Insécurité routière - Journée d’alternative aux poursuites : prévention et sensibilisation pour éviter la grosse peine

26 juin 2019



Comme elle le fait régulièrement depuis plusieurs années maintenant – « il y a eu en effet trois ou quatre journées de la sorte, rappelle Patrick Renard, adjoint au maire délégué à la sécurité publique, plus une plus spécifiquement destinée aux deux-roues » – la ville de Fréjus accueillait ce mercredi 26 juin une journée d’alternative aux poursuites. Très exactement et plus formellement une action de prévention alternative aux poursuites.

Une action conjointe aux forces de sécurité mais également à la justice, dans le cadre de délits routiers que l’on qualifiera de “très mineurs“ et qui sont de quatre ordres :
• non-port de la ceinture de sécurité,
• excès de vitesse inférieur à 20 km/h,
• usage du téléphone portable ou d’oreillettes au volant,
• non-port du casque.

Il y avait ainsi ce père de famille, expliquant le pourquoi de sa convocation : « J’étais à 100 m de l’école, j’avais un de mes deux enfants qui n’était pas attaché. J’ai fait une erreur, je paie. » Ou plutôt non. Car, en participant à cette journée d’alternative aux poursuites, ce père de famille a non seulement retenu la leçon, mais évité 90 € d’amende et la perte d’un point sur son permis.
Alors, bien sûr, il y aura toujours ces “ronchons“ – qui viendront se plaindre d’être dans « une pièce où la chaleur est intenable » –, mais il reste à espérer que certains témoignages leur aient permis de réfléchir à leur conduite (dans tous les sens du terme bien évidemment).

Près de 70 personnes (80 convoquées) avaient répondu à “l'invitation“ à la session matinale de cette journée de sensibilisation lancée par la vice-procureure de la République, en charge des délits routiers auprès du TGI de Draguignan

 Un mauvais choix, une petite erreur ?...

Car le principe de cette action est bien évidemment de prévenir et sensibiliser aux fautes certes mineures, que l’on commet tous (votre serviteur le premier), qui peuvent nous paraître anodines mais peuvent avoir des conséquences tragiques sur la vie des victimes.

Tout le monde connaît ainsi le cas de Vincent Lambert largement médiatisé, mais moins de monde connaît Marion Parent par exemple. Victime d’un accident de la route qui l’a laissée tétraplégique il y a 16 ans alors qu’une longue vie s’annonçait devant elle, cette personne, IDSR (Intervenante départementale de sécurité routière, bénévole auprès de la MSR-Var, Maison de la sécurité routière, instigatrice de l’évènement), a présenté son fauteuil roulant comme un « ami », évoquant sa maman qui ne cesse de répéter « mais pourquoi cela ne m’est-il pas arrivé à moi ? », expliquant le fonctionnement de la sonde urinaire dont elle est désormais équipée... mais qu’il faut vider toutes les quatre heures.
« Moi, à 40 ans, j’ai (encore) le droit de faire pipi au lit. Mais je ne le sens pas. Et je ne sais pas que ma poche se remplit. Alors, mon réveil sonne toutes les quatre heures, même la nuit pour que je vide ma poche. Depuis 16 ans, toutes mes nuits se passent ainsi… »
Témoignage poignant au milieu de rappels à la loi, d’autres ateliers-débats.

Elle ne cherche pas les larmes de son auditoire : Marion Parent raconte simplement comment sa vie a été bouleversée depuis un accident de la route survenu il y a 16 ans qui l'a rendue tétraplégique

… Une vie, un avenir peuvent être gâchés

« La Ville gère tout, précise le commissaire-adjoint Cédric Fèvre, c’est elle qui contacte le procureur pour expliquer sa volonté d’accueillir une telle action. Ensuite, les policiers, mais aussi OPM (officiers publics ministériels, dépendant du ministère de l’Intérieur) que nous sommes, nous mettons en relation avec le TGI de Draguignan, en l’occurrence ici la vice-procureure de la République, Aline Calandri-Guérin, pour lui proposer une liste de “candidats“ à cette journée d’action. »

Charge à eux d’accepter ou pas sachant qu’« en cas de refus, ou de non-réponse à la convocation qui leur a été adressée, la procédure normale de procès verbal (amende + perte de points) reprend son cours ».

Ce sont 80 personnes qui étaient convoquées pour chaque session de la matinée et de l’après-midi, mais il y eut ainsi quelques défections à déplorer.

Tout ce que nous faisons est dicté par nos choix et nos décisions. Parfois, ceux-ci peuvent tout changer…

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