Fréjus, un patrimoine à découvrir > La ville au cours du temps - Visiter le patrimoine - Visites guidées

Une histoire dans le bassin de l'Argens, entre Mer, Maures et Estérel


haut de page

La Région

Avec sa forte saillie entre le golfe de Gênes et le golfe du Lion, la côte de Provence, longue de deux cent cinquante kilomètres, s’offrit, dès l’Antiquité, aux escales des itinéraires maritimes. La Provence intérieure est cloisonnée par un relief marqué. Fréjus, entre Maures et Estérel, appartient à la Provence cristalline.

Le littoral offre des plages, rarement importantes, intercalées dans une côte souvent rocheuse, difficilement abordable où s’ouvrent des baies comme celle de Fréjus/Saint-Raphaël. Vers Saint-Tropez la circulation se faisait par la bande littorale très réduite adossée au massif des Maures.

L’arrière-pays montagneux est parcouru par des cours d’eau plus ou moins importants qui déterminent des bassins s’ouvrant largement sur la mer.


haut de page

Fréjus et ses alentours

Fréjus et son port se sont développés au débouché de l’Argens en bordure de la dépression permienne. Cette dernière est un axe de pénétration naturel à partir de Fréjus vers le Rhône et l’Espagne, via le bassin de l’Arc et Aix-en-Provence.

La ville est installée sur un promontoire de grès qui se détache des derniers coteaux de l’Estérel, face aux Maures et au débouché de la riche plaine agricole formée par la dépression permienne. Cet amas rocheux domine les vallées du Reyran et de l’Argens d’une dizaine de mètres.

Les Maures à l’ouest dressent leur masse aux pentes souvent abruptes de laquelle se détache le massif de Roquebrune. Au pied des Maures, la côte laisse à peine le passage vers le golfe de Saint-Tropez. A l’est, l’Estérel forme un versant important qui se termine doucement, avec un relief modelé par de nombreux ruisseaux ou torrents, au débit irrégulier et occasionnellement très important, qui peuvent donc rapidement entrer en crue. Là aussi, le littoral laisse un espace étroit pour rallier l’estuaire du Var, vers Cannes.

L’Argens est un fleuve qui prend sa source plus au nord, dans les reliefs calcaires et entaille en gorges le pied des Maures pour traverser le pays de la Provence verte, jusqu’au Muy puis il s’élargit pour enfin former la basse vallée de l’Argens, entre Maures et Estérel, qui constitue un cadre naturel homogène. A l’époque romaine le comblement de la ria (rivière) d’origine, creusée par l’Argens, n’est pas encore abouti. Le littoral dessinait alors un golfe assez profond, avec comme limite à l’est, la butte rocheuse de la ville, au pied de laquelle se trouvait une lagune ouverte sur la mer. C’est dans cette lagune que fut aménagé le port romain. Aujourd’hui comblé, il était bien protégé et rendu accessible par un canal à partir de la côte. La pointe de Saint-Raphaël ferme la baie à l’est, elle est prolongée par les îlots du Lion. Sur le plus important d’entre eux se voient encore les vestiges d’un phare d’époque romaine qui aurait indiqué l’entrée du port.

haut de page

Antiquité: Forum Iulii, fondation militaire et ville portuaire

Même si le nom de la ville antique, Forum Iulii ou Julii (« le marché de Jules »), fait implicitement référence à Jules César, actuellement aucune découverte ne permet précisément de dater sa fondation de l’époque où Jules César traversa la Gaule Transalpine pour aller assiéger Marseille, en 49 av JC. Néanmoins Forum Iulii est mentionnée dès 43 av JC, dans la correspondance de Cicéron au sujet de la deuxième guerre civile opposant Octave à Antoine et Lépide. L’agglomération devait alors être suffisamment importante pour retenir l’attention de ce dernier.

Agglomération de la province de Transalpine, Forum Iulii devient, sous le règne d’Auguste (27av JC-14ap JC), progressivement devenir un centre stratégique, politique et économique de la nouvelle province de Narbonnaise.

Parmi les événements qui vont permettre à Forum Iulii de devenir chef-lieu de cité romaine,  le plus déterminant est la victoire d’Octave, futur empereur Auguste, lors de la bataille d’Actium, en 31 av JC, sur Antoine et Cléopâtre dont la flotte de guerre est rapatriée vers 29 av JC, dans les eaux du port de Forum Iulii. Elle va engendrer le développement des échanges commerciaux, notamment maritimes. Le port devient ainsi le garant de la prospérité de la cité et ne perdra qu’au IIIème siècle sa vocation militaire première qu’il partageait avec ceux de Misène et Ravenne, devenant alors essentiellement port de commerce.




haut de page

Antiquité tardive - moyen-âge: La ville épiscopale.



C’est en 374 après Jésus-Christ qu’apparait la première mention d’un évêque à Fréjus, ce qui suppose l’existence d’une communauté chrétienne constituée, dont témoignage le baptistère, daté du Ve siècle de notre ère.
Comme dans toute la Provence, la période allant du Vlle au Xe siècle n’est documentée ni par les textes, ni par l’archéologie: il est alors difficile d’évoquer la vie quotidienne.

L’aspect de l’agglomération, resserrée autour du noyau constitué par le groupe épiscopal, est déterminée dès le Xlle siècle par la construction d’un nouveau rempart. Les siècles passent à Fréjus, scandés par la personnalité plus ou moins forte de ses évêques, dont l’un, Jacques Dueze, deviendra pape en 1316, sous le nom de Jean XXll.


haut de page

Renaissance - premier Empire: Trouble et fin d'un port

A la fin du moyen-âge, la ville prend la forme d’une grosse bourgade de province, dont le développement, lié aux foires et au marché du blé, nécessite, au XVIe siècle, la construction d’une troisième enceinte englobant les nouveaux quartiers .
L’ancien port romain, connu à cette époque sous le nom de L’Etang, fonctionne toujours sur une surface beaucoup plus réduite.

Le XVIIème siècle s’ouvre alors sur une période d’insécurité. Le système défensif de la ville est renforcé mais le pillage régulier de la côte par des pirates empêche les échanges commerciaux maritimes. A cela s’ajoute la présence quasi permanente de garnisons royales dont l’entretien pèse sur les revenus de la ville. L’économie régresse  lentement, ce qui se répercute sur la démographie de la commune.  Des problèmes sanitaires apparaissent, dus à la stagnation de l’eau des puits. Deux fontaines sont alors construites, au quartier Saint-François et à la porte Saint-Joseph, pour améliorer la qualité de l’eau, mais les sècheresses  empêchent leur fonctionnement. Une grande partie de Fréjus est par conséquent réduite à l’abandon, la population passant approximativement  de 6000 habitants au début du XVIIème siècle à quelques 3000 habitants moins d’un siècle plus tard. En revanche, les institutions municipales et seigneuriales se stabilisent durant cette période, avec l’installation au début du XVIIème siècle de Barthélemy Camelin au siège épiscopal et d’un gouverneur de ville veillant à la bonne entente mutuelle des habitants et à leur obéissance au roi.

Au XVIIIème siècle, les guerres de Succession d’Espagne (1701-1714) puis d’Autriche (1740-1748) n’épargnent pas la ville qui doit continuer de loger les troupes de passage, parfois même ennemies, afin d’éviter les pillages. Il faut attendre la seconde moitié du XVIIIème siècle pour que la commune parvienne à s’acquitter de ses dettes relancées par la guerre, et puisse à nouveau entreprendre de grands projets. Elle cherche à améliorer le quotidien des fréjusiens en rendant la ville plus saine et harmonieuse. En 1782, la ville décide de combler son vieux port par la dérivation du Reyran car l’eau stagnante est source de maladies. L’exécution des travaux fut décevante et aggrava momentanément la situation. Le comblement du port ne devait être achevé qu’au début du XIXème siècle.

Les ruptures et les grands changements de la Révolution et de l’époque napoléonienne, de 1789 jusqu’au premier quart du XIXème siècle, ont peu affecté la vie fréjusienne. A l’inverse, c’est un fréjusien qui s’impliquera fortement dans ce tournant de l’histoire de France : L’abbé Siéyès, surtout connu pour sa publication : « Qu’est ce que le Tiers Etat ? ». Même si la ville est peu marquée par la période de l’Empire, elle apparaît comme une boucle dans le parcours de Napoléon. En effet, Fréjus représente à la fois le point de départ de l’ascension de Napoléon, lorsqu’il y débarque à son retour d’Egypte en 1799 ainsi que le début de son déclin, quand il y repasse déchu en 1814, avant d’embarquer pour l’île d’Elbe.






haut de page

La ville contemporaine: Transformations et réouverture sur la mer



Le XlXe siècle voit l’apparition d’une industrie axée sur la production de briques et de tuiles, l’exploitation de mines de charbon et celle du liège des massifs des Maures et de l’Estérel. Tout en gardant ses activités agricoles, Fréjus perd sa vocation maritime avec le comblement définitif du port. L’installation des troupes coloniales sur la commune, au début de notre siècle, dote la cité de monuments originaux, tels la pagode Hong Hien et la mosquée Missiri de D, de style soudanais.

Le 2 décembre 1959, la rupture du barrage de Malpasset, dans la vallée du Reyran, marquera toute une génération par l’ampleur du bilan en pertes humaines ; il en a résulté une transformation du paysage et de l’économie dont les effets se sont longtemps fait sentir. Les terres à blé de la vallée de l’Argens et les champs de pêchers de la vallée du Reyran sont remplacés par l’horticulture. Le tourisme balnéaire prend son essor.

Fréjus peut s’enorgueillir de posséder sur son territoire, au quartier de La Tour de Mare, une chapelle conçue par Jean Cocteau : la Chapelle Notre-Dame-de-Jérusalem.

Enfin, au début des années 80, un projet urbanistique s’impose, ce sera "Port-Fréjus". et la ville retrouve alors sa vocation maritime d’antan.



Site mis en œuvre par la ville de Fréjus
© Mairie de Fréjus
Le plan de la ville
les publications