Fréjus campe en bord de mer, au débouché de l’Argens qui développe son cours sur plus de 100 km. Occupant une situation privilégiée entre les massifs des Maures et de l’Estérel, au pied d’une vaste baie bordée de plages de sable, la ville est connue pour ses ruines romaines, son groupe cathédral, son visage balnéaire, son patrimoine militaire ou encore son lieu de mémoire du barrage de Malpasset.
Au-delà des clichés, c’est une ville en mouvement, dépositaire d’un patrimoine naturel et historique aux multiples facettes qui lui permet de développer une des économies touristique et culturelle les plus dynamiques de la région. L’élément maritime a sans doute été l’un des principaux attraits pour les premiers habitants ligures puis romains. Aujourd’hui elle poursuit la revitalisation de son cœur historique et de ses quartiers, en mettant à nouveau la mer au cœur de ses aménagements.

Forum Iulii, colonie romaine

Forum Iulii, colonie romaine

La colonie romaine de Forum Iulii est un carrefour commerçant incontournable sur la voie Aurélienne, route principale entre Rome et l’Espagne, et un site stratégique de la « Narbonnaise ». Perchée sur un promontoire de grès, la ville domine le port. Elle est mentionnée pour la première fois en 43 av. J.-C. dans une correspondance entre Plancus et Ciceron. Quelques années plus tard, en 31 av. J.-C., la ville est choisie par Octave pour accueillir les galères de la flotte d’Antoine et Cléopâtre, vaincue à la bataille d’Actium.

Cette ère de prospérité pour la colonie romaine est aussi celle des aménagements urbains : mise en place d’une trame régulière avec portes monumentales, forum, aqueduc acheminant l’eau sur plus de 40 km, théâtre, complexe thermal, amphithéâtre. Le port est au coeur de la ville, protégé des assauts de la Méditerranée par une digue imposante surmontée d’une tour-lanterne et encadré de deux ensembles résidentiels, la butte Saint-Antoine et la Plate-forme. Autant de traces, classées au titre des Monuments Historiques ou protégées en tant que zones archéologiques, toujours lisibles et incluses dans l’urbanisme de la ville contemporaine.

The Roman colony « Forum Iulii » is mentioned for the first time in a correspondence of Cicero dating from 43 BC. As an important military naval base, it is chosen by Octavius to welcome the galleys of the fleet of Antonius and Cleopatra, after the loss of the battle of Actium. Developed as a prosperous economic place, the colony is structured with a sophisticated urban planning : precinct wall, triumphal gates, forum, theater and amphitheater, aqueduct, thermal complex. So many traces, listed as « Monuments Historiques », are still readable in the town planning of the contemporary city.

Fréjus, cité médiévale

Fréjus, cité médiévale

Fréjus fait partie des premiers évêchés fondés en Gaule avant la reconnaissance du christianisme comme religion officielle ; l’évêque Ursio est attesté en 374 au Concile de Valence. L’implantation à proximité de l’ancien forum d’une église et d’un baptistère marque très tôt le paysage urbain. Une agglomération se constitue peu à peu autour du groupe épiscopal et s’entoure d’une enceinte semi-ovale. A la fin du XIIe siècle, la prospérité économique de la cité profite aux évêques qui agrandissent la cathédrale et fortifient l’ensemble épiscopal dont une des tours, crénelée, domine les toits. La séparation des biens de l’évêque et du chapitre en 1180 a pour conséquence le lotissement du quartier du Bourguet situé à l’est.

A partir du XIVe siècle, la nomination des évêques est fixée par le pape établi en Avignon et échappe au chapitre et au Comte de Provence. De fortes personnalités se succèdent, comme Jacques Duèze qui deviendra pape en 1316 sous le nom de Jean XXll. Fréjus reste cependant une très petite ville, rythmée par les foires et marchés au blé, et sujette durant plusieurs décennies aux épidémies, aux attaques de piraterie et aux troubles de la guerre civile.

Fréjus, ville moderne

Fréjus, ville moderne

An 1481, le comté de Provence est rattaché au royaume de France et subit une profonde mutation administrative et politique. La cité épiscopale connaît un fort développement et Fréjus devient un grand centre agricole. Les habitations débordent des murailles médiévales et se multiplient notamment vers l’ouest. En 1557, la communauté de la ville décide la construction d’une troisième enceinte incluant ce quartier.
Le bassin intérieur du port antique quant à lui se réduit faute d’entretien et ne peut plus accueillir que de modestes barques. Retournant à son état premier de marécage, il pose un réel problème de salubrité publique. Le déclin démographique des XVIIe et XVIIIe siècles est en effet largement imputé aux fièvres causées par son envasement ; son comblement est approuvé durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle, devenant le quartier des « Horts » (jardins). Parallèlement deux esplanades sont aménagées aux entrées de la ville, à l’ouest (actuelle place Agricola) et à l’est (l’actuelle place Paul Vernet) attestant de la volonté d’améliorer le quotidien des Fréjusiens.

Les nouveaux patrimoines

Les nouveaux patrimoines

A partir des années 1820, la ville amorce une lente mutation économique, démographique et urbaine. Si l’agriculture reste la première activité, la ville s’ouvre à la société industrielle et à la villégiature. L’arrivée du chemin de fer en 1863 va accélérer ce mouvement qui va s’amplifier au début du XXe siècle.

En 1912, la Base Aéronavale voit décoller Roland Garros pour le premier vol intercontinental entre Fréjus et Bizerte. L’implantation de camps d’acclimatation pour les troupes coloniales fait naître de nouveaux quartiers à vocation militaire à l’est et à l’ouest de la ville et lègue à la ville un patrimoine original. A la suite de la catastrophe du barrage de Malpasset en 1959, de grands travaux de modernisation sont mis en œuvre : le Reyran est canalisé ce qui permet l’urbanisation des terres basses de la plaine (quartiers de Villeneuve et de l’Agachon).

Depuis les années 1980, les efforts portent sur un rééquilibrage des axes et des zones urbaines. Mais surtout l’idée de retrouver la proximité d’un port au cœur du territoire fait son chemin. Maintes fois remanié, le projet aboutit à la création de Port-Fréjus (1988-1994), alliant port de plaisance et quartier résidentiel. Poursuivi par Port-Quiétude en 2001. Le projet immobilier en cours de Port-Fréjus vise aujourd’hui à prolonger l’anse artificielle plus en avant dans les terres, jusqu’à retrouver peut-être un jour le port antique, remis en eau au pied de la ville.