Centre Loisirs Jeunesse : une expérience inédite mais concluante !

16 novembre 2020

On a l’habitude d’évoquer le Centre Loisirs Jeunesse (CLJ) en période estivale. À terme peut-être en parlera-t-on également lors de chaque période de (petites) vacances scolaires ?
La structure initiée et menée par le Commissariat de police de Fréjus-Saint-Raphaël a ainsi mené une expérience lors des dernières vacances de la Toussaint, plus exactement à l’occasion de la seconde semaine.

« C’est la première fois que nous mettons effectivement en place une animation hors saison d’été, confie Olivier Soler, directeur-coordinateur des deux centres, celui de Fréjus et son homologue de Saint-Raphaël. Et c’est une expérience inédite et le bilan que nous aurons à présenter au terme de celle-ci s’avère positif, c’est indéniable. »

À destination des jeunes de 12 à 18 ans
issus de quartiers prioritaires

Mais sans doute n’est-il pas inutile de rappeler ce qu’est le Centre Loisirs Jeunesse ?... Le CLJ est une structure d’accueil pour les jeunes âgés de 12 à 18 ans, gérée par la Police nationale et destinée à proposer des activités de tous ordres à ce public durant les vacances d’été.
Dans le but d’éviter l’oisiveté de ces jeunes issus de quartiers prioritaires et de leur faire découvrir tout un panel d’activités qu’ils n’auraient peut-être pas eu la chance d’aborder par ailleurs.

Le CLJ, agréé par le ministère de la Jeunesse et des Sports s’inscrit dans le cadre de la prévention de la délinquance.

Exercice sur le radar embarqué et les moyens de contrôle de vitesse dont disposent les forces de police

Et pour la première fois cette année donc, le CLJ a ouvert ses portes durant la seconde semaine des récentes vacances de la Toussaint.

« Cela nous permet de retrouver des jeunes que nous suivons également en période estivale, de poursuivre les échanges sans attendre une année complète, c’est hyper intéressant et bénéfique pour tout le monde », raconte Olivier Soler. De plus, les candidats étant moins nombreux, « nous avons pu favoriser une certaine mixité avec des jeunes en provenance de différents quartiers ».

Retrouver des jeunes,
poursuivre les échanges

Ainsi, hors les ACM (Accueils collectifs de mineurs), au nombre d’une quinzaine, sont venus s’ajouter lors de cette expérience des jeunes du centre social de l’Agachon ou encore de l’APS (Association de prévention spécialisée) de la Gabelle. Pour, au final, « comptabiliser une trentaine de jeunes venus tout au long de cette semaine ».

Les jeunes ont “goûté“ à la sensation d'avoir les bras dans le dos, menottés...

Avec au programme, comme en été, un programme d’activités et d’animations aussi variées les unes que les autres. Entre visites de musées – « où l’on s’aperçoit que l’impression que les jeunes ne semblent pas véritablement s’intéresser est en fait faussée, car ils se montrent réellement attentifs et retiennent ce qu’on leur enseigne… même s’ils ne le montrent donc pas » –, et pratiques sportives telles que le golf, le rugby, la course d’orientation, escalade, rando).

Favoriser la mixité entre les quartiers

Autre moment intense, la découverte, cet après-midi-là, des institutions et, plus spécifiquement, des métiers de la police. « Des collègues motards de la brigade FMU (formation motocycliste urbaine) sont par exemple venus discuter et présenter les moyens de contrôle de vitesse, entre radar embarqué et jumelles » – les jeunes présents ce jour-là prenant un véritable plaisir à saisir les jumelles et contrôler la vitesse… de course de leurs camarades… –, « un autre, Thierry Gayffier, moniteur de tir et formateur technique sécurité en intervention, effectuant démonstrations usuelles d’interpellation », telles que le menottage d’un individu – là encore, les jeunes ont compris ce que voulait dire forces de police et sensation bizarre de se retrouver les mains attachées dans le dos…

Gentil le chien...

La Police municipale de Fréjus, et plus particulièrement la brigade cynophile, a également apporté sa contribution et effectué elle aussi des démonstrations de contrôle d’un individu par un chien. Démonstrations là encore particulièrement parlantes et impressionnantes lorsque des colosses viennent vous attraper le bras…

Des démonstrations des pratiques
de la police qui intéressent

Petit à petit, les jeunes se prennent au jeu et finissent par s’ouvrir, s’intéresser, poser des questions…

 

La plus belle récompense pour Olivier Soler et les animateurs ? « Quand on voit des gamins qui s’intéressent et deviennent animateurs, et que nous embauchons… » Des jeunes sortis parfois de conditions sociales difficiles et précaires et qui trouvent là une belle porte d’entrée vers un avenir serein… Mais pas seulement, car « il est tout aussi intéressant pour nous de participer à sortir de leur mutisme des jeunes parfois issus de foyers qui, tout simplement, sont en manque d’échanges et vont traduire leur désarroi et leur manque de confiance par la violence »

On voudrait vous y voir vous, à voir un colosse de la trempe de Mohawk foncer sur vous et planter ses crocs dans le bras de protection...

Alors, demain peut-être, l’expérience menée en novembre se renouvellera-t-elle, « par exemple en février prochain, ce n’est pas tout à fait impossible au regard de cette tentative particulièrement concluante ». Affaire à suivre…

 

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