Sports - Triathlon Léo Bergère en quête d’un billet pour les Jeux

20 décembre 2020

Il n’est pas Fréjusien, certes. À la limite pourrait-on le considérer comme Raphaëlois de par les attaches qui le lient encore au Pôle France de triathlon, sis au Creps de Boulouris… « J’y étais voici quelques années, en qualité d’espoir à l’époque. J’ai fait ma première année post-bac ici, à Boulouris. Donc, immanquablement, oui, j’y ai des attaches, je connais bien les lieux et j’aime venir m’y entraîner de temps en temps. » 

Léo Bergère, 4e nageur à partir de la gauche, à l'issue d'un entraînement la semaine passée à la piscine Maurice-Giuge avec les pensionnaires du Pôle France de triathlon

Double champion du monde
en titre en relais mixte

Non Fréjusien donc, Raphaëlois un peu, et actuellement licencié au sein du club vendéen de Saint-Jean-de-Monts, c’est, pour autant, bien dans les eaux fréjusiennes de la piscine Maurice-Giuge que Léo Bergère a nagé ces derniers jours, avec ses collègues du Pôle boulourissien (puisque le stade nautique de Saint-Raphaël était monopolisé par les championnats de France de natation -> lire notre article ICI).

Et c’est là aussi que Léo Bergère a bien voulu nous accorder quelques mots, à l’aube d’une saison où il joue gros, très gros.

Photo © D.R. Worldtriathlon @fitri

Car Léo, pour ceux qui ne connaissent pas trop la discipline – quand bien même le triathlon local et le Pôle France a vu passer en son antre des Olivier Marceau, Fred Belaubre, la famille Shaw (née à la natation à l’Amslf)… –, est l’un des tous meilleurs spécialistes français du triptyque “natation, vélo, course à pied“. Et quand on sait que les Tricolores sont, eux, parmi les meilleurs spécialistes mondiaux, c’est dire le niveau du garçon.

Quatre pour trois places !

C’est bien simple, avec Vincent Luis, champion du monde en titre, mais aussi Dorian Coninx ou encore Pierre Le Corre, ils sont quatre à se disputer le quota de trois billets qui est accordé au triathlon hexagonal pour les prochains Jeux olympiques de Tokyo, logiquement amenés à se disputer l’été prochain. Sachant encore que deux autres billets seront offerts dans le cadre du relais mixte où, là aussi, les Tricolores sont le toit du monde, doubles champions du monde en titre avec Léo Bergère (2019 avec Vincent Luis, Cassandre Beaugrand et Émilie Morier ; 2020 avec Dorian Coninx, Cassandre Beaugrand encore et Léonie Périault) ! Le tout à 24 ans seulement !

Photos © D.R. @chrisbourdy

Aussi, avant même de songer aux JO, il faudra séduire les sélectionneurs, pour qui ce choix particulièrement riche ne doit pas non plus être aisé à faire, entre le fait de réaliser le meilleur compromis entre compétition individuelle et ce fameux relais qui plaît tant aux Tricolores.

Le Covid a tout chamboulé

« La qualif’ pour les Jeux était déjà l’objectif majeur de la saison 2020 – puisque les JO de Tokyo étaient initialement programmés à l’été 2020, rappelons-le, Ndlr – souligne Léo. Alors, la pandémie a tout chamboulé, mais l’ambition demeure la même pour l’été prochain. Alors, comme vous le disiez, la concurrence est déjà très élevée pour simplement aller chercher un billet olympique. Mais cette concurrence est très saine en équipe de France, entre nous triathlètes et elle constitue une vraie motivation pour travailler plus et progresser encore… »

Vincent Luis, champion du monde, concurrent et coéquipier lors du titre mondial du relais mixte en 2019 ou ici lors du Test-event pré-JO à Tokyo

Même le fait qu’un Vincent Luis et un palmarès gros comme ça aient déjà mis une option sur un des trois sésames individuels ne rebute pas Léo Bergère, auréolé d’un titre national en format sprint fin septembre. « Au contraire, il faut voir Vincent comme un exemple, progresser pour essayer de l’égaler. Sa présence doit être une véritable émulation pour les autres, et c’est ainsi que je la vis en tout cas. » 

Stage à la Réunion
et humidificateur d’air

Et le moins que l’on puisse dire c’est que Léo Bergère met tout en œuvre pour parvenir à ses fins. « Oui, je vise la sélection pour les Jeux, mais je ne veux pas m’arrêter à cela. L’important c’est d’être compétitif pour ces échéances, certes, mais également pour l’ensemble de la saison. Il ne s’agit pas d’être bon et décrocher le billet pour Tokyo, arriver là-bas et se planter. Non, il faut être régulier, performer jusqu’aux Jeux. »

Et notamment se mettre dans les conditions climatiques qui attendront les triathlètes fin juillet dans la capitale japonaise – les épreuves de triathlon sont programmées du 25 au 30 juillet, et Léo se souvient avoir souffert de cette chaleur moite en août 2019 lors du Test-event.

Léo sur les routes de l'intérieur de la Réunion avec l'équipe de France... (© photo @chrisbourdy)

Pour ce faire, avant de continuer à s’entraîner à Maurice-Giuge, Léo Bergère rentrait tout juste d’un stage à la Réunion. « Pour essayer de s’approcher de conditions chaudes et humides à la fois, qui nous attendent au Japon. Je devrais d’ailleurs refaire un cycle là-bas en janvier ou février », ou encore s’entraîner avec un humidificateur d’air à son « bureau de Boulouris » comme il le montre sur sa page Facebook voir sa vidéo ICI).

 

Ah, il y a une autre condition aussi pour Léo Bergère avant d’espérer briller en terre nippone : que ce satané virus disparaisse et permette la tenue des Jeux ! C’est certainement l’un des vœux que formulera Léo Bergère au moment de franchir le cap de 2021 dans une dizaine de jours…

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