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Les chemins de Valescure, du 09/10/2007 au 20/11/2007

Epoque Romaine

Diagnostic archéologique

K.Y. Cotto (Conservateur, Service du patrimoine Ville de Fréjus)

En 2007 la Société d’Economie Mixte Fréjus Aménagement projetant la construction d’une vaste zone de logement au  lieu-dit Chemins de Valescure a saisi la DRAC d’une demande anticipée de réalisation de diagnostic.

Celui-ci a porté sur une surface d’environ trois hectares. Seule la partie sud s’est révélée positive, permettant la mise au jour d’une vaste zone archéologique d’environ 7000 m² organisée en trois bandes orientées Ouest-Est.

Au sud les sondages ont rencontré une très grande structure construite en petit appareil de type opus vittatum. Elle semble traverser la parcelle sur toute sa largeur et se poursuivait sans doute sous l’actuelle avenue André Léotard. De larges portes (de 1,91 m. à 2,20m.) percent son long mur septentrional et ouvrent sur un espace empierré qui correspond certainement à une voie ou à une sorte d’esplanade. Des murs de refend ont été suivis sur près de sept mètres, tandis que des élargissements semblant correspondre à des piliers engagés ont été remarqués. Aucun sol construit n’a été rencontré : seule une couche argileuse mêlée à du matériel extrêmement roulé témoigne des niveaux d’occupation correspondants

Le rapprochement est tentant avec le site voisin de Valescure 1, distant d’environ deux cents mètres, organisé de part et d’autre d’une voie de plus petites dimensions que les fouilleurs interprètent comme un diverticule d’un axe routier plus imposant. Un grand hangar au sud traversait lui aussi toute la parcelle suivant une orientation similaire au « grand bâtiment » des chemins de Valescure (107° E/NL). La limite nord de la zone caillouteuse semble s’aligner sur le mur sud du hangar de Valescure 1, ce qui suggère de faire correspondre cette étendue avec une voie dont la largeur (12 mètres) indique l’importance. En tout état de cause l’orientation concordante de ces deux sites met en évidence l’existence dans ce secteur d’un axe structurant antique. Celui-ci, repéré donc sur plus de deux cents mètres, donne une nouvelle vigueur aux études paysagères, confirmant une partie des observations de C.Gébara/G.Chouquer ( la réalité de FREJUS A) et en infirmant d’autres (la présence dans ce secteur d’un réseau dit FREJUS C).

Les observations faites dans les coupes et la réalisation de deux carottes permettent d’ores et déjàde formuler quelques hypothèses sur le contexte environnemental du site. L’occupation antique est en fait interstratifiée entre deux séquences d’ensablement correspondant vraisemblablement à deux phases d’alluvionnement. La proximité du Valescure n’est sans doute pas étrangère à cette dynamique et, si l’origine de ces séquences se trouvait confirmée, la présence de vestiges témoignerait d’une phase de stabilisation du milieu. Le mobilier archéologique, toujours très roulé, se situe dans une fourchette allant de la fin du Ier av. J-C  à la fin du Ier ap.J.-C voire au début du IInd.

Légende :

Fig. 1 : Relevé topographique des sites de Valescure: Valescure 1 et chemins de Valescure (K.Y.Cotto, L.Riaudel).

Fig. 2 : Espace empierré de la zone sud (Ville de Fréjus, service du patrimoine).

Immédiatement au nord et au contact du ressaut de fondation du long mur s’étend une zone caillouteuse sur une largeur de près de douze mètres. A la base de cette couche une tegula posée à plat a été repérée. Compacte et ayant elle aussi livré du mobilier très roulé, elle est indiscutablement d’origine anthropique. Elle dessine en plan une bande orientée Ouest-Est, parallèle au bâtiment méridional.

Plus au nord enfin s’étendent sur une vaste surface plusieurs structures d’apparence légère, construite en matériaux de récupération. Aucun indice tangible permettant d’identifier la fonction originelle de ces bâtiments n’a cependant été mis au jour.



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