Cinq recrues au Fréjus Var Volley : entre jeunesse et expérience

14 mai 2020

L’actualité se bouscule au Fréjus Var Volley. Quelques jours après l’annonce de la naissance de la nouvelle association sportive, par obligation juridique rappelons-le (lire notre article), voici celle de l’officialisation du recrutement est-varois.

Ces recrues qui s’avancent sont au nombre de cinq, et viendront renforcer l’effectif est-varois et palier les départs du passeur Jérémy Audric, du réceptionneur-attaquant et capitaine Raphaël Attié (promis à une belle rémunération à Martigues), l’autre réceptionneur-attaquant Julien Bernard (que l’on retrouvera lui aussi sur le parquet de Sainte-Croix, puisqu’il s’est engagé avec Saint-Quentin), le pointu Jordan Corteggiani (qui stoppe sa carrière) et enfin du Canadien Jordan McConkey qui va prendre une saison sabbatique pour soigner une épaule plus trop solide…

Enfin, le jeune central d’origine wallisienne Josias Paino (ci-dessus) – victime de la réduction de l’effectif pro de 11 à 10 éléments, masse salariale réduite – a finalement accepté le challenge fréjusien : « intégrer le groupe réserve pour gagner du temps de jeu en Nationale 3, et continuer de profiter des entraînements avec le groupe pro, ce qui était le meilleur compromis pour lui permettre de progresser encore », affirme le coach Loïc Geiler. 

Loïc Geiler pas du genre
à abandonner le navire

Un entraîneur toujours et plus que jamais au front d’ailleurs, ce dont peut à coup sûr s’enorgueillir le nouveau triumvirat aux commandes du club fréjusien.
Face à un défi, s’apparentant davantage à une mission impossible qu’à un challenge réaliste et réalisable, le trio de dirigeants ne savait pas quelle pourrait être l’attitude de Loïc au moment de lui présenter la situation au terme d’une saison pas comme les autres : « baisse… conséquente de la masse salariale, réduction d’un joueur pro au sein de l’effectif (10 au lieu de 11). Il aurait pu dire “non, là, les gars, c’est pas possible. Avec les chiffres que vous m’annoncez, on ne peut pas repartit dignement“… »

Mais après avoir très rapidement réfléchi, Loïc  a dit banco pour relever le défi.

Des cinq joueurs présents sur ce cliché seul demeure l'attaquant Soané Falafala, devenu le joueur le “doyen“ de l'équipe hors recrues...

Pour autant le pedigree du bonhomme aurait pu attirer d’autres clubs plus huppés et à coup-sûr en mesure d’offrir, non seulement un meilleur salaire au meilleur coach de Ligue B (2019), mais encore un budget recrutement sans nul doute plus conséquent que l’enveloppe accordée pat le nouveau FVV.

Que nenni ! « Oui, il y a eu d’autres contacts. Mais déjà, familièrement parlant, imposer des déménagements à la femme, aux enfants, ce n’est certes pas facile, confesse l’ancien géomètre. Sans compter que je me suis investi dans ce club, que nous sommes arrivés dans l’antichambre de l’élite et ç’aurait été un crève-cœur, un coup émotionnel de devoir quitter le club ? A fortiori dans une période assez délicate comme aujourd’hui. »

Trois paris sur les jeunes

 Alors, comme chaque été – non, depuis quelques mois déjà, lui qui aime toujours avoir un coup d’avance –, Loïc Geiler s’est rapidement attelé à la tâche. Avec des profils de joueurs bien ciblés, n’ayant pas tardé à saisir les failles et manques du dernier effectif.

Quentin Schouteten, qui jouait en Belgique la saison passée, sera le nouveau passeur fréjusien aux côtés de Corentin Suc (photo © D.R. Volley Menen)

Le souhait premier était de modifier la passe, d’augmenter « le réactif au service et au bloc ». Avec notamment un joueur plus grand (1,90 m – soit 5 cm de plus qu’Audric – pour le néo-passeur Nordiste, Quentin Schouteten) et plus rapide.

#15 Quentin Schouteten, 25 ans, 1,90 m -> passeur

Quentin Schouteten arrive de la 1ère division du championnat belge, du club de Desccopan Volley Team Menen. « Ce Nordiste a longtemps évolué au club de Tourcoing, entre centre de formation et effectif pro, avant de rejoindre Corentin Suc (plus âgé de six mois) au Centre national de volley-ball à Castelnau-le-Lez. J’aime bien trouver des joueurs avec une connexion déjà existante au sein du club, toujours plus utile pour faciliter l’intégration des nouveaux. »

Théo Conré sous le maillot tourangeau (photo © D.R.)

#7 Théo Conré, 22 ans (23 ans le 15 juin), 1,92 m
#8 Baptiste Enfoux, 24 ans, 2,02 m
-> réceptionneurs-attaquants

« Pour les deux, c’est un beau challenge. Ce sont des jeunes profils, comme Julien Bernard, qui recherchent du temps de jeu. »
Baptiste Enfoux a débuté le volley à Vincennnes avant de quitter le cocon familial francilien pour gagner les bords de Méditerranée, le centre de formation de l’Arago de Sète et rapidement intégrer le groupe pro.

Aux côtés d’ailleurs d’un autre Baptiste, Geiler celui-là, frère de Loïc. Autant dire que le coach est-varois a pu avoir des certitudes sur Enfoux et ne part certainement pas dans l’inconnu. D’autant qu’ « on l’avait déjà croisé lors d’un match de préparation et que je l’avais déjà remarqué ».

Baptiste Enfoux évoluait aux côtés d'un certain Baptiste Geiler sous le maillot de l'Arago Sète (photo © D.R. site officiel Arago Sète)

Théo Conré a pareillement « un profil un peu hybride, très fort au service. D’ailleurs, il rentrait beaucoup pour la qualité de ses mises en jeu » avec le groupe pro de Montpellier et alors qu’il s’entraînait au pôle national de Castelnau-Le-Lez, “France Avenir 2024“.

Loïc Geiler a réussi cette année ce qu'il n'était pas parvenu à faire l'an passé : attirer à Fréjus le solide central brésilien, Pedro Reck (photo © D.R.)

#18 Pedro Reck, Brésilien, 29 ans, 2,01 m -> central

Cette année plus que les autres, Loïc Geiler a accentué cette philosophie d’aller chercher des profils jeunes au potentiel prometteur. Comme Julien Bernard l’an passé – mais qui n’a pas convaincu Loïc Geiler, pas assez régulier – Schouteten, Conté et Enfoux font partie de ces profils.
Les départs d’Audric et surtout du “papa“ Attié faisaient de fait de Soané Falafala, à 27 ans, le joueur… le plus âgé de l’effectif varois. D’où la nécessité d’aller chercher un peu d’expérience, qu’incarnera notamment le nouveau central, brésilien, Pedro Reck.
« Un garçon que je voulais déjà avoir l’an dernier, mais les discussions salariales notamment n’avaient pas abouti. Globalement bon dans tous les secteurs, il a pas mal bourlingué, au Brésil, en Espagne, en Grèce et même en France, avec la saison 2017-2018 à Saint-Nazaire, avec Soané. J’aime bien qu’il y ait de genre de connexions, avec des joueurs qui en connaissent d’autres, ce qui facilite toujours l’adaptation du nouveau. »

Comme son nom l'indique, Alexander Szot Marczewski est... Brésilien ! Il joue au poste de pointu où il succédera à Mihailo Pajic il y a deux saisons ou Jordan Corteggiani lors de la campagne écoulée (photo © D.R.)

#12 Alexander Szot Marczewski, Brésilien, 31 ans, 1,97 m -> pointu

Sans nul doute la recrue qui « rapporte le plus de points… au scrabble », se marre Loïc Geiler. Et avec ce joli nom aux consonances bien… brésiliennes, Alexander Szot (on l’appellera ainsi si cela ne gêne personne) sera l’une des attractions de la division. « Un poste – pointu – que nous avons du mal à trouver, souligne le coach est-varois. Il a surtout évolué en Amérique du Sud, mais a fait une belle saison en Espagne, finissant 2e en 2016-2017 avec Almeria. Une saison au cours de laquelle il a eu l’occasion de jouer contre Dani (Maccaro Tortajada, l’Espagnol du groupe fréjusien). L’an passé, il était en Roumanie, qui est un bon championnat et dont il a fini 4e meilleur marqueur. »

Une Ligue B à 10 clubs
qui reprendrait en novembre

Dans un championnat qui se jouera finalement à 10 équipes – Avignon a finalement décliné l’invitation de la LNV de rejoindre la Ligue B – le Fréjus Var Volley partira bien évidemment dans l’inconnu. Comme beaucoup des adversaires et avec la “satisfaction financière“ de retrouver sur sa route Nice (relégué de Ligue A) plutôt que Cambrai (promu en Ligue A). « Nous n’avons absolument rien contre l’une ou l’autre de ces équipes, et souhaitons bonne chance, autant aux Cambrésiens qu’à nos voisins niçois, confient les nouveaux dirigeants fréjusiens. Mais il est clair qu’au niveau budgétaire, se déplacer à Nice plutôt qu’à Cambrai nous arrange… »

Quant à la reprise du championnat, elle interviendrait « en novembre, selon les dernières informations, annonce Loïc Geiler. Un championnat qui sera assez condensé, car il y aura une saison internationale conséquente entre JO et Ligue mondiale ».

Mais d’ici là, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts.

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