Cours de prévention avec les pompiers : pour que baignade ne rime pas avec noyade

03 août 2020

Depuis le début de l’été, et comme chaque année à cette période, les pompiers n’ont de cesse de multiplier les avertissements et autres conseils préventifs, pour profiter au mieux des joies de la baignade et que celle-ci ne rime pas avec noyade.

Car les statistiques, à la mi-été, ne sont pas forcément au top. 61 (nombre arrêté au 20 juillet), c’est le nombre de noyades annoncées voici quelques jours pour le début de saison estivale 2020 ! Une statistique pas uniquement locale est-est-varoise, que l’on se rassure aussi, mais départementale !

Noyade ne veut pas dire décès

Ensuite, il convient aussi de nuancer ce qu’il est nommé noyade dans le jargon des pompiers. Qui ne conduisent fort heureusement pas à une issue fatale pour les victimes.

Par le passé, « on distinguait quatre étapes, plus ou moins graves graduellement, depuis l’aquastress, la petite hypoxie, la grande hypoxie, enfin la noyade anoxique », détaille ainsi le lieutenant Rémi Tintané, référent responsable de la sécurité des plages sur le secteur intercommunal, d’Agay aux Issambres.

Aujourd’hui, l’on « ne parle plus que d’aquastress et de noyade, sans plus distinguer petite ou grande hypoxie, ou encore phase d’anoxie », précise le lieutenant Franck Cuomo, prédécesseur de Rémi Tintané à la gestion de la surveillance des plages.

Lorsqu’une « victime fait un léger malaise ou se trouve en difficulté, mais sans inhalation d’eau. Elle reste consciente, mais ne présente pas de trouble ventilatoire ni circulatoire. On parle alors d’aquastress ».

Pour les stades suivants, « on évoque la noyade, caractérisée par une immersion des voies respiratoires, d’un niveau plus ou moins important selon le diagnostic des secours », mais également et surtout en fonction de l’état de la victime, consciente ou pas, agitée ou plus somnolente, si elles présente des signes d’hypothermie, en détresse ventilatoire ou circulatoire selon la masse d’eau ingurgitée avec des régurgitations ou des vomissements »

Le manque d’oxygène…

Il faut savoir que, contrairement à la pensée universelle lorsque l’on évoque une noyade qui se résume à imaginer des poumons remplis d’eau et, par voie de conséquence l’empêchement de la circulation de l’oxygène et l’entraînement de l’asphyxie. Pour autant, chez certains noyés, on n’a retrouvé aucune goutte d’eau dans leurs poumons.

Cela s’explique par un réflexe d’apnée naturelle dès l’instant où il y a pénétration d’eau, même en infime quantité dans les voies respiratoires. L’épiglotte va alors se fermer pour protéger les voies respiratoires, et par là-même empêcher toute respiration, même lorsque la tête est hors de l’eau. Conséquence, un manque d’oxygène dans l’organisme.

Des mesures préventives
toutes simples à respecter

Chacun de ces diagnostics entraîne bien sûr un protocole de soins très particulier et adapté à l’état du noyé, pour lesquels chaque pompier, qu’il soit professionnel, volontaire ou saisonnier, a été formé. Ce qui permet de comprendre un peu plus encore la sélection très drastique effectuée dès le début de l’année civile (janvier-février) puis le cursus de formation très approfondi qui s’en suit.

Pour autant, des précautions toutes simples peuvent éviter d’aboutir à ces situations compliquées, voire des issues dramatiques.

« Première chose, se baigner dans une zone surveillée. Toute personne, notamment à partir d’un certain âge, et qui, si elle est seule, peut alors venir se signaler auprès du poste de secours et indiquer qu’elle part à l’eau. Il n’est pas davantage nécessaire de se fixer le challenge de rejoindre la bouée du balisage aux 100 m. Il vaut mieux privilégier une nage parallèle au rivage. Il s’agit aussi de surveiller sans cesse les enfants ! »

La bouée gonflable,
nouveauté de l’été 2020

Autres considérations à prendre en compte, les conditions atmosphériques. Par exemple, « avec les fortes chaleurs que nous avons connues ce week-end, continue le lieutenant Tintané, il convient d’éviter les heures les plus chaudes, et surtout de rester toute la journée sur la plage, en pleine chaleur. L’eau est chaude, elle ne rafraîchit pas nécessairement, mais peut quand même entraîner un choc voire un malaise. Il n’y a parfois pas de détresse visuelle facilement identifiable depuis la plage. D’où, là encore, l’avantage de se baigner en étant accompagné ».

Facilement identifiable, cette bouée de sauvetage mise à disposition par la Préfecture sur certains postes de secours, permet autant une sécurité supplémentaire pour le baigneur qu'une surveillance facilitée depuis le rivage

Notons encore la possibilité, sur les postes de secours République, PC-plage et Galiote, d’emprunter « une bouée gonflable, nouveau dispositif de sécurité supplémentaire proposé par la Préfecture. Au regard des retours d’expérience, sans doute un plus grand nombre de ces bouées sera mis à disposition pour les saisons à venir ».

À Fréjus jusqu’à ce début août, et alors qu’arrive justement la deuxième vague de vacanciers, « nous n’avons aucun décès à déplorer en zone surveillée, rassure le lieutenant. Une personne a pour sa part et malheureusement succombé à une chute dans le port depuis son bateau, en voulant récupérer la balle de son chien tombée à l’eau ».

Le lieutenant Rémi Tintané a pris officiellement cet été la succession du capitaine Franck Cuomo en qualité de responsable de la surveillance au sein des sapeurs-pompiers de Fréjus-Saint-Raphaël

Avec le renfort
de la Police municipale
et de sa brigade nautique

Pour sa première saison seul aux commandes des plages du littoral “fréjuso-raphaëlois-roquebrunois“, le lieutenant Tintané, originaire de Salernes, a fait sa « première saison en 2012. J’ai eu l’occasion de passer par toutes les étapes et de suivre les exemples et les conseils de mon prédécesseur, Franck Cuomo. Le dispositif est particulièrement performant », fort d’une réserve d’hommes qui a notamment permis de lancer la sécurité dès le début juin avec les professionnels et pompiers volontaires déjà aguerris, en attendant la finalisation de la formation des saisonniers, bien chahutée par les circonstances que l’on sait.

D’autant que les surveillants “à terre“ peuvent encore compter sur le renfort de la brigade nautique de la Police municipale - « un domaine que nous essaierons de développer encore à l’avenir » -, voire sur la SNSM. Mais aussi sur les brevets de natation dispensés toutes les semaines, qui nous « permettent un lien rapproché avec les estivants ».

Avec un unique objectif, que chacun puisse profiter sans risque des joies de la plage et de la baignade !

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