Mise en place de nouvelles ganivelles à Saint-Aygulf : la Ville au chevet de ses plages

15 novembre 2020

Toute la semaine passée, la Direction des interventions techniques (DIT) de la ville de Fréjus ont travaillé à poser de nouvelles ganivelles sur les plages de Saint-Aygulf, en bordure de parking, pour consolider les dunes et garder le sable sur la plage. Si la mise en œuvre technique de ces travaux est assurée par la Ville, ainsi que le financement qui s’élève à un peu de 12.100 € TTC (12.124,70 € très exactement), l’opération est encadrée par le service Biodiversité Natura 2000 de la Cavem (Communauté d’agglomération Var-Estérel-Méditteranée).

Le premier travail a consisté à ramasser le sable amoncelé sur le parking et le remettre sur les dunes et la plage

Mais tout un chacun ne sait pas nécessairement ce qu’est une ganivelle. Il s’agit en fait d’une clôture, naturelle car constituée de lattes de bois (ici en l’occurrence du châtaignier), légèrement espacées et assemblées entre elles par des tours de fil de fer.

Plantées dans le sable, elles constituent un barrage pour le sable qui, emporté par le vent, vient buter contre ces barrières de bois, retomber et s’amonceler pour petit à petit former un cordon dunaire.

L’on comprend aisément avec cette explication pourquoi une ganivelle est encore appelée “barrière girondine“, les côtes aquitaine et landaise proposant précisément de nombreuses dunes.

C'est un linéaire de quelque 800 mètres de nouvelles ganivelles qui a été posé pour (ré)aménager le front de plage en bordure de parking

Laisser la dune se végétaliser
et s’ancrer

À Fréjus, ou plus exactement Saint-Aygulf, le vent d’est hivernal ramène le sable vers la terre, le parking, traverse la route et va se poser dans les étangs. A contrario, le mistral renvoie ce sable en mer. Bien sûr, on ne va pas “construire“ là la dune du Pilat, mais, après avoir remis en place le sable amoncelé sur le parking, simplement « retenir le sable, le fixer à cet endroit pour permettre à la végétation dunaire de se développer avec des espèces végétales protégées, typiques des dunes telles l’Euphorbe des sables, l’Échinophore épineux ou le Paincaut maritime. Ainsi végétalisée, la dune s’ancrera parfaitement à cet endroit », explique Kevin Bergeron, de la Direction environnement & développement durable de la Cavem.

 

L’idée n’est pas nouvelle, en témoignent les premiers ganivelles, rendues « grisâtres par l’usure du temps, les embruns, vestiges plantés là il y a dix ou quinze ans » qui affleurent pour certaines de ces ganivelles, sont complètement enfouies sous le sable pour d’autres.

Trois rangs de ganivelles
pour un linéaire de 800 mètres

Souvenez-vous des plages de Saint-Aygulf voici une quinzaine d’années. Il n’y avait alors qu’une étendue de sable, sans aucune végétation. La mise en place de “pièges à sable“ – ces blocs de béton en U que l’on voit encore deci-delà sur le parking –, la pose des premières ganivelles ou encore les premières plantations de palmiers ont permis aux premières dunes de prendre forme.

Trois lignes de nouvelles ganvilles sont posées pour remplacer ou suppléer les existantes enfoncées dans le sable, ainsi que des îlots (ci-dessus) pour protéger les entrées/sorties de plage

Sur la présente opération, c’est un linéaire de quelque 800 mètres qui doit être (ré)aménagé. Sur la partie la plus à l’ouest des plages, depuis le pont de la Galiote jusqu’au Venise. 800 mètres car trois lignes de ganivelles sont plantées, une première devant le parking, une deuxième à l’intérieur et plus haute et la troisième coté plage, de manière à constituer deux rangées.

« Des îlots sont également aménagés au devant de chaque sortie de plage, là encore pour retenir le sable à ces endroits spécifiques et éviter qu’il ne s’engouffre dans ces passages et ne se retrouve sur le parking. »

Respecter et
ne pas marcher sur les dunes

Aider à l’aménagement naturel et la stabilisation de ces dunes, c’est respecter la nature, la biodiversité qui se développe à cet endroit. C’est aussi permettre à la plage de conserver son sable, et ne pas devoir la réensabler chaque été en laissant le sable s’envoler au gré des vents. Les ganivelles revêtent donc plusieurs intérêts, environnemental on l’a vu, mais également économique « car il ne sert à rien de laisser partir et s’envoler ce sable que nous avons sous la main ». C’est pourquoi encore il convient à tous de respecter et ne pas franchir ces barrières naturelles que sont les ganivelles.

À terme, et pour achever l’opération, il est également prévu, comme cela a été fait sur la partie est, entre le Venise et les Esclamandes – partie appartenant au Conservatoire du Littoral – de remplacer les pièces à sable par de petites barrières constituées à partir de rondins de bois posés horizontalement (ci-dessous).

Cette opération, initialement prévue pour la saison estivale 2020, a été retardée pour les raisons que l’on sait. Dès à présent, Fréjus travaille ses plages pour l’été 2021.

Classé dans
Actualité générale