Football (National 2) - J1 samedi 10 à MDA Chasselay Michel Troin : « La compétition décidera »

09 août 2019

Avant de lancer le championnat, cru 2019-2020 demain soir, samedi 10 août sur le terrain Ludovic Giuly de Chasselay contre MDA Foot, le nouvel homme fort du sportif étoiliste, Michel Troin, nous a accordés une longue interview dans laquelle il ne cache rien.


• Michel, on va d’abord s’intéresser à l’homme et l’entraîneur. Vous avez déjà une longue carrière derrière vous, en majorité axée sur la formation – vous êtes à ce titre un formateur réputé – ou souvent dans l’ombre en qualité d’entraîneur-adjoint ? Cette définition vous correspond-elle, dans le sens où vous avez rarement été sur le devant de la scène en tant que décideur principal comme ici à l’Étoile ?

C’est un fait, je suis un formateur technique à la base, j’ai une grande sensibilité pour ce rôle. Tenir les commandes d’une équipe n’a jamais été prioritaire pour moi. Je préfère apporter mes points forts, et c’est en qualité d’adjoint et comme formateur que j’ai trouvé le meilleur chemin d’expression.

 

• Vous êtes natif de Draguignan, mais Fayençois avant tout, vous avez entraîné Saint-Raphaël (CFA 2 en 2004-2005). Est-il exact que vous ayez déjà fait un appel du pied à l’Étoile dès 2015, alors que votre situation était précaire au Stade Rennais ?

(étonné) Pas du tout. Il est vrai que ma situation a été précaire à un moment, lorsque Philippe Montanier a été remercié. Mais ensuite, Christian Gourcuff a souhaité continuer avec moi, puis Sabri Lamouchi de même. Et j’avais un contrat qui courait jusqu’en juin 2019, je suis simplement allé au bout de mon contrat.
J’ai souvent été sollicité, d’autant que j’ai des relations privilégiées avec Pierre Montoro (co-président de l’Étoile, à la tête de l’association Étoile FC), que j’ai eu en formation à l’AS Cannes.

• Une longue partie de votre carrière s’est faite en tant qu’adjoint de Philippe Montanier (Boulogne, Valenciennes, la Real Sociedad, Rennes). Les liens devaient être très forts entre vous. Il est aujourd’hui entraîneur en Ligue 2 (à Lens) et vous, vous êtes en National 2 à l’Étoile. Vos routes sont-elles amenées à converger à nouveau un jour ?

Non. Parce qu’aujourd’hui, il y a l’âge qui m’a rattrapé aussi (62 ans). Je terminais mon contrat à Rennes et j’avais dans l’idée de profiter un peu des miens, de ma famille, de Fayence.

 

• Concentrons-nous maintenant sur votre arrivée à l’Étoile en juin. Comment s’est-elle concrétisée, alors que l’entraîneur précédent, André Blanc, venait d’être démis de ses fonctions ?

Comme je l’ai dit, j’entretiens de très bonnes relations avec Pierre Montoro. Il était ainsi prévu que je collabore avec l’Étoile, je devais venir pour aider à professionnaliser les structures, le club, travailler avec Charly Paquille entre autres, sur les jeunes pour les amener vers l’équipe première.

Puis finalement, il y a eu ce différend entre le président Barbero et M. Blanc. Plusieurs entraîneurs ont été sondés et, au final, je me retrouve aux commandes.

Un groupe découvert… à la reprise

• Est-ce vous qui avez constitué votre staff ?

Pour Morgan Amalfitano, oui (l’ancien international, 34 ans, formé à Cannes, passé par l’OM, Lille ou encore Rennes, a arrêté sa carrière en 2018 au terme de son contrat avec le club breton, Ndlr). Même si je n’avais pas été nommé entraîneur, il était prévu que lui vienne en qualité de directeur sportif. C’était une volonté structurelle justement, pour qu’il y ait un vrai suivi des joueurs locaux, une détection et une promotion de ces jeunes joueurs, là encore jusqu’à les amener en équipe fanion.

 

• Vous avez découvert le groupe quand ? Lors de la reprise ?

Exactement. Je ne les connaissais pas avant. J’ai dû voir trois matches en vidéo, dont Toulon et Endoume, les derniers en fait. Pour commencer à me faire une petite idée.

 

• Qu’en diriez-vous aujourd’hui, un mois après la reprise de l’entraînement et à quelques heures du coup d’envoi de la saison à MDA Chasselay (entraîné par le Brésilien Cris, ancien joueur de l’Olympique lyonnais, ci-dessus) ?

Il y a de la qualité, une vraie variété technique. Maintenant, j’avoue humblement ne pas du tout connaître ce championnat de National 2 et son niveau. Donc, à partir de là, c’est un peu un saut dans l’inconnu, même si j’ai bien sûr beaucoup discuté avec Michaël Fabre par exemple, voire des joueurs qui sont là depuis longtemps.
Il est clair qu’après un mois de travail seulement, il y a encore beaucoup de choses à améliorer, mais on y travaille justement. Après, j’ai coutume de dire que la compétition parlera. Seule la compétition et les matches diront si nous sommes dans le vrai.

« Toujours parti dans l’inconnu à chaque match »

• Trois recrues signées seulement (Julien Faubert, Vincenzo Bezzina et Alexis Bourigeaud), dont deux du temps de votre prédécesseur André Blanc (Faubert, Bezzina), est-ce suffisant à votre goût ?

Nous avons encore de la marge, il y a des possibilités de recrutement. Notamment un vrai déficit sur notre côté gauche, sur tout le côté gauche. On verra les opportunités.

• Même s’il est entendu que l’ossature du groupe a vraiment été préservée (seul Ryad Nadifi, sur le flanc droit de la défense étoiliste, était un titulaire à part entière parmi les départs enregistrés à l’intersaison)…

Effectivement, le noyau dur a été conservé, il y a eu une vraie stabilité dans le groupe, qui s’avère de fait très compétitif. Encore une fois, le terrain parlera et l’on verra comment ajuster. Ou pas.

 

• Nous n’avons pas eu beaucoup l’occasion de vous voir jouer en préparation. Mais l’Étoile nous a parus quelque peu empruntée, notamment en première période devant la Youth League de Monaco. Quel est votre sentiment, à vous, et comment avez-vous traversé ce premier mois aux commandes de l’équipe ?

Là aussi, je pars un peu dans l’inconnu. Mais ç’a toujours été mon quotidien en quelque sorte en tant que formateur. D’une saison à l’autre, on se retrouve avec un groupe nouveau, à affronter des adversaires nouveaux. Il faut s’adapter, c’est ce que je ferai ici.
Je ne connais pas le niveau du championnat, je ne connais pas les adversaires… L’entraîneur d’Aubagne, que nous avons affronté en amical samedi dernier, m’a dit que nous présentions un groupe intéressant. Sachant qu’il a affronté des équipes comme Hyères ou Toulon.

Deuxième saison sous les couleurs étoilistes pour le rapide attaquant Alexandre Mourabit

« Je regarde devant »

• L’Étoile a échoué l’année passée dans sa quête de remontée. Avez-vous fait l’analyse de cette saison et savez-vous où le club a laissé échapper cette montée ?

Pas du tout, je ne m’attarde pas sur le passé, je regarde devant avant tout. Le constat est que, depuis trois saisons, M. Barbero a beaucoup investi, mais ç’a n’a pas abouti. Et les évènements ne l’ont pas nécessairement aidé non plus.
Maintenant, on est en train de mettre en place un nouveau projet, un projet différent, avec Morgan
(Amalfitano), Charly (Paquille), etc. C’est une nouvelle aventure.

Michaël Fabre, en charge des gardiens, Rémi Vercoutre (adjoint de Michel Troin) et Morgan Amalfitano (directeur sportif) : trois des autres hommes forts du staff étoiliste

• À quelque 24 heures des trois coups samedi, peut-on dire que l’Étoile est fin prête ? A fortiori avec un début de championnat compliqué et ces deux matches à Chasselay puis Marignane ?

Je ne peux pas vous dire. Après, chaque entraîneur peut aussi surprendre son adversaire, prendre des options auxquelles on ne s’attend pas. Vous croyez rencontrer telle équipe, en fait, il a complètement bouleversé son groupe. Ou il peut changer de système aussi.
Personnellement, si je garde ma philosophie, vous risquez de ne jamais voir le même groupe d’un match à l’autre.

 

• L’objectif affiché est-il bien la montée en National ? En cas, vous considérez-vous comme favori et/ou quels seront vos principaux adversaires ?

Notre premier objectif est de gagner nos trois premiers matches en août (Chasselay puis Marignane avant les grands débuts à Louis-Hon, le 24 août devant Martigues, Ndlr). On va chercher à gagner tous nos matches, enfin le plus possible bien sûr. Et encore et toujours, la compétition dira si nous sommes dans le vrai…

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