Inondations des 15 et 16 juin 2010 : Fréjus se souvient…

14 juin 2020

Bien sûr, le Covid est passé par là. Bien sûr, il est sur toutes les lèvres, sous tous les masques. Bien sûr, il est aujourd’hui celui qui monopolise toutes les pensées, accapare depuis des mois tous nos faits et gestes au quotidien. Bien sûr, il touche tout autant, emporte des innocents.

La hauteur des flots, ici le Reyran juste avant de rejoindre l'Argens, impressionnante !

Mais aujourd’hui, en ce lundi 15 juin 2010, la ville de Fréjus, son maire, ses habitants veulent aussi ne pas oublier qu’il y a 10 ans jour pour jour, la cité romaine se réveillait engloutie par les flots. Oh, pas de commune(s) mesure(s) avec un autre catastrophe, beaucoup plus tragique, beaucoup plus meurtrière, qui emporta 423 des siens un funeste 2 décembre 1959, qui a ce triste “privilège“ de demeurer encore à ce jour la plus meurtrière catastrophe naturelle qui eut jamais frappé notre pays. Et quelque part heureusement…

Et puis, il y eut ces autres inondations. Celles de juin 2010, fruit d’un évènement pluvieux intense, d’un de ces fameux épisodes méditerranéens comme on a pris l’habitude de les dénommer. Un épisode méditerranéen, expression presque poétique, qui enchanterait avec sa petite pointe d’accent provençal, s’il n’était devenu source de peur(s), de frayeur(s), d’inquiétude(s) à chaque fois qu’on l’entend prononcer par les prévisionnistes météorologiques…

Dans la journée du 15 juin 2010, et jusqu’au milieu de la nuit suivante, ce sont quelque 400 mm d’eau (l’équivalent de 400 litres au mètre carré) qui tombèrent sur la région, dont 397 mm en cinq heures seulement sur une zone restreinte.

Cet épisode méditerranéen du 15 juin 2010 constitue la catastrophe la plus dramatique du XXIe siècle. À Fréjus, mais pas seulement. À Draguignan aussi, dans toute la Dracénie où la Nartuby sema la mort, et jusqu’à l’est-Var, Roquebrune et puis Fréjus, à la confluence du Reyran et de l’Argens, torrent et fleuve côtier aussi meurtriers qu’ils peuvent se montrer paisibles et accueillants.
27 personnes perdurent la vie à l’occasion de ce drame, deux corps n’auront même jamais été retrouvés… La cité dracénoise fut la plus durement touchée. Fréjus perdra l’un de ses habitants.

La Palud, La Gaudine, les Éts Jaudon : autant de lieux symboles de Fréjus s'étaient retrouvés sous les eaux...

Quelque 1550 personnes, dont de nombreux touristes étrangers et des gens du voyage, ont été sinistrées, recueillies dans quatre centres de secours. Et tout le monde a encore en tête ces images des personnes hélitreuillées depuis la plaine de l’Argens, sinistrées sur la terrasse du restaurant du camping de l’Étoile d’Argens. Aujourd’hui, de nombreuses plaques ont fleuri deci-delà, pour rappeler la hauteur impressionnante atteinte par les flots ces jours-là…

C’était il y a 10 ans. L’occasion est là, en ce 10e triste anniversaire, d’avoir une pensée pour les personnes qui ont péri, pour les personnes qui ont perdu un être cher en cette catastrophe, pour ceux aussi qui ont tout “simplement“ perdu, biens, meubles et immeubles, des souvenirs à jamais disparus, transportés, emportés par les flots, le fruit de vies d’efforts engloutis pour toujours…

Le parking du Venise, route des plages, les bungalows provisoires de restauration et les postes de secours des pompiers témoignent de la violence des pluies

Et l’occasion est là, encore, de penser à ceux qui, dans des conditions analogues, nous ont quittés il n’y a pas si longtemps, lors de deux week-ends consécutifs, tout aussi funestes, de novembre et décembre 2019, lorsque Fréjus et sa région furent un temps placés en vigilance rouge. Rouge comme les yeux des victimes, emplis de larmes, personnes touchées par les intempéries, parents meurtris par les disparitions de l’éleveur de chevaux, Kai Duprez…

Plus que jamais aujourd’hui, chacun aura une pensée pour toutes les victimes des inondations, dont huit épisodes auront marqué la dernière décennie dans le plus beau département de France…

Le magazine municipal était revenu sur cette catastrophe dans son édition de juillet 2010

Une immense chaîne de solidarité s'était mise en place, les dons de vêtements affluant de France entière et même de l'étranger pour les personnes sinistrées qui avaient tout perdu dans ces inondations La DN7 barrée par les eaux à hauteur de B&B Hotel

La D8 et les serres inondées

Accueils de rescapés dans les salles Régis-Auzerau de Saint-Aygulf, à la mairie annexe, salle Charles-Denis, ou encore dans la salle Hippolyte-Fabre à Fréjus-plage

Des plateformes surélevées ont été instaurées dans tous les établissements d'hébergements de plein air après cette catastrophe. Dénommées zone refuge inondations, où l'on s'aperçoit que le mot confinement était malheureusement déjà “à la mode“...

 

La trace de la hauteur atteinte par l'eau au camping de l'Étoile d'Argens

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