Boxe : le Covid-19 ne mettra pas Tamba KO !

13 avril 2020

Il a beau être puissant, incontrôlable autant qu’incontrôlé, le Covid-19 ne mettra pas pour autant KO le boxeur fréjusien, Gustave “Marvelous“ Tamba. Et s'il laisse la vidéo du jour aux éducatrices de la ville de Fréjus (à regarder ici), le protégé de l'entraîneur Yannick Paget nous donne quelques nouvelles...

Le double champion de France a certes vu annulé le combat qu’il devait disputer le 11 avril à Paris. Et puis, pour Tamba, il devait y avoir la (seconde) défense de sa ceinture hexagonale, le 16 mai à Lorient contre le local Mikaïl Vidalic.

Gustave Tamba et son coach n'ont guère goûté les atermoiements de Mattiouze Royer, engagé dans un combat face au Fréjusien avant de déclarer forfait par deux fois !

Les atermoiements de Royer
pénalisent Tamba

Ce premier titre de champion de France, Gus’ “Marvelous“ Tamba l’avait remporté le 9 mars 2019 à Grande-Synthe devant Ismailov (KO après 1’10 de combat), puis conservé huit mois plus tard (16 novembre) devant Steven Crambert au Palais des sports Marcel-Cerdan de Levallois-Perret et à l’unanimité des trois juges. Lors de ce qui reste pour l’instant son dernier combat en date du boxeur d’origine sénégalaise.

En réalité, Mickaël Diallo était à l’origine le challenger officiel de Tamba. Mais le combat ne s’est finalement pas monter. Louis Toutin aurait pu encore être ce challenger, mais il n’était pas licencié. Finalement, un adversaire, le Bayonnais Mattiouze Royer, avait été désigné pour affronter Tamba en championnat de France en juin dernier.
Las, pour la seconde fois de sa carrière avant d’affronter Tamba, le boxeur basque jetait l’éponge à quelques minutes ou quelques jours du combat.

Et si l’on vous (re)parle aujourd’hui de Mattiouze Royer, c’est que ce dernier a combattu en décembre dernier face au Lorientais, Mikaïl Vidalic, pour le compte de la finale de la Ligue super-moyens (76 kg). Et avec pour enjeu à l’issue de ce combat de se présenter en challenger pour disputer la finale du championnat de France de la catégorie face à… Gus’ Tamba.
Alors, on n’ira pas jusqu’à croire que Royer a cédé devant Vidalic (sa 8e défaite par KO, et dès la 1ère reprise), ne voulant pas se retrouver à nouveau face à Tamba ! Mais bon, à la lecture de son palmarès (39 défaites en 64 combats pros), le Basque ne semblait pas véritablement de taille à prétendre challenger un double champion de France !

Double champion de France en titre en catégorie super-moyens, Gus' Tamba devait (devrait)affronter le Lorientais Mikaïl Vidalic pour une seconde défense de sa couronne nationale (© DR Télégramme de Brest)

C’est donc Vidalic, deux ans plus jeune que Tamba, qui accueillera le Fréjusien le 15 mai prochain dans son Palais des sports lorientais de Kervaric. Enfin, qui devait accueillir. Car c’est une nouvelle fois un report qui risque de se présenter à Gus’ “Marvelous“ Tamba.

Pour l’élève de Yannick Paget en tout cas, « même si le confinement s’arrêtait et que je sois en possibilité de reprendre l’entraînement normalement assez vite, je ne pourrais être prêt pour prétendre disputer un championnat de France à la mi-mai ! Encore une fois, je me maintiens en condition au dépôt où je bosse, mais la mise de gants pour un combat demeure le facteur le plus important ! Là, je fais du sac, ce n’est pas de la boxe. Je ne peux même pas disposer de sparring-partner… »

Tamba et ses collègues ont eu beau faire avec les moyens du bord pour créer une “salle d'entraînement en plein air“, “Marvelous“ aimerait remonter sur le ring et mettre les gants : “c'est ça la boxe !“

Un frein dans sa trajectoire

Car oui, Gus’ s’entraîne. Enfin, comme il le dit, il se maintient en condition. Gustave Tamba ne vit pas de la boxe, il bosse comme conducteur d’engins dans l’entreprise raphaëloise (Mered et Fils) d’assainissement, de goudronnage, de terrassement et d’aménagements extérieurs, que « je souhaite d’ailleurs tout particulièrement saluer », remercie Tamba. À l’autre dépôt de l’entreprise, à Puget, où il travaille, Gus’ a aménagé avec les collègues une mini-salle d’entraînement, avec deux sacs, deux barres…

« Yannick m’a indiqué ce que je devais faire et que je fais en général. Mais encore une fois, je ne peux pas tout travailler et le climat est différent de la salle. Il y a moins d’émulation, pas d’adversaire pour taper… »

Même la suite de la saison – « un nouveau gala aux Arènes était prévu cet été, et un autre combat encore ensuite, mais tout cela est en suspens aujourd’hui » – apparaît tout autant en pointillés. Une saison presque blanche qui n’enchante pas spécialement le boxeur amséliste, qui fêtera ses 29 ans le 4 juillet. « Tout cela me ralentit, ralentit ma progression. Cela freine le fil de carrière que l’on avait tracé avec Yannick et cette envie d’aller tâter du niveau européen. »

Gus' Tamba travaille depuis de longues années avec Yannick Paget, mais s'il sait ce que son coach attend de lui, le double champion de France en titre a hâte de retrouver la salle Pierre-Argenti et un entraînement normal

Un frein dans sa trajectoire

D’autant qu’avec l’acquisition de son premier titre national, Gus’ était vraiment « en pente ascendante (…) il a beaucoup progressé, physiquement, tactiquement », se réjouissait voici encore quelques semaines Yannick Paget. Avec, même, en point d’orgue un destin qui l’attendait peut-être du côté du Pays du Soleil levant…

Pour l’heure, c’est dans le cadre un peu champêtre du dépôt pugétois que continue de s’entrainer assidûment Gus’ “Marvelous“ Tamba. Mais une fois que le Coronavirus aura été mis KO ? les adversaires du boxeur fréjusien n’ont qu’à bien se tenir…

Et un grand merci à Gus' Tamba pour ces visuels de l'entraînement à l'entrepôt de Puget

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