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| Archéologie > Les fouilles au jour le jour > Fouilles préventives |
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| "Villa romana" Villeneuve |
Epoque Romaine/Epoque Moderne
Fouille archéologique
Titulaire : Pierre Excoffon
Auteur notice : Pierre Excoffon (Archéologue, Service du Patrimoine Ville de Fréjus)
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De novembre 2005 à mars 2007, le service du Patrimoine de la Ville de Fréjus a réalisé une fouille archéologique préventive au préalable d’une construction immobilière, sur le terrain jouxtant au sud-est les bâtiments thermaux romains de Villeneuve, classés Monument Historique.
Les fouilles, qui ont porté sur 4000 m2, ont montré un espace progressivement gagné sur la mer et consacré jusqu’à nos jours, essentiellement à des activités agricoles.
Le mur romain faisant limite au nord de la fouille, se raccorde directement au complexe thermal.
Six phases ont été mises en évidence, la première correspond aux niveaux immédiatement antérieurs aux premières traces d’occupation en milieu hors d’eau et à la constitution d’une plage émergée. Quelques aménagements ont été découverts : un alignement de piquets en chêne et un amas de gros blocs. à cette époque, que l’on situe au milieu du Ier s. av. J.-C., le rivage est à situer à l’emplacement de la fouille.
Après cette phase, où l’action humaine n’a laissé que peu de traces, l’ensemble du site est alors constitué par un haut de plage émergée, la phase II. Sur celui-ci sont construits plusieurs longs murs d’orientation est/ouest marquant les limites d’un espace voué à des plantations, situé dans le tiers nord du chantier. L’ensemble couvre une superficie de 1400 m² et ne constitue qu’une partie d’un ensemble plus vaste. Il se matérialise par la présence d’une cinquantaine de fosses circulaires creusées dans le sable, et d’un puits pourvu de marches (fig. 1). Au moins six fosses contenaient des demi-amphores remployées comme vases horticoles, perforés ou fendus à la base pour éviter la stagnation de l’eau. Une conduite en terre cuite est également aménagée. Chronologiquement, cette phase se situe entre la fin du Ier s. av. J.‑C. et le milieu du Ier s. ap. J.-C. On peut supposer que ce jardin était en relation avec un bâtiment situé plus au nord, antérieur aux thermes.
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La phase III correspond à une transformation importante des lieux et à la construction des thermes voisins. Deux murs sont entièrement épierrés et récupérés, et un long mur est construit. Celui-ci pouvait séparer au nord l’extension ouverte des thermes (palestre, campus…), d’une zone au sud où se trouvaient encore quelques plantations. Cette phase est à situer dans la deuxième moitié du Ier s. ap. J.‑C. Durant cette même phase, un puits rectangulaire est creusé au centre de la zone et pourrait correspondre à une noria (fig. 2). Celui-ci est fait d’un cuvelage issu de la récupération d’une coque de navire. C’est également durant cette phase, qu’est édifié un passage maçonné, découvert au sud du terrain et dont l’extrémité sud avait été découverte deux ans auparavant sur la parcelle voisine par une équipe de l’Inrap. La fin de cette phase est à situer vers la fin du IIe s. ap. J.-C.
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La phase IVA se caractérise par l’aménagement d’une bande de terrain cultivée dans la partie sud sur 11,5 m de large et 93 de long, creusée dans le sable (fig. 3). Deux murs de soutènement sont alors édifiés pour retenir les levers de sable au sud et au nord. Une tranchée est/ouest rectiligne, sur laquelle plusieurs creusements perpendiculaires viennent se connecter, est aménagée. Situés bien en dessous de la nappe phréatique actuelle, ces niveaux ont conservé de nombreux restes organiques : sarments de vignes, branches, noyaux, graines… Les études carpologique, anthracologique et palynologique montrent une culture diversifiée mêlant viticulture, arboriculture et culture potagère. Un bassin dont les parois étaient coffrées avec des bois de récupération, parmi lesquels les morceaux d’un bateau, a aussi été fouillé. L’activité essentielle de cette phase se situe dans le courant du IIIe siècle et une partie du VIe.
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Par la suite, phase IVB, une reprise de l’activité agricole parait s’opérer lors du Ve siècle, où plusieurs fosses de plantation sont creusées.
S’en suit une longue période d’abandon jusqu’à la fin du Moyen-Age. La reprise d’une occupation, phase V, se situe à la fin du XVe siècle. Elle est marquée par la récupération des murs antiques, le creusement de deux puits sur sablières en bois et la remise en culture de l’ensemble de la parcelle. Peu après, deux larges fossés repérés sur toute la longueur du site, sont creusés. La ferme située à l’emplacement des bâtiments thermaux est construite à la fin du XVIIe siècle. Enfin, durant le XIXe et surtout le XXe siècle la zone est à nouveau consacrée à l’agriculture.
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Légendes :
Fig. 1 : Alignements de fosses de plantation
(Ville de Fréjus/©Altivue)
Fig. 2 : Puits rectangulaire avec cuvelage en bois
(P. Excoffon)
Fig. 3 : Lanière mise en culture avec fossés et fosses
(P. Excoffon)
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