Exclusif : des magazines d’époque (1956) relatent l’exploit du navigateur fréjusien Marc Modena

25 avril 2021

Voici trois ans quasiment jour pour jour, David Rachline, maire de Fréjus, inaugurait la toute nouvelle base nautique de la cité romaine. Un équipement attendu, à même de remplacer l’ancienne structure municipale à base de bâtiments indignes d’une ville maritime station nautique comme l’est Fréjus.

David Rachline, maire de Fréjus, inaugure la Base nautique Marc-Modena en compagnie de l'une des deux filles du navigateur fréjusien

La nouvelle base est un « véritable pôle d’excellence au cœur de la Côte d’Azur », déclarait ce 21 avril 2018 le premier magistrat, stigmatisant encore l’attente et la patience récompensées de tous les Fréjusiens, « ce “serpent de mer“, selon l’expression usitée lorsqu’on évoquait ce nouvel équipement public, est bel et bien aujourd’hui une réalité, là, présente devant nos (vos) yeux ».

© Photo Gaston Vanackère - Issue d'un article dans la revue “Histoire maritime“

 

Marc Modena, fils du premier
gardien des Arènes, devenu navigateur

Et pour baptiser cette base « flambant neuve, commencement audacieux à l’image de notre envie de changement pour Fréjus », David Rachline et la municipalité choisirent un personnage finalement pas très connu, mais un Fréjusien pur souche, quand bien même il a vécu les dernières années de sa vie du côté de Denia, en Espagne.

Marc Modena n’en était pas moins un Fréjusien pur jus, né dans la cité romaine en 1927, fils du premier guide des Arènes, et surtout un aventurier navigateur, auteur de nombreuses transocéaniques (Atlantique et Pacifique)… sur des radeaux (il détient d’ailleurs le record mondial avec 572 jours passés en mer sur ces embarcations de fortune).

Autour du maire David Rachline ce jour-là, pour porter officiellement sur les fonds baptismaux la Base nautique Marc-Modena (*), était ainsi présente l’une des deux filles du navigateur fréjusien, Sylvie Modena, la seconde, résidente canadienne, n’ayant pu faire le déplacement.

88 jours sur un radeau
pour traverser l’Atlantique

Ce retour du jour sur cet évènement est motivé par une récente trouvaille, dont nous a fait part l’une des nièces de Marc Modena : trois journaux (magazines hebdomadaires) qui reviennent sur l’un des exploits du navigateur fréjusien, la traversée de l’Atlantique-nord sur un radeau de bois de balsa, “L’Égaré II“, construit de ses mains. Très exactement 88 jours passés en pleine mer entre Halifax (Nouvelle-Écosse, province du Canada) et Falmouth à l’extrême sud des Cornouailles (à l’ouest des côtes anglaises), avec ses compagnons d’aventure (Gaston Vanackère, José Martinez, Henri Beaudout) et… deux chats, Puce et Guiton.

Un exploit reconnu
à l’échelle de la planète

Parmi ces magazines, deux français. L’un - Paris-Match -, né en 1949 et toujours à ce jour l’un des plus populaires hebdos français d’actualités et d’images et tiré à 500.000 exemplaires par numéro. Le second, Jours de France, magazine hebdomadaire féminin, créé par l’avionneur français, Marcel Dassault.

Le troisième magazine, le Post Picture, n’a pour sa part pas connu une longue vie, puisque l’hebdo britannique de photos n’a été publié qu’entre 1938 et 1957.

Douze pages dans Paris-Match,
la “Une“ couleurs de Post Picture !

C’est Paris-Match qui se montrera le plus prolixe quant à ce véritable exploit, accordant pas moins de 12 pages à l’aventure du navigateur fréjusien et de ses compagnons à deux jambes et quatre pattes, et délivrant notamment de nombreux extraits du journal de bord sur le dernier mois et demi de la traversée. L’on y retrouve même une dédicace de Marc Modena à sa sœur Angèle en date du 21 août 1956 lors de l’arrivée en Cornouailles.
Mais la “Une“ de ce n°387 daté du samedi 8 septembre 1956 sera en revanche consacrée à Michèle Morgan qui s’apprête à tourner un énième film (Les vendanges) avec son fils unique, Mickaël dit “Mike“ Marshall).

Photos pleine page sur cinq feuillets pour Jours de France, qui aura dégainé le premier le samedi 1er septembre 1956, incrustant une cartouche sur une “Une“ par ailleurs concentrée à la haute couture.
Au final, l’hebdo britannique Post Picture qui, le 8 septembre 1956 également, accordera sa “Une“ complète et en couleurs s’il vous plaît à The Voyage of “The Lost One“ et à l’exploit des Frenchmen !

 

Quoi qu’il en soit, c’est bien là un véritable trésor retrouvé quelque peu par hasard et de magnifiques archives qui rappellent un exploit hors du commun mais finalement devenu habituel pour l’aventurier navigateur fréjusien…

Et, à ce titre, nous remercions Nadine Bugat-Fargeas (Modena) qui a eu la gentillesse de nous prêter les documents dont nous avons extrait les scans présentés dans cet article.

• Téléchargez ICI les pages du magazine PARIS-MATCH
• Téléchargez ICI les pages du magazine JOURS DE FRANCE
• Téléchargez ICI les pages du magazine le POST PICTURE

• Retrouvez ICI le journal municipal FRÉJUS LE MAGAZINE de mai 2018


(*) Il existe également un quai baptisé Marc-Modena depuis 2005 à Port-Fréjus, le quai qui accueille les grandes unités au-delà de la cale de mise à l’eau du port. Marc Modena s’est éteint voici presque dix ans (15 novembre 2011) dans sa dernière résidence sur la Costa Blanca.

Un buste de Marc Modena, offert à la mairie de Fréjus, a longtemps trôné à l’accueil de l’Hôtel de ville place Formigé, avant de gagner la Base nautique qui porte désormais son nom où l’on peut le voir dans une vitrine spécialement dédiée. On y retrouve également une maquette de “L’Égaré II“, le radeau de l’exploit narré dans les magazines de cet article.

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Actualité générale