Football - Jean-Guy Wallemme : un parcours aussi linéaire comme joueur que plus “cahotique“ comme entraîneur

06 juillet 2020

Très tôt en cette intersaison 2020 pas comme les autres, l’Étoile FC Fréjus-Saint-Raphaël a décidé de changer de coach, Charly Paquille, traditionnel “pompier de service“ – à chaque fois appelé au chevet d’une équipe malade, il aura remplacé Priou (décembre 2011), Pilorget (décembre 2015) ou encore Troin cette dernière année (janvier 2020).
Et c’est le nom de Jean-Guy Wallemme qui est donc sorti du chapeau pour remplacer un Paquille passé au poste de directeur sportif en charge du recrutement.

Après l’interview qu’il nous a livrée la semaine passée, retour sur le Cv du nouvel entraîneur de l’Étoile, alors que le club intercommunal s’apprête à disputer sa première rencontre de préparation ce samedi 11 juillet au stade Louis-Hon (18h) contre le club bucco-rhodanien d’Aubagne (N2).

Avec Gervais Martel et le “druide“ Daniel Leclercq, la consécration en 1998 avec le Racing Club de Lens pour le titre national en Ligue 1 ! © Photos D.R. Archives AFP et La Voix du Nord

THE titre en 1998 !

Pour qui connaît un peu le monde du football voit immédiatement quel est le bonhomme. Pour peu qu’il soit Nordiste, davantage encore. Pour peu qu’il soit Lensois, alors on touche carrément ici à l’un des monuments du club de l’Artois, aux côtés de l’inamovible président Gervais Martel, du “druide“ Daniel Leclercq, des joueurs emblématiques du (seul et unique) titre national glané en 1998, les Sikora, Warmuz, Debève, Ziani, Dehu, le regretté Marc-Vivien Foé, Vairelles, Smicer et, donc, cap’tain Jean-Guy Wallemme.

Stoppeur invétéré, défenseur intraitable, “Casque d’or“, natif de Maubeuge, a marqué le club lensois, portant la tunique “sang et or“ 13 saisons durant, avant de répondre à l’appel des sirènes anglaises (Coventry). Las, l’aventure tourne court et Wallemme rentre en France pour tenter de se relancer du côté du stade Bonal de Sochaux. Finalement, c’est dans le Forez, autre région minière où mouiller le maillot prend une toute autre signification, que le Maubeugeois retrouvera de l’allant.

C’est aussi là qu’il connut sa première expérience sur un banc de touche… tout en restant joueur. Remplaçant (avec Rudy Garcia) le Gallois John Toshack pour sauver ce qui pouvait encore l’être sur cette difficile saison 2000-2001. Plus grand-chose en l’occurrence puisque Saint-Étienne sera relégué en cette fin d’année.

La boucle bouclée au RCL !

Finalement, c’est du côté d’un certain… RCL que reviendra Jean-Guy Wallemme pour sceller sa carrière de joueur. « Pour être initialement joueur de vestiaire sur cette année-là, annonce-t-il. Mais finalement, je fais la préparation, les premiers matches et j’enquille 35 matches. » Jouant même, « alors que rien ne nous y prédestinait au départ », la “finale“ du championnat à Lyon pour la 38e et dernière journée le 4 mai 2002.
Une défaite plus tard, le Lyon d’Aulas entamait son règne de sept titres consécutifs, et Wallemme quittait pour de bon le costume de joueur.

« J’avais encore une bonne année dans les jambes, rappelle-t-il. Mais j’ai eu cette proposition du Racing Club de Paris et j’ai sauté le pas. » Débutant une carrière d’entraîneur qui s’avérera beaucoup moins linéaire que celle de joueur.

Wallemme, l'homme avant tout d'un club, celui aux couleurs “sang et or“ du Racing Club de Lens © photos D.R. RC Lens

« Il faut être un peu “maso“
pour être entraîneur »

Wallemme et la famille apprirent à faire (défaire et refaire) les cartons. « Mais c’est le métier qui veut ça, il faut être un peu “maso“. On sait qu’un cycle pour un entraîneur, c’est deux ans et demi, trois au grand maximum dans un club. »

Le problème, pour Wallemme, est que le Nordiste ne réussira jamais, depuis 2001 (et hors… Lens entre 2008 et 2010), à s’inscrire durablement dans un club et sur un banc de touche. Sans que son talent de coach ne soit remis en cause, mais Wallemme sera au final peu servi par les circonstances, semblant souvent choisir le mauvais cheval… tant sportif que financier.

À Paris, au Racing, le club apparaît solide, avec « deux gros sponsors maillot ». Finalement, la DNCG relègue le club parisien de National en CFA. Une saison et une 2e place plus tard (valant normalement retour en National), Paris se voit à nouveau retoquer par la DNCG et refuser la montée.

Le présent s'inscrit aujourd'hui sur le banc de l'Étoile FC Fréjus - Saint-Raphaël pour Jean-Guy Wallemme © Étoilce FC - Patricia Lafabrie

À Rouen, en fâcheuse posture en L2, Wallemme arrivé en janvier 2004 ne peut éviter la descente en National. La saison suivante s’avère tout aussi mitigée et le technicien est remercié en novembre 2004.
Il s’exile une année en 2e division belge, au KSK Renaix (8e au final), avant de revenir en France, dans la Somme et le petit club de Roye, tout juste relégué en CFA, pour une 4e place finale mais… une relégation administrative (par la DNCG) en CFA2.

PFC, Lens, Auxerre…

Wallemme cherche toujours un projet ambitieux, avec un club solide financièrement surtout. Il pense le trouver au Paris Football Club. « On fait 10es, résultat moyen, malgré une perf’ en Coupe (2-1 contre Toulouse) et un parcours jusqu’en 16es de finale (défaite aux TAB devant Dijon, alors en L2). »
Puis « Gervais (Martel, président du RC Lens, Ndlr) me rappelle après les épisodes Guy Roux et Jean-Pierre Papin, qui finissent par conduire le RCL en Ligue 2. Avec Michel Ettore et Christophe Delmotte, puis ensuite Dominique Cuperly, des gars investis dans le club et dans ses couleurs, on parvient à remonter en Ligue 1 (2009), on finit 11e en 2009-2010 avec demi-finale en Coupe de France à la clé ». Malheureusement, par manque de renouvellement et de sang neuf dans les rangs lensois, nonobstant des tensions en coulisses, des luttes d’hommes et d’ego, le club artésien s’enlise et Wallemme démissionne à la trêve...

Premiers échanges de la reprise avec le président, Alexandre Barbero, et le directeur général du club, Fabien Sgarra © Étoilce FC - Patricia Lafabrie

Il répondra plus tard à l’invitation de Gérard Bourgoin, le roi du poulet, autant président de l’AJ Auxerre qu’il est très implanté et très influent au Congo. Bourgoin demande dans un premier temps à Wallemme de devenir sélectionneur des Léopards (2011-2012). Quelques mois plus tard, il doublonnera en s’installant sur le banc du club icaunais. Mais Auxerre reste le club d’un certain Guy Roux, un sorcier toujours influent, toujours présent et qui ne “facilite“ pas forcément la vie de ses successeurs…

Avoir le temps, cette fois,
de défaire les cartons

Nouveau départ et vers l’étranger donc, « parce que les portes s’étaient fermées en France ». Un nouveau passage en Belgique (RWDM Bruxelles), trois clubs en Algérie (Bel-Abbès et la JS Kabylie, ASO Chlef) un au Maroc (Kenitra), puis retour à Dieppe (2017-2018) et enfin au C’Chartres, nouveau club présidé par Gérard Soler, non sans avoir été éphémère sélectionneur du Niger (deux matches).
Dans l’Eure-et-Loir, 3e place derrière Bastia-Borgo et la réserve pro du FC Nantes (2018-2019) et montée manquée en National. Puis la saison écoulée, belle performance d’ensemble mais une défaite à Vannes (en février) permettra à Saint-Brieuc de passer en tête d’un championnat… qui s’arrêtera une journée plus tard. Après avoir échoué dans cette volonté du club de monter, Wallemme ne sera pas reconduit à la tête des Chartrains.

« On a beau se forger un caractère, une carapace, j’étais content de trouver ce point de chute à Fréjus. » N’hésitant pas à conduire 1000 bornes, descendre de son Nord natal pour « rencontrer les gens, les connaître, savoir où je mettais les pieds avant de prendre ma décision ».  « Je suis venu, j’ai vu… », mais pas encore vaincu. C’est cette partie de la mission à laquelle va maintenant s’atteler Jean-Guy Wallemme, et pourquoi pas, avoir vraiment le temps de défaire les cartons…

Pour Jérémy Bekhechi, l'une des recrues phares de l'intersaison pour l'Étoile, cette semaine complète de reprise s'achèvera par un premier match de préparation contre Aubagne samedi 11 à 18h à Louis-Hon © Étoilce FC - Patricia Lafabrie

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