Fréjus Var Volley, más que solo un club (*) !

19 janvier 2021

Sur un strict plan administratif, le Fréjus Var Volley est un club tout neuf, puisqu’officiellement né en juin dernier. Une nouvelle entité rendue obligatoire par le règlement de la Ligue nationale de volley, qui n’accepte pas en son sein un club disposant d’un statut professionnel tout en étant partie intégrante d’une association omnisports.

Même pour un match amical d'entraînement de début de saison, le public répond présent, un public qui manque aujourd'hui beaucoup aux troupes de Loïc Geiler en Ligue B (photos © Ewa Gros et mairie de Fréjus)

Pour cette raison, le volley a quitté le giron de l’AMSLF et pris son indépendance au regard de l’association fréjusienne.

Mais dans sa longue histoire, là n’est pas le seul changement de dénomination du club est-varois plus beau fleuron du volley hexagonal à la fin des années 1980, début des années 1990. Tour à tour AMSLF Volley-ball (de sa “vraie“ naissance en 1975 jusqu’en 1989), puis AS Fréjus Var Volley-Ball entre 1989 et 1992 avant de redevenir une “simple section“ de l’AMSLF, le volley demeure une institution pour la cité romaine.

Le Fréjus Var Volley sait pouvoir s'appuyer sur des partenaires fidèles. Et réciproquement...

Le seul sport collectif qui ait permis de porter haut les couleurs de la ville aux quatre coins du pays mais également de la scène européenne.

Le regret de ne pas avoir
accroché un “gros“

Aujourd’hui donc, le Fréjus Var Volley a repris les rênes, courant (et ayant presque rattrapé) après ce glorieux passé, ces quatre couronnes nationales, cinq Coupes de France et cette finale continentale d’anthologie ! Avec, en vitrine, son équipe fanion, membre à part entière de la Ligue B masculine, antichambre de l’élite nationale, parmi la vingtaine de clubs pros en France.

Avec, en ce début d’année 2021 - entretien réalisé avant le match de ce samedi 16 janvier face à Saint-Jean d’Illac - une mention « bien mais peut mieux faire » décernée par le staff dirigeant du club est-varois, Alexandre Bonnard le président et Olivier Conte le trésorier.

Fréjus plus qu'un club ! Une famille à laquelle on veut s"identifier, y compris dans sa tenue de supporter, des enfants aux parents...

« On n’a pas spécialement envie de revenir dessus, mais il est clair que l’on va traîner comme un boulet la défaite concédée aux jeunes du Centre de haut niveau, France Avenir 2024, concède le président. Sans cela, le bilan serait bon, tout simplement. » Nonobstant « un autre petit regret, nuance Olivier Conte, celui de ne pas avoir accroché un “gros“ durant cette phase aller ».

« Aller chercher des défaites “bonifiées“…
quand on ne peut pas gagner »

Et nous rajouterons le fait de n’avoir pas su, lors des défaites concédées à Saint-Quentin, devant France Avenir, au Plessis entre autres, aller chercher des défaites “bonifiées“ et des cinquièmes sets qui auraient pu à coup sûr apporter des points supplémentaires dans l’escarcelle fréjusienne (**), voire pu changer la physionomie de certaines rencontres.

A fortiori dans un championnat dense et homogène. « Le niveau de ce championnat est surprenant, plus haut que ces dernières saisons. Aucune équipe n’est réellement en dessous des autres. Y compris le CNVB (France Avenir 2024) qui, selon les années, peut s’avérer plus faible. Mais là, quand bien même il y a beaucoup de “premières années“ à France Avenir, ce sont déjà des “monstres“. »

Nathan Bonnard (en haut, sous le regard des parents) ou Guillaume Respaut (ci-dessus), deux des plus grands espoirs du volley fréjusien

Une belle et grande forêt
derrière l’arbre “Ligue B“

Mais, fidèles aux valeurs de l’AMSLF, véhiculées par les anciens, les Casabianca (père), Chassagnard and Co’, les nouveaux dirigeants - en même temps sociétaires au club depuis de nombreuses saisons et qui ont pu jouer dans l’équipe fanion à une époque - ne se focalisent pas uniquement sur l’équipe professionnelle.

Sans oublier Clara Bezerga qui a, elle, rejoint le pôle espoirs du Creps de Boulouris

Le secteur “amateurs“ - de la Nationale 3 aux équipes de jeunes et l’école de volley, chez les garçons et chez les filles - revêt la même importance. Le club fréjusien est ainsi l’un des meilleurs de la Région Sud, l’un de ceux à compter le plus de licenciés aussi, même si le nombre d’adhérents a logiquement baissé cette saison.

« Nous étions 210 en fin de saison passée, “seulement“ (ou quand même, Ndlr) 170 cette année. Cette défection s’explique notamment par la vingtaine de loisirs dont nous n’avons pu “rentrer“ leurs adhésions car ils n(ont pas pu beaucoup jouer, quelques jeunes aussi, avec des catégories d’âges qui varient nécessairement tous les ans, selon les générations. Mais dans le contexte sanitaire que l’on traverse actuellement, on peut dire qu’on se maintient plus ou moins. »

Et la satisfaction est que la majorité des jeunes est revenue. « Pour les bambins en école de volley, ce sont parfois davantage les parents qui choisissent. Mais, à partir des U11, si les jeunes reviennent, c’est qu’ils le veulent vraiment. Et la grande satisfaction est qu’ils sont revenus. Et la belle surprise est que nous avons eu pas mal de débutants en M18 ! »

Les jeunes - en haut, les M13 en Coupe de France l'année passée, ci-dessus lors des dernières vacances de la Toussaint où le stage mis en place a fait le plein durant une semaine... avant le cadeau, la séance d'autographes des pros toujours disponibles

Encadrement et arbitres
à la hauteur

Et si les jeunes reviennent, et s’ils étaient pratiquement une cinquantaine à avoir pris part au dernier stage de la Toussaint, c’est aussi parce qu’ils aiment à se retrouver là, parce qu’ils y rencontrent des encadrants qui savent les motiver, les intéresser et les faire progresser.

La formation à la fréjusienne est ainsi unanimement reconnue et saluée. Notamment parmi les instances départementales (Comité) et de la Ligue.

 

Parce que le volley nécessite aussi des arbitres, le Fréjus Var Volley forme les siens. Ici Stéphane Poulet, qui arbitre au niveau professionnel (© DR Maritima Info)

Hors Loïc Geiler, titulaire du diplôme d’entraîneur professionnel, le Fréjus Var Volley peut s’appuyer sur une pléïade d’éducateurs de haut niveau. De Claudy Respaut, qui « a pris du recul mais sera toujours présent et susceptible de filer un coup de main », à Violaine Respaut ou Ludovic Tatinclaux, tous possèdent les diplômes requis pour entraîner jusqu’en Élite, 3e niveau national.

Julien Laporte est en pleine formation pour accéder à ce même niveau, Alexandre Gangneux, coach de la N3 féminine, peut entraîner en N2, Pierre Vivier coache la N3 masculine. Kamel Tabamer, Laurent Gherardi, Franck Vincenti, Stelli Lefeubvre, Chloé Benavente ou encore Mayalène Souday - « qui veut vraiment faire du “coaching“ et est en formation dans cette optique » - peuvent déjà gérer des équipes de niveau “région“.

L'ancien sélectionneur de l'équipe de France et créateur du pôle de Boulouris, Claude Chanou (en rouge), ne se trompe pas en venant apporter son aide et son expérience aux coaches du Fréjus Var Volley, Julien Laporte et Pierre Vivier

Bref, du lourd, très lourd, comme on en trouve peu dans les clubs actuellement. À tel point que les formateurs fréjusiens sont également sollicités sur un plan départemental (Pierre Vivier, sélectionneur adjoint de l’équipe M13 garçons du Comité du Var) et régional (Violaine Respaut entraîneur CRE (Centre régional d’entraînement) et responsable de la sélection régionale M14 féminine, Julien Laporte sélectionneur régional chez les M15 garçons.

Maya Souday, ici aux côtés de l'expérimenté Ludo Tatinclaux, une jeune fille qui poursuite sa formation d'entraîneur au sein du club fréjusien

Autre statistique pour le moins parlante et même carrément éloquente, la présence, lors de chaque stage départemental à l’occasion des vacances scolaires, « d’une dizaine de jeunes issus de Fréjus, se réjouit Julien Laporte. Aussi bien chez les garçons que chez les filles ».

Et côté arbitrage, Fréjus est également pourvue avec Stéphane Poulet et le jeune Romain Daussin, « qui sifflent au niveau professionnel », et deux autres en Nationale !

Nathan Bonnard, Clara Bezerga
et Guillaume Respaut, stars de demain ?

On le voit, Fréjus Var Volley sait pouvoir s’appuyer sur des structures et des bases solides. Avec une formation au niveau – Nathan Bonnard (15 ans), pensionnaire du Pôle espoirs de Cannes, est en équipe de France U16, Clara Bezerga, qui a intégré cet été le Pôle espoirs du Creps de Boulouris, ou encore le tout jeune Guillaume Respaut (13 ans), annoncé comme un futur grand espoir du volley français !

Entre supporters et joueurs, la belle entente...

Au regard de ses moyens (notamment financiers) actuels, et nonobstant la crise sanitaire qui ne vient pas aider - « zéro revenu de billetterie, zéro à la buvette, des licences en moins » -, le Fréjus Var Volley tire parfaitement son épingle du jeu. Préservant l’équilibre de son budget annoncé à 600.000 € annuels.

 

Ligue A, un coach adjoint,
un centre de formation !

« Nous remercions d’ailleurs l’ensemble de nos partenaires, souligne Olivier Conte, qui restent fidèles pour la grande majorité d’entre eux. Quand bien même eux aussi peuvent se trouver en difficulté. »

Mais l’ambition est bien là à moyen terme. « Outre la Ligue A, ou encore le fait de proposer un adjoint à notre coach, notre souhait est aussi d’aller chercher une accession en N2 avec les garçons. Ce qui nous permettrait de proposer un centre de formation. Qui ne pourra qu’être utile pour nos jeunes ici, tout comme pour Loïc et l’équipe 1. »

En attendant un jour prochain la possible arrivée d'un adjoint, Loïc Geiler sait pouvoir compter sur le discret mais toujours présent Jean Sengès, préparateur physique

 


(*) Más que solo un club : à rapprocher, pour ceux qui l’ignorent de la devise du FC Barcelone,más que un club“. “Más que solo un club“ signifie littéralement “plus qu’un simple club“.

 


(**) Rappel du barème en volley-ball : une équipe victorieuse 3-0 ou 3-1 empoche trois points, une victoire 3-2 ne rapportant que deux points. A contrario, si une défaite concédée 1-3 ou 0-3 ne rapporte rien, perdre au 5e set permet de glaner un point.
Ce qu’ont “su faire“ Illac et le Plessis (trois victoires en cinq manches, mais surtout deux défaites ainsi concédées) ou encore Martigues…

Après l'ère Éric Chassagnard, pas pour rien dans l'ascension du club est-varois, le FFV compte aujourd'hui sur ses hommes forts, Olivier Conte et Alexandre Bonnard, qui travaillent fort aujourd'hui à ses destinées

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