fréjus d'hier et d'aujourd'hui…
Implantée sur un contrefort de grès du massif de l’Estérel, dominant les vallées de l’Argens et du Reyran, Fréjus qui, de chef-lieu de cité romaine dans l’Antiquité devint siège d’évêché à partir du IVe siècle, est considérée aujourd’hui comme un lieu de villégiature privilégié. Fréjus présente l’aspect d’une petite ville provençale dont les nouveaux quartiers s’étendent jusqu’à la mer.

forum julii, citée romaine

C’est sans doute en se rendant à Marseille qu’il allait assiéger, que Jules César fonde, en 49 avant J.-C., le Forum Julii (littéralement le "marché de Jules").
Dès son origine, un port, aménagé dans une zone marécageuse, est relié à la mer par un long canal. Tacite nous apprend que la flotte d’Antoine et de Cléopâtre fut envoyée à Forum Julii, aujourd’hui comblé, après leur défaite devant Octave (futur empereur Auguste), au large d’Actium en 31 avant J.-C. Dès lors, un port aujourd’hui comblé, aménagé dans une zone marécageuse, est relié à la mer par un long canal. On peut encore aisément imaginer l’aspect de la colonie de Forum Julii grâce aux nombreux vestiges monumentaux encore conservés tels l’amphithéâtre, le théâtre, l’aqueduc, les ruines des thermes et de l’enceinte.
La ville antique, centre de production agricole et artisanale, marché important installé sur la via per Alpes Maritimas (voie Aurélienne), prospérera quatre siècles durant, comme en témoigne le quartier d’habitation du Clos de la Tour.
Parmi les Fréjusiens illustres, on peut mentionner Gnaeus Julius Agricola, beau-père de Tacite et gouverneur de la Grande Bretagne, et Valerius Paulinus, ami de l’empereur Vespasien, qui s’est illustré pendant les guerres civiles.

 

L'empreinte épiscopale

La première mention de Fréjus comme siège d’un évêché date de 374.
L’implantation au centre de la ville de bâtiments paléochrétiens marque ainsi très tôt le paysage urbain.
Une agglomération médiévale se constitue peu à peu autour du groupe épiscopal et s’entoure d’une enceinte semi-ovale.
La prospérité économique de la cité profite aux évêques qui fortifient l’ensemble épiscopal dont une des tours, crénelée, domine les toits. Dans une
charte de 990, l’évêque Riculfe brosse un triste portrait de sa ville qu’il décrit ruinée par
les raids sarrasins, ce qui semble fort exagéré.
Les siècles passent à Fréjus, scandés par la personnalité plus ou moins forte de ses
évêques, dont l’un, Jacques Dueze, deviendra pape en 1316, sous le nom de Jean XXll. La ville connaît alors la vie d’une grosse bourgade de province, dont le développement, lié aux foires et au marché du blé, nécessite, au Xlle siècle, la construction d’un nouveau rempart.
Au XVIe siècle, la construction d’une troisième enceinte englobe les nouveaux quartiers. Les différents évêques apportent leur appui aux comtes de Provence, ce qui fait bénéficier la cité de nombreux privilèges jusqu’en 1481, date du rattachement à la France.
Mais cette richesse économique fait place, à partir des années 1580 et durant deux siècles, à un déclin démographique continu, doublé d’un endettement toujours plus important.

De la Révolution au XIXe siècle

La période révolutionnaire aggrave la situation, il faut attendre la première décennie du XIXe siècle pour voir l’amorce d’un renouveau.
L’existence d’une certaine bourgeoisie est attestée par quelques hôtels particuliers des XVlleet XVlllesiècles (hôtel des Quatre Saisons, maison aux Atlantes).

Autre Fréjusien célèbre, l’Abbé Siéyès se distingua par ses idées et ses écrits à la Révolution de 1789.
Le domaine agricole demeure la principale ressource locale, les vignobles remplaçant peu à peu les cultures céréalières traditionnelles.
Cette activité entraîne alors une vague d’immigration piémontaise.
Le Second Empire voit l’apparition d’une industrie axée sur la production de briques et de tuiles, l’exploitation de mines de charbon et celle du liège des massifs des Maures et de l’Estérel.
Tout en gardant ses activités agricoles, Fréjus perd sa vocation maritime avec le comblement définitif du port au XVIIIéme siècle.