Malgré le confinement, le judoka-CRS Thibault Crombez ne lâche rien !

20 avril 2020

Thibault Crombez, sportif de haut niveau, ne vit pas pour autant de sa discipline. Il a également une activité professionnelle, et travaille comme CRS, membre de la caserne CRS7 de Deuil-la-Barre, commune de quelque 22.000 habitants limitrophe d’Enghien-les-Bains, dans le Val-d’Oise. À son niveau donc, le confinement n’existe pas. Mais son rôle consiste avant tout à le faire respecter.

« On est toujours dehors, ça c’est certain. Mais il est sûr qu’actuellement, nos missions sont essentiellement axées sur les contrôles routiers et la présentation d’une attestation de déplacement valable. Nous intervenons beaucoup sur les péages de sortie de la capitale notamment. Plus quelques contrôles de vitesse aussi. Les routes étant moins fréquentées, certains usagers ont tendance à appuyer un peu trop sur l’accélérateur. »

Avec son entraîneur Laurent Mahé, au tournoi seniors de Béziers 2018 remporté dans sa catégorie des 73 kg par Thibault Crombez

Bataille de gardes
avec Melina… à l’appart’

Si le confinement n’a donc pas réellement d’impact sur son activité professionnelle – hors le fait que « nous ne sommes pas protégés, nous n’avons ni masque, ni gants, donc cela n’a rien d’évident non plus » –, les conditions d’entraînement judo se révèlent, elles, assez délicates.
« Il y a bien une petite salle de sport à la Compagnie, mais on ne dispose pas de trop de matériel. Sans compter la fréquentation. On peut être une centaine mais parfois, une compagnie de CRS peut accueillir jusqu’à 200 gars. »

Alors autant dire que le judo, actuellement… « J’arrive à aller courir un peu. Et, avec ma compagne Melina, qui est judokate également, on fait un peu de gestes typiques de la discipline à la maison, genre bataille de gardes ou des répétitions techniques. Mais ça ne remplace pas le fait de monter sur un tatami et y combattre. »

Extrait des vidéos proposées au téléchargement ci-après, lorsque le salon se transforme en tatami de fortune

Amséliste depuis ses premiers pas
sur un tatami à 3 ans

En temps ordinaire, lorsqu’il est en Île-de-France, Thibault Crombez s’entraîne au club de « l’AJA Paris XXe ou encore à l’Institut national du judo (INJ) dans le XIVe arrondissement. À raison de quatre à cinq séances hebdomadaires si je travaille en “petite semaine“, deux à trois fois si je suis en “grande semaine“ à la Compagnie, soit 5 jours sur 7 ».

Avoir une activité professionnelle n’empêche pourtant pas Thibault Crombez de performer sur les tatamis, dans sa catégorie des 73 kg.
Ces deux dernières saisons, il est ainsi devenu champion de France par équipes 2e division en 2018 (faute de pouvoir, pour l’Amslf, présenter une formation complète, Thibault renforçait l’équipe toulonnaise du Judo 83), avant de ramener une belle médaille de bronze de Bucarest lors des championnats d’Europe de la Police en 2019. Des titres que, fidèle depuis ses 3 printemps et ses premiers pas sur un tatami à son club de toujours, l’Amslf Fréjus, il a préparés dans sa ville natale, auprès de son entraîneur, Laurent Mahé, et de ses camarades de promotion, Pascal Belnoue ou Quentin Mahé, fis de son père.

Avec les Mahé, père et fils...

Les qualifs pour les “France“
à Saint-Raphaël dans le viseur

Alors bien sûr, cette période de crise sanitaire et de confinement a des répercussions sur les calendriers nationaux et internationaux. Et, par voie de conséquence, sur le plan de carrière de Thibault. « Je ne suis pas encore trop vieux, mais j’ai tout de même 28 ans. Autant dire que je suis plus près de la fin. Et cette crise constitue un vrai frein pour moi qui restais sur deux bonnes saisons. »
Ainsi le judoka amsélistes visait-il tout particulièrement les qualifications pour les championnats de France qui devaient se dérouler à… Saint-Raphaël le 10 mai prochain. « L’objectif était la qualif’ pour les “France“, avant d’essayer d’intégrer la sélection et viser les “Europe“. Il y avait aussi des tournois européens que je pouvais espérer disputer. »
Mais pour l’heure évidemment, « le plus grand flou demeure dans le calendrier. Les qualifs pour les championnats de France seraient reportés entre mi-septembre et mi-octobre, toujours à Saint-Raphaël. À partir de là découlerait ensuite une partie du calendrier ».

Médaille d'or aux championnats de France 2e division, pour les Varois du Judo 83 Toulon, renforcés pour l'occasion par Thibault Crombez en 73 kg, qui n'en concourait pas moins sous les couleurs de l'Amsl Fréjus, et avec un grand chelem (4 combats, 4 victoires)

2020 = saison blanche ?

Si tel est le cas, Thibault Crombez considérera qu’il n’a « perdu qu’une demi-année ». Sinon, il remarque, avec une pointe d’amertume, que « cette année 2020 sera bel et bien une saison blanche ».

Mais l’adversité, Thibault connaît. Tant dans son métier – à propos, il souhaite à terme intégrer les unités d’élite du « GIPN (Groupement d’intervention de la police national, Ndlr) ou du Raid, mais deux années d’ancienneté sont nécessaires avant de prétendre présenter les tests de sélection » –, que dans le judo. Alors, il fait tout pour revenir encore plus fort et briller sur les tatamis… dès qu’il en aura le droit !


Téléchargez ici des vidéos de Thibault Crombez s'entraînant “at home“ avec sa compagne Melina
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