61e anniversaire de la catastrophe de Malpasset : mémoire et avenir…

02 décembre 2020

« Il nous faut être vigilants et prudents sur le fait que les plus jeunes soient la relève. » C’est par ces quelques mots que Michèle Guillermin, survivante de la catastrophe du 2 décembre 1959, qui mène aujourd’hui les destinées de l’ACC Malpasset (Association du cinquantenaire de la catastrophe de Malpasset, créée il y a dix ans maintenant), a conclu son discours, en son nom et celui de Simone Mercier, Yvon Allamand, Daniel Castelly et d’autres rescapés de ce drame.

“Peu de monde, mais toujours le même et le plus profond recueillement", souligne le maire David Rachline

Ce mercredi 2 décembre 1959, à 21h13 très exactement, voilà en effet tout juste 61 ans, le barrage de Malpasset cédait face à la force des eaux accumulées en son amont, laissant déferler sur la vallée du Reyran et la ville de Fréjus une vague gigantesque qui allait tout emporter sur son passage.

La même douleur,
la même émotion,
le même recueillement…

Laissant derrière elle paysages dévastés, familles endeuillées et 423 victimes dont 135 enfants. Chaque année, le 2 décembre, Fréjus retient son souffle, ferme les yeux et remonte des années en arrière, pensant et repensant à ces victimes, à leurs survivants. Plus de 60 ans après, la même douleur, la même émotion… Et surtout cette envie, ce besoin que soit perpétué ce souvenir, aussi pénible soit-il.

Pour Michèle Guillermin, la même douleur, le même souvenir... à faire partager et connaître à tous

Après avoir ouvert son hommage en citant d’autres victimes d’une autre catastrophe, beaucoup plus récente, dans les vallées de la Roya et la Vésubie, qui s’est répercutée tel un écho pour les rescapés de Malpasset, Michèle Guillermin regretta bien évidemment l’absence, non seulement de public, de forces militaires et de secours, mais aussi et surtout des enfants. Des élèves des écoles de Fréjus qui, chaque année, assurent par leur présence le passage de témoins pour que le Fréjus de demain jamais n’oublie ce drame, que « l’on porte tous ensemble l’histoire de cette catastrophe ».

David Rachline dépose une gerbe en mémoire des 423 victimes de la plus terrible catastrophe civile qui ait eu lieu dans notre pays

Succédant à l’ancienne élue municipale, le maire David Rachline rappelait les célébrations, « avec beaucoup de solennité, des 60 ans de la rupture du barrage de Malpasset ».
Aussi réjoui qu’à « l’époque, nous puissions être nombreux à commémorer cet anniversaire particulier »., que déçu que, « ce matin, 61 ans après ce funeste 2 décembre 1959, nous nous réunissions en petit comité ».

Destins “heureux“,
destins tragiques…

Mais « toujours dans le même et le plus profond recueillement ». Chaque année, « je me rends compte à quel point “Malpasset“ a marqué les esprits (…) même au-delà des frontières du département : souvent je rencontre des Français de tous horizons qui témoignent auprès de moi du retentissement que cette catastrophe a eu sur leur vie ».

Et David Rachline d’évoquer un destin personnel, celui de Michèle Maillard. Un destin au hasard, parmi tant d’autres, celui d’une jeune fille (24 ans) native de Bourgogne, arrivée à Fréjus la veille le 1er décembre 1959 pour rendre visite à sa sœur. Qui ne dût sa survie qu’à l’intervention d’un autre natif de Côte d’Or, Daniel Marozet, voisin de Mme Maillard, qui effectuait son service militaire au camp Lecocq et participa au sauvetage et au secours des sinistrés…

« Que vive le souvenir de Malpasset !
Que vive Fréjus ! »

Il est des destins qui se rejoignent et connaissent finalement un dénouement “heureux“. Il en est d’autres qui sont plus tragiques. « Ici, 61 ans après, nous sommes les héritiers, les fils, les filles, les petits-enfants des Fréjusiens et autres Français durement touchés par cette catastrophe civile… » Qui reste d’ailleurs à ce jour – et heureusement quelque part – la plus importante, en termes de victimes, qu’ait jamais connue notre pays.

 

Avant les traditionnels dépôts de gerbe, la sonnerie aux morts, avant que ne soient entonnées les premières paroles de l’hymne national, le maire conclura son discours par ces mots : « Que vive le souvenir de Malpasset dans nos cœurs et dans nos mémoires. Que vive Fréjus ». Un appel, une imploration, qui vient en écho à cette phrase du Général de Gaulle, lors de sa visite dans notre ville dévastée, « que Fréjus renaisse ! »

Retrouvez ici les photos de la commémoration

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