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174, Avenue du Théâtre Romain (Les Claus 2) Quartier des Claus (Fréjus, Var)

Age du Bronze/Epoque Romaine

Diagnostic archéologique

Titulaire : Pierre Excoffon

Auteurs notice : Pierre Excoffon (Archéologue, service du Patrimoine Ville de Fréjus)

En préalable à la construction d’une maison individuelle dans le quartier du théâtre romain de Fréjus, un diagnostic archéologique a été réalisé par le service du Patrimoine de la Ville de Fréjus (fig. 1). Celui-ci a permis de mettre en évidence trois phases d’occupation.

La plus ancienne (phase I), remontant à la protohistoire, a révélé la trace d’une occupation proche remontant à l’âge du Bronze. C’est la découverte de 73 tessons peu érodés de céramique modelée, dont deux bords d’urne et d’écuelle à gros dégraissants qui a permis de mettre en évidence cette occupation. Toutefois, la surface très réduite du dégagement a empêché de découvrir des structures associées, ni même de sol défini. Il s’agit, pour ce quartier de Fréjus, de la première attestation claire d’une occupation protohistorique. Jusqu’à présent, seuls quelques rares vestiges et quelques tessons découverts sur la butte Saint‑Antoine, permettaient de  témoigner d’une occupation  protohistorique à l’emplacement de la ville antique.

La deuxième phase correspond à l’organisation urbaine de la colonie de Fréjus dans le courant de la première moitié du I er s. ap. J.-C. Au moment de l’installation des colons, la zone du théâtre est simplement marquée par une butte de marne du pliocène, recouverte d’un apport limoneux brun. La morphologie et la topographie de la zone vont alors être profondément transformées. La zone étudiée présente essentiellement des aménagements urbains : le decumanus maximus (A), un portique (B) et une esplanade surélevée (C) (fig. 2). Dans ce secteur de la ville, le decumanus suit exactement l’orientation du réseau B de la ville, soit NL 38,5° ouest. La partie mise au jour se situe
à l’extrémité nord-est de la rue, à seulement quelques mètres de la porte de Rome.

Le niveau de circulation n’a été perçu que sur une fenêtre de moins d’un mètre carré, mais de dimensions suffisantes pour y réaliser un sondage. Le revêtement est constitué par le compactage d’une couche argilo limoneuse brune comprenant de très nombreux éclats de calcaire constituant également la surface de roulement. Celle-ci apparaît alors très compacte. Sous cette couche se trouvait un remblai plus épais (env. 50 cm) à dominante argilo‑limoneuse, de teinte plus claire et comprenant de nombreux cailloux. Dans ce niveau ont également été découverts de nombreux tessons de céramique. L’ensemble repose sur un niveau de sable grossier d’une dizaine de centimètres, recouvrant le substrat d’argile jaune.

La voie est bordée au nord par un portique qui a été dégagé sur toute sa largeur et sur une longueur de plus d’1,50 m. La largeur du portique, trottoir compris depuis le nu du mur, mesure 4,44 m, il en va de même pour tous les autres portiques connus à Fréjus.

Au nord, la bordure du trottoir est faite de gros blocs de grés gris/brun assemblés à joints vifs. Huit ont été dégagés sur une longueur de 8,50 m. Les dalles ont été mises en place sur une fondation légèrement plus étroite, composée de six assises, les trois dernières étant particulièrement soignées.

Le trottoir fait aussi fonction de stylobate pour les piliers du portique, dont les bases d’encrage de trois d’entre eux ont été observées. Il s’agit d’une encoche carrée de 47x32 cm démaigrie à la surface des blocs. Ainsi on peut restituer des piliers carrés de la même dimension. Ces traces permettent de restituer un entraxe de 3,30/3,40 m. Ailleurs à Fréjus, elles mesurent généralement 4,45 m environ (Rivet et al. 2000, 369). Les piliers étaient donc ici plus resserrés qu’ailleurs.

Le sol du portique est constitué de terre battue compactée. La couverture a été retrouvée effondrée sur le sol et de nombreuses tegulae et imbrices ont été découvertes en connexion, témoignant d’un effondrement brutal de l’ensemble de la structure. La toiture prenait appui au nord sur le mur (MR1006). Il s’agit d’un mur en petit appareil de 1,15 m de large, servant de soutènement à une terrasse située à près de 1,50 m au dessus du sol du portique. Celle-ci est constituée de remblais rapportés après l’édification du mur. Il s’agit d’éléments divers, notamment des amas d’argile jaune issue des phases de creusement et de modélisation de la butte originelle. Elle est limitée au sud par le mur de soutènement MR1006 localisé sur 17,64 m de longueur, et à l’est par le mur MR1010. L’orientation de ce dernier permet de restituer son contact avec le mur MR1006, toujours selon l’orientation du réseau B. Sur la terrasse, aucune construction n’a été mise en évidence sur la surface sondée.

Le mobilier découvert pour l’essentiel dans les niveaux de construction de la voie remonte au premier tiers du Ier s. ap. J.-C.


Après l’abandon du quartier (phase III), une sépulture est installée dans les niveaux de destruction du portique.

Bibliographie :

Rivet et al. 2000 : RIVET (L.), BRENTCHALOFF (D.) (coll.), ROUCOLE (S.) (coll.), SAULNIER (S.) (coll.). Fréjus, Atlas topographique des villes de Gaule méridionale, 2, Supplément 32 à la Revue Archéologique de Narbonnaise, 2000, 509 p.


Légendes :

Fig. 1 : Localisation des tranchées de diagnostic entre le théâtre romain et la Porte de Rome (fond Rivet et al. 2000).

Fig. 2 : Plan et topographie des découvertes (relevé Sylvestre Roucole.)



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