Football (National 2 - Étoile FC) : Jean-Guy Wallemme se dévoile

01 juillet 2020

Premier juillet rime avec rentrée pour les footballeurs de l’Étoile FC. Rentrée “administrative“ avec gestion des divers documents et remise des équipements, et rentrée terrain ce jeudi matin sur la pelouse de Louis-Hon.

Un retour sur les pelouses différent, après une saison… différente. Et puis, pour l’Étoile, un nouvel homme fort aux commandes de l’équipe, l’ancien joueur pro aux quelque 460 matches sous le maillot sang et or du RC Lens, Jean-Guy Wallemme. Découverte avec un homme affable, qui ne se la raconte pas mais qui raconte volontiers.


Jean-Guy bonjour. On ne va pas vous faire l’offense de vous demander de vous présenter (lire notre article ICI). À tout le moins le grand joueur que vous avez été (*), avec cette fidélité au club de l’Artois on le sait. En revanche, votre parcours d’entraineur apparaît moins linéaire. Est-ce à dire que le métier d’entraîneur est plus difficile que celui de joueur ?

« Par essence oui. Même si le football est un sport collectif, et c’est toujours comme cela que je l’ai conçu et le conçois encore aujourd’hui, le joueur pense avant tout à lui. Et c’est sans encore plus vrai dans la société actuelle qu’à l’époque où moi, je jouais. L’entraîneur, lui, doit penser au groupe, à l’ensemble de l’effectif mis à sa disposition.
Pour ma part, j’ai été nommé capitaine très jeune, et j’étais en conséquence plus proche du coach, j’étais un relais. J’avais donc une pensée quelque peu différente, plus collective.

Maintenant, oui, c’est plus difficile d’être coach. On est forcément tributaire des résultats, on est le premier fusible, en fait, il faut être un peu “maso“ pour être entraîneur.

J'ai pensé très tôt
à ma reconversion

Cette vocation, cette reconversion sur un banc, ce sont des éléments qui se sont de suite imposés à vous ?

Comme je le disais tout à l’heure, mes responsabilités en tant que capitaine, mes rapports de fait plus privilégiés avec l’entraîneur, ajoutés à la volonté de penser rapidement à l’après-carrière m’ont conduit à préparer très tôt mes diplômes d’entraîneur.
Je ne voulais pas me retrouver dans un entonnoir – même si quelque part, être entraîneur, c’est également se retrouver dans un entonnoir –, au sens où je ne voulais pas me retrouver sans rien au sortir de ma carrière de joueur.
Je n’étais pas comme beaucoup de joueurs qui assurent qu’ils n’entraîneront pas après leur carrière, mais finissent tout de même par se retrouver sur un banc. Mais aussi à galérer car ils n’ont pas anticipé plus tôt leur reconversion.

Après, quand je parle d’entonnoir, même si les staffs ont tendance à s’étoffer ces dernières saisons, il n’y a qu’un poste d’entraîneur dans un club, mais il y a beaucoup de joueurs. Donc, encore une fois, oui, en ce sens, entraîneur est un métier plus difficile.

Très tôt, alors qu'il était encore joueur, Wallemme a pensé à son après-carrière et compris son désir de passer le flambeau à travers l'entraînement (photo © D.R. SoFoot)

En regardant votre parcours de coach, on s’aperçoit que vous ne vous êtes jamais réellement inscrit dans la durée sur un banc de touche. Comment analysez-vous cela ?

Il y a beaucoup de circonstances, d’éléments factuels à un moment donné. De la malchance aussi parfois, du sentiment de ne pas être là au beau moment. Par exemple, quand j’ai pris le poste d’entraîneur-joueur à Saint-Étienne. On commence pas mal puis on s’effondre après la sortie de l’affaire des faux passeports et le retrait de sept points d’un coup qui nous tombe dessus. Au final, on est relégués et, personnellement, j’ai très mal vécu ces premiers pas en tant qu’entraîneur…

 

Finalement, Lens vous rappelle, répondant ainsi à votre souhait de finir dans “votre“ club…

Oui, le RCL me rappelle, mais plus pour être un joueur de vestiaire. Puis, je fais la préparation, je dispute les premiers matches, je (re)prends ma place et c’est reparti. En plus pour jouet le haut de tableau, ce pour quoi nous n’étions pas spécialement formatés. Si bien qu’on joue la finale pour le titre sur le terrain de Lyon lors de la dernière journée du championnat. On perd et ce sera le premier des sept titres consécutifs des Lyonnais (2002).

Un parcours d'entraîneur
semé d'embûches

Et, en ce qui vous concerne, la fin bien concrète de votre carrière cette fois. C’est ainsi que vous vous voyiez finir votre carrière de joueur ?

J’aurais pu jouer encore. Au moins une année. Mais j’ai cette opportunité du Racing club de France, club ambitieux de National. Je signe là-bas mais, presqu’immédiatement, alors qu’il me semblait que le club avait les épaules solides, avec notamment deux grands sponsors maillot, la DNCG nous relègue en CFA. Tant pis, je continue. On finit meilleurs 2es, invités en National mais on est encore recalés par la DNCG, qui nous refuse la montée. Tu vois, ce sont parfois des éléments “extérieurs“ qui décident d’une carrière, de sa réussite ou pas…

 

Cet état de fait perdurera finalement dans vos clubs suivants… (*) jusqu’à votre retour sur le banc lensois. Décidément, seul le club nordiste peut vous apporter du bonheur ?

C’est un peu ça oui. Mais tout dépend aussi de l’importance d’un organigramme bien défini au sein d’un club. Je l’ai constaté lors de ma dernière saison à Lens, avec la mise à l’écart du “druide“ Daniel Leclercq, supplanté par Jacques Santini. Rien n’était clairement affiché au départ et ça, ça vous tue un club. Parce que le football appartient à tout le monde dans ces cas-là…

Beaucoup de coups de fil de nombreux joueurs cherchant un point de chute. Mais, pour le nouveau coach fréjusien, il ne faut plus rien attendre au niveau recrutement

Content de signer à l'Étoile

Toutes vos pérégrinations (*) ont dû forger un peu plus votre caractère non ?...

Complètement, mais ça n’empêche pas de gamberger. Comme je l’ai dit, des entraîneurs, il y en a beaucoup sur le marché mais il y a peu de postes. Donc, j’étais bien content de trouver ce point de chute à Fréjus.

 

Justement, comment s’est passée votre arrivée à l’Étoile ?

J’ai été contacté mais je ne connaissais pas le club. On était en pleine période Covid, j’ai demandé une attestation pour pouvoir me déplacer et j’ai pris ma voiture et j’ai fait 1000 bornes. Je ne pouvais m’engager sans connaître a minima où je mettais les pieds. J’ai voulu les rencontrer, me faire une idée d’un aspect qui compte beaucoup pour moi, le côté humain… J’ai pu discuter avec le président Barbero, avec Charly Paquille, avec Jean-Marc Astolfi… Le feeling est passé et j’ai signé.

 

Et quels sont les termes de votre contrat ?

Une année plus une autre.

Une pré-reprise pour
apprendre à les connaître

Avec quel objectif ?

On ne va pas se cacher. L’objectif est immanquablement de jouer les premiers rôles, voire le tout premier. Maintenant, le championnat de N2 est difficile. Plus ici encore, dans le Sud. Il est extrêmement difficile d’en sortir. Je l’ai encore vécu avec Chartres il y a peu…
Mais le plus important est que mon projet de jeu soit en adéquation avec le projet du club…

Une 3e place puis une 2e cette saison avant que le Covid ne vienne interrompre le championnat : malgré de relatifs bons résultats, Jean-Guy Wallemme n'a pas été conservé au C'Chartres (photo © D.R. chartres.fr)

Vous avez effectué une pré-reprise à l’issue du confinement et à partir du moment où le jeu collectif a été autorisé. À quoi, personnellement, vous a servi cette période vis-à-vis du groupe ?

Un, cela a permis de “déverrouiller“ les garçons si j’ose dire, après plusieurs semaines de confinement et quand bien même Loan Mirmont, le préparateur physique, leur avait concocté un programme d’entretien. Deux, j’ai pu apprendre à les connaître, du moins les joueurs qui étaient encore sous contrat. En plus, les conditions sanitaires de reprise avaient ceci de bien que l’on ne pouvait travailler qu’en petits groupes, cela a facilité le rapprochement. Enfin, cela m’a permis de faire un état des lieux.

 

Justement, quel a été votre rôle dans les arrivées, les départs ?

Les départs étaient actés. Quant aux arrivées, j’y ai bien sûr participé. En concertation avec les gens concernés au club.

 

L’Étoile avait commencé relativement fort son recrutement en annonçant cinq noms dès les premiers jours de juin (lire notre précédent article ICI). Puis, plus rien. Est-ce à dire que le recrutement est terminé ?

D’abord, le fait d’annoncer les cinq noms en une seule fois ne signifie pas que certaines arrivées n’avaient pas été conclues avant. Ensuite, oui, c’est vrai, c’est arrivé assez tôt. Mais ces arrivées sont avant tout le fruit d’une réflexion mesurée, d’un travail en amont, vite fait mais bien fait.
Avec cet objectif de doubler les postes. Et aujourd'hui, c'est vrai, notre recrutement semble terminé. Et non, l'on ne cherchera pas davantage les opportunités... 

Premier match de préparation le 11 juillet
à Louis-Hon contre Aubagne

L’ambiance de Louis-Hon n’est pas celle de Bollaert. Cela va vous manquer ?

Il est clair que le public joue un rôle. À Lens encore plus qu’ailleurs. Maintenant, le public réagit à ce que nous, qui sommes les acteurs, nous proposons. À nous de leur donner ce qu’ils demandent et ils seront derrière nous.
Je suis quelqu’un d’honnête, de humble. Nous ne sommes que des joueurs de foot, il ne faut pas se prendre, ni nous prendre pour ce que nous ne sommes pas.

Je ne veux pas me prendre au sérieux, mais je veux faire les choses sérieusement !

 

Un mot sur le programme de reprise ?

Nous reprenons ce jeudi 2 juillet. Avec un premier match de préparation, le 11 juillet à Louis-Hon contre Aubagne, et avant de partir en stage à Albertville, du 13 au 20 juillet. Pour l’instant, nous six matches conclus avant la reprise du championnat. À moi de faire que la mayonnaise prenne.

Mais il n’y aucune pression. Je ne veux pas entendre ce mot. Si on parle de pression dans le foot, il faut changer de métier. Encore une fois, il ne faut pas se prendre pour ce que l’on n’est pas. Nous sommes joueurs de foot, à nous de tout faire pour bien faire ce métier. L’exigence, la conscience professionnelle, voilà les bons mots à utiliser… »


(*) Un prochain article permettra de détailler le CV de Jean-Guy Wallemme. En qualité de joueur – même si tous les amateurs de foot un tantinet avertis savent qui il est – mais aussi et surtout dans le costume d’entraîneur. Un dernier parcours, semé d’embûches, pas toujours facile, jamais réellement teinté de la chance qui sied à tout entraîneur.  

 

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