à Nice. A la Porte d’Orée se trouvaient des thermes publics [7]. Les fouilles ont aussi livré plusieurs exemples de maisons privées réparties par îlots. Les dimensions de ces derniers, dans le réseau B, sont d’environ soixante et onze mètres sur trente cinq mètres. De cet ensemble se détachent deux domus (préciser), celles de la Plateforme et celle de la butte Saint-Antoine [8 et 13]. Si la seconde n’est que partiellement dégagée, la première développe ses cent pièces, habitation, thermes, service, autour d’un vaste jardin intérieur à portique. Sous le jardin se trouvait une citerne souterraine. Construites au Ier siècle ces domus sont bâties sur de légers promontoires qui se détachent de la ville antique et enserrent à l’est et à l’ouest la zone portuaire. Au pied du mur de soutènement ouest de la Plateforme, côté port, s’ouvrent cinq salles voûtées, peut-être des magasins (horrea). D’importantes nécropoles se trouvaient à l’extérieur de la ville. Au quartier de Saint-Lambert les tombes individuelles et les monuments s’alignaient le long de la via per Alpes Maritimas (expliquer). Un exemple de monument funéraire est encore visible le long de la route moderne à hauteur du collège Villeneuve [12].

Le port

D’une superficie de 14,5 hectares, le plan d’eau s’étendait au pied de la ville au sud [11]. Cet espace, aujourd’hui protégé et complètement atterri, présente encore quelques aménagements. On retiendra le quai sud, bordé par un mur sur le tracé duquel se trouve une construction hexagonale entièrement conservée, « la Lanterne d’Auguste » [9 et 10]. L’accès au port se faisait par un canal situé à quelques distances de là. Il faut imaginer qu’à l’époque romaine le rivage devait se trouver à peu près sur l’alignement de l’actuelle avenue de Provence, donc très proche. Aujourd’hui, le rivage actuel se trouve plusieurs centaines de mètres plus au sud.

Fondée au Ier siècle avant J.-C., Forum Julii apparaît comme une étape importante sur la voie aurélienne.

Dès sont origine, elle se voit dotée d’un port intérieur, dont le bassin, aménagé dans une zone marécageuse, est relié à la mer par un long canal. Un rempart protège l’agglomération, il fixera pour de longs siècles les limites de l’habitat. Le tracé irrégulier de ces murailles est dû au relief accidenté du site. Les fouilles révèlent en effet une ville antique aménagée en terrasses successives présentant une forte déclivité vers le sud.

Le Moyen-âge, La ville épiscopale

L’implantation au centre de la ville de bâtiments paléochrétiens est attestée au moins depuis le Vème siècle, marquant ainsi très  tôt le paysage urbain. Une agglomération médiévale se constitue peu à peu autour du groupe épiscopal et s’entoure d’une enceinte semi ovale. La prospérité économique de la cité profite aux évêques, soucieux de montrer leur pouvoir temporel : ils fortifient l’ensemble épiscopal dont une des tours, crénelée, domine les toits.

Dans la deuxième moitié du XIVème siècle, une extension du rempart permet ‘englober le quartier du Bourguet à l’est.

 

De la renaissance au premier Empire. Chroniques de la fin d'un port

Très vite, les habitations débordent des murailles médiévales, notamment vers l’ouest, autour de l’église Saint François de Paule. En 1557, la communauté de la ville décide la construction d’une troisième et dernière enceinte incluant ce quartier. La bassin intérieur du port romain se réduit faute d’entretien et ne peut plus accueillir que de modestes barques. Retournant à son état premier de marécage, il pose un réel problème de salubrité publique. Le déclin démographique des XVII et XVIIIèmes siècles est en effet largement imputé aux fièvres causées par son envasement. Le paysage urbain se fige alors jusqu’à la deuxième moitié du XVIIIème siècle, où la communauté décide enfin le comblement du bassin. Le quartier du port devient ainsi celui des « Horts » (jardins) et le reste encore aujourd’hui.

la ville contemporaine. La réouverture sur la mer

L’embellie est sensible au début du XIXème siècle : on aménage le cours Chevalier (place Paul Vernet) à l’est et le Pati, (aujourd’hui place Agricola), à l’ouest. On abat les portes les plus étroites du rempart moderne qui entravaient la circulation.

Dans le courant du siècle, l’habitat déborde enfin des limites de l’enceinte romaine !

L’implantation, en 1915, de camps d’acclimatation pour les troupes coloniales fait naître de nouveaux quartiers à vocation militaire à l’est et à l’ouest de la ville. Après la seconde guerre mondiale, l’essor du tourisme entraîne une expansion urbaine des quartiers de Fréjus-Plage et de Saint-Aygulf. A la suite de la catastrophe du barrage de Malpasset, on assiste, dans les années soixante, à de grands travaux de modernisation : le Reyran est canalisé ce qui permet l’urbanisation des terres basses de la plaine (quartiers de Villeneuve et de l’Agachon). Enfin, en 1982, avec la construction de Port-Fréjus, la ville retrouve sa vocation première en s’ouvrant de nouveau sur la mer.

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