Moto EWC : le Fréjusien Sébastien Gimbert entre SUZUKA et BOL d’OR

11 août 2019

S’ils n’y ont pas crevé l’écran, les trois pilotes du team britannique, le Honda Racing Team et sa machine n°111 (Honda VFR 750 R, RC30), au contraire des 21’ Heures du Mans, Randy de Puniet, Yonny Hernandez et le Fréjusien Sébastien Gimbert étaient bel et bien présents sur cette drôle de course à l’autre bout de la planète.

Le trio Gimbert - De Puniet - Hernandez (absent ici) n'aura pas fait d'étincelles à Suzuka, mais énormément travaillé en vue du Bol d'Or de la mi-septembre

Suzuka, pas un coup pour rien !

Une épreuve nippone, pour laquelle les constructeurs locaux ont bien évidemment les yeux de Chimène et engagent des moyens sans précédents, tant financiers qu’en terme d’innovation de matériel. DE son côté, l’écurie britannique HRC créée en 2014, sachant qu’elle ne pourrait rééditer son podium final de la dernière campagne mondiale (3e en 2018, la Honda #111 finira ce championnat EWC 2018-2019 au 6e rang, avec 91 points, à distance de la SRC Kawasaki France championne du monde avec 145,5 pts), ce lointain déplacement n’était pas placé tout en haut des priorités britanniques. «  Nous n’avons ainsi pas pris part aux pré-tests mais sommes arrivés presqu’au dernier moment pourrait-on dire. »

Là où s’est jouée pourtant une partie de la course pour Gimbert et ses partenaires. « Les grosses écuries officielles et les manufacturiers avaient ainsi bossé toute la semaine, définissant un type de gomme optimale, a fortiori dans des conditions météorologiques en pleine saison des ouragans – l’un d’entre eux passera vraiment tout près, obligeant les organisateurs à supprimer les essais du vendredi. »
Oui, mais voilà, les motos équipées en Dunlop « comme nous avaient chois leurs gommes. Et nous n’avons eu d’autres choix que d’utiliser ces pneus, lesquels ne nous ont pas convenu : nous ne sommes jamais parvenus à résoudre le dribbling (vibration) sur la roue avant… ».

Le pilote fréjusien Sébastien Gimbert l'a annoncé voici plusieurs mois, il le confirme si besoin : "Le Bol d'Or sera ma dernière course officielle d'endurance"

Gimbert sollicité mais inflexible

Dès les premiers tours de roue, Sébastien Gimbert savait que Suzuka #2019, traditionnellement « une course de dingues de par l’enjeu qu’elle représente au Japon et les conditions météo que l’on y rencontre (45°, 80 % d’humidité, on perd 1,7 kg en eau sur chaque relais !) », ne serait pas « une partie de plaisir » pour son team et ses partenaires. « Dès le premier jour, je chute une fois, deux fois. On était toujours à la limite de l’adhérence, on n’avait pas le grip et il nous a fallu composer avec ça tout au long du week-end. »

Le début de course ne sera pas mieux, avec une chute de Yonny Hernandez « esquintant le côté de la moto et un bout de faisceau électrique que l’on sera obligé de changer plus tard et qui ajoutera au retard accumulé ». Finalement, 13e, la Honda #111 aura profité de ce voyage nippon pour travailler en vue du Bol d’Or, LA vraie échéance de ce début de saison mondiale 2019-2020 (*).

Et surtout, il l’a dit, martelé et seriné, et ne reviendra pas dessus, la dernière apparition officielle sur une course d’endurance de l’EWC pour le Fréjusien Sébastien Gimbert. « Non, je n’ai pas changé d’avis, même si je suis sollicité. Sans doute remonterais-je sur une de ces machines, mais ce sera plus dans un cadre de développement, sans un investissement sur une campagne entière. »

[ A minima finir sur la boîte, comme au Mans (2es aux 24 Heures) en avril dernier, c'est tout ce que l'on souhaite au pilote est-varois pour sa dernière

Physiquement au top avec Nicolas Moretti

Pour autant, le pilote est-varois est en pleine bourre. Notamment physique. « Suzuka est une épreuve très dure physiquement. C’est toujours forcer ton mental à donner encore plus, il faut toujours un zeste d’énergie supplémentaire. Mais je m’étais magnifiquement préparé avec mon préparateur physique ici, Nicolas Moretti », l’ancien handballeur professionnel de Saint-Raphaël. Et cette préparation « a payé à Suzuka, j’étais parfaitement bien, et c’est même moi qui ai eu le bonheur de faire ce dernier relais dantesque et époustouflant (lire notre article ici), avant que d’admirer le feu d’artifice tiré traditionnellement en fin de course. Quand je te dis que c’est une vraie course de dingues ! »

Enfin, autre énorme point de satisfaction ramené du pays du Soleil levant, « au regard de notre week-end mal engagé, notamment avec ce souci de dribbling, non seulement nous avons pu travailler sur certains points faibles de la moto en vue du Bol, mais surtout, loin de nos bases, en groupe resserré, toute l’équipe a travaillé de concert, il y a eu une vraie émulation qui a renforcé les liens et ne peut que nous servir au Paul-Ricard (le circuit du Castellet qui accueille le Bol d’Or, Ndlr). »

Le Pré-Bol d’Argent les 3 et 4 septembre

Pour l’heure, les machines viennent de regagner leur port d’attache en Angleterre. Là, « on refait un set-up complet de la moto, on va installe de nouveaux éléments validés sur les dernières courses et derniers essais, on reconditionne tout l’ancien matériel, notamment revenu de Suzuka, pour refaire du neuf. On va beaucoup travailler sur le domaine de l’injection, car le Castellet propose de grandes vitesses de pointe. Bref, on est au taquet » pour présenter la meilleure machine sur la course varoise.

Et les premiers éléments de réponse apparaîtront très vite, « dès les tests sur le Paul-Ricard à l’occasion du Pré-Bol d’Argent les 3 et 4 septembre. Ce sera la dernière occasion de valider et voir si nous sommes dans le vrai, d’opérer les derniers réglages ». Car dès les premiers essais de cette 83e édition du Bol d’Or, il faudra être compétitifs dès la roue de la Honda #111 posée sur le bitume varois !


(*) Le championnat Endurance World Championship (EWC) se déroule dorénavant à cheval sur deux années civiles. Ainsi en a décidé la FIM, Fédération internationale de motocyclisme. L’édition 2018-2019 s’est ainsi conclue il y a quinze jours à Suzuka, sacrant la Kawasaki du Team SRC Kawasaki France managé par Gilles Staffler côté équipes, et les pilotes David Checa, Jérémy Guarnoni et Erwan Nigon côté équipages, la nouvelle campagne 2019-2020 débutant au Bol d’Or au Cestallet (21-22 septembre), avant de se poursuivre en Malaisie (8 Heures de Seypang, 14 décembre), dans la Sarthe les 18 et 19 avril 2020 pour une nouvelle édition des 24 Heures du Mans, en Allemagne (8 Heures d’Oscherschleben) et de se conclure à nouveau aux 8 Heures de Suzuka le 19 juillet 2020.

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