Victoire des Alliés 8-Mai 1945 : le 74e anniversaire commémoré place Agricola ce mercredi

07 mai 2019

Le 8 mai n’a pas toujours été un jour férié. Si cette date marque la victoire des troupes alliées sur l’Allemagne nazie le 8 mai 1945, en même temps que la fin de la 2nde Guerre mondiale en Europe du fait de la capitulation de l’Allemagne, cette journée – et son caractère férié justement – a souvent fait débat, et surtout été l’objet de volte-face de la part des dirigeants français.

Ainsi, la loi du 7 mai 1946 prévoyait que la commémoration de cette journée soit fixée au 8 mai de chaque année si ce jour est un dimanche, au dimanche suivant dans les autres cas. Pour autant, jusqu’en 1951, cette commémoration perdra peu à peu de son importance en dépit des demandes des associations d’anciens combattants réclamant un jour férié et chômé. L’adoption de la loi du 20 mars 1953 clarifiera la situation, instaurant un jour férié (mais non chômé) le 8 mai.

En 1959, souhaitant aller dans le sens d’une véritable réconciliation avec l’Allemagne, le président Charles de Gaulle supprimera ce caractère férié, fixant la date de la commémoration au 2e dimanche de mai. Un nouveau décret, en janvier 1968, décidera que le 8 mai serait commémoré chaque année, à sa date, en fin de journée.

Il en sera ainsi jusqu’en 1975, lorsque le président Valéry Giscard d’Estaing supprimera la commémoration de la victoire des alliés de 1945, marquant la volonté commune des Européens d’organiser leur avenir pacifique. Décision qui provoquera un tollé général de la part des associations d’anciens combattants, mais qui ne changera cependant rien.

Le conflit le plus meurtrier de l’histoire

Finalement, c’est en 1981, par la loi du 2 octobre, que le président François Mitterrand, élu en mai de cette même année, rétablira la commémoration et le caractère férié (au regard du code du travail) de cette journée.

Mais plus que toutes ces vicissitudes, rappelons que le 8 mai 1945, à 23h01 (heure allemande), marque officiellement la fin de la 2nde Guerre mondiale en Europe, au lendemain de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie, signée le 7 mai à Reims.
Désigné comme son successeur par Adolf Hitler – qui s’est suicidé quelques jours plus tôt (30 avril) dans on bunker de Berlin –, l’amiral Dönitz et son état-major comprennent rapidement que la situation est sans retour et ils demandent donc aux puissances alliées que cessent les combats. Et c’est le général Jodl, chef d’éta-major de la Wehrmacht, qui sera envoyé à Reims, quartier général des forces alliées du général Dwight Eisenhower que sera actée la capitulation allemande.

Rappelons que ce conflit restera comme le plus meurtrier de l’histoire, avec plus de 50 millions de morts, militaires mais aussi et surtout civils : 400.000 Américains, autant de Britanniques, 600.000 Français, 8 millions d’Allemands ou encore 10 à 20 millions de Soviétiques trouvèrent ainsi la mort sur ces quelques années.

Hommage à Éric Pioch,
un homme libre parmi 57147

Aujourd’hui, le travail de mémoire et de reconnaissance du sacrifice de ces hommes se perpétue bel et bien, et demeure une date ancrée dans l’esprit des Français. À Fréjus ainsi, la cérémonie de commémoration du 74e anniversaire de cette victoire alliée aura lieu ce mercredi 8 mai, à partir de 11h, au Monument aux Morts de la place Agricola, en présence bien sûr de David Rachline, maire de Fréjus, mais également des autorités militaires et du chef de Corps du 21e RIMa, le colonel Frédéric Edel, les représentants des chambres régionale et départementale, les édiles municipales...

Plusieurs lectures accompagneront le discours de David Rachline, maire de Fréjus, notamment celui de la jeune Juliette Mariottini.
La jeune lycéenne de Camus, lauréate du 5e prix devoir individuel des lycées du Var du Concours national de la Résistance et de la déportation 2018, lira ainsi le dernier acte d’Éric Pioch du 8 mai 1945 dans son livre Route de l’exil.
Commissaire divisionnaire (H) de la police nationale, mais surtout ancien combattant des Forces françaises libres, évadé de France interné en Espagne, Éric Jean Pioch était un Français libre parmi 57147. Ce que raconte dans son ouvrage ce quartier-maître mitrailleur bombardier né à Tanger en 1922 et qui s’est éteint du côté de Saint-Raphaël le 22 octobre 2015.
Les habitants sont bien évidemment conviés à prendre part à cette cérémonie commémorative.

Classé dans
Actualité générale