Volley-ball : Loïc Geiler, entraîneur de l’AMSLF, dévoile la genèse d’une saison réussie

09 juin 2019

Geiler, un nom à la Fabiani, à la N’Gapeth, à la Tillie dans le monde du volley-ball français. Il y eut d’abord Christophe Geiler, international tricolore, tout comme celle qui deviendra son épouse, Brigitte Boulay. Et comme les chiens ne font pas des chats, les deux rejetons, Loïc l’aîné (35 ans aujourd’hui) et Baptiste (de trois ans son cadet), seront non seulement joueurs professionnels… de volley, mais revêtiront tous deux la tunique tricolore, à 40 reprises pour Loïc, deux sélections de plus pour le frangin.

Aujourd’hui, si Baptiste continue une carrière pro bien fournie – Montpellier, Arago Sète, VfB Friedrichshaffen avec un titre de champion et deux coupes d’Allemagne à la clé, Stade Poitevin et, depuis deux saisons, Chaumont –, Loïc a vu son physique le lâcher et le contraindre à interrompre soudainement sa carrière à l’âge de 28 ans. Il en a d’ailleurs fait aujourd’hui un cheval de bataille, « en veillant aux charges d’entraînement en regard avec l’intégrité des joueurs et leurs éventuelles faiblesses physiques pour qu’ils puissent durer le plus longtemps possible ».

La meilleure recrue amséliste ?

Passé par le centre de formation de Montpellier – il y côtoiera Julien Laporte, aujourd’hui son adjoint aux commandes de l’effectif fréjusien, mais avant tout son ami –, Loïc rejoindra le monde professionnel dans le chef-lieu de l’Hérault, avant de poursuivre sa carrière à l’AS Cannes puis le Tours VB. Bref, que des clubs mythiques du volley français, encore plus si l’on ajoute l’AMSLF Fréjus (des années 80-90, certes, mais quand même !) qu’il rejoindra en janvier 2012.

Ce jour-là, un certain 14 avril, les supporters fréjusiens n'avaient pas oublié l'anniversaire de leur coach !

Et ce sera certainement l’une des meilleures recrues effectuées par le président Éric Chassagnard de toute cette dernière décennie. Venu entraîneur-joueur, Loïc ne devra malheureusement pour lui rapidement se contenter du seul rôle de coach, assisté de Ludovic Tatinclaux dans un premier temps avant que Julien Laporte ne prenne la suite.

Aujourd’hui, sous ses ordres, la section volley de l’AMSLF est (re)devenue la vitrine des sports collectifs amsélistes (*), championne de N2 (2013-2014), vice-championne Élite derrière Saint-Brieuc (2014-2015) mais empêchée de monter car n’ayant, à l’époque, pas présenté de dossier d’éligibilité – la même mésaventure arrivera à Mende la saison suivante. Après deux saisons 2016-2017 et 2017-2018 légèrement plus en demi-teinte, mais achevée avec un maintien facile en play-off la première année, puis sans réelle frayeur en play-down l’année suivante, l’AMSLF abordait une campagne cruciale en 2018.

Montée en puissance contrôlée mais régulière

Portée par la municipalité – « nous avions, avec le président, présenté au maire David Rachline, un plan de trois saisons pour rejoindre la Ligue B, sachant que le volley est le moins onéreux des sports collectifs » –, se structurant petit à petit en coulisses, l’AMSLF réussira son pari, bénéficiant certes de la refonte du championnat la conviant – en même temps que Mende, 4e des play-off, et du Centre national de volley-ball – à rejoindre l’antichambre de l’élite hexagonale, s’installant parmi les 25 meilleurs clubs nationaux !

Un réseau et un nom qui servent…

Avec son nom, son aura, le travail fourni et son important réseau, Loïc montera cette année une équipe « un peu juste physiquement, mais s’appuyant sur un bon bagage technique ». Avec surtout des joueurs adhérant à 100 % à son projet – une des nouvelles recrues 2019-2020, Jordan Corteggiani, pointu en provenance des Spacer’s de Toulouse, aurait refusé des offres financières plus conséquentes de clubs de LAM pour venir évoluer sous les ordres de Loïc, et ce n’est pas le seul… – l’entraîneur amséliste, d’ailleurs élu meilleur coach de la division par ses pairs (pas un mince honneur tout de même !), a toujours appliqué la même méthode de travail.

Méticuleux, ne laissant rien au hasard – non, nous n’avons pas dit maniaque, mais nous dirions plutôt professionnel jusqu’au bout des doigts –, Loïc Geiler et son staff (Julien Laporte, Jean Sengès, le préparateur physique, Khélil Bab-Aïssa…) n’a eu de cesse « d’optimiser nos points forts », construisant (physiquement) l’équipe pour « aborder les moments cruciaux de la saison que nous avions cochés dans notre optique de maintien, à savoir les deux triptyques (Mende, CNVB, Avignon, matches à suivre) contre ceux qui nous apparaissaient comme nos adversaires directs ».
Au final, 9 points sur 9, tant à l’aller comme au retour, et un maintien assuré à quatre matches de la fin de la saison régulière avec d’autres brillantes performances à Nancy, Illac ou encore devant Saint-Quentin. Sans oublier d’avoir fait trembler à Sainte-Croix les “ogres“ martégaux, parisiens ou cambrésiens !

« L’objectif officiel était atteint, et celui passé entre staff et joueurs également puisque nous voulions aller chercher les play-off, soit les huit premières places. »

2019-2020 déjà lancée !

Samedi dernier, lors de la soirée avec les partenaires, s’il n’a pas encore évoqué le recrutement (**), celui-ci n’en est pas moins clos depuis le 24 mai. Et chacun est déjà parti avec un programme foncier adapté, qui doit leur permettre de travailler leurs points faibles respectifs, chose que nous avons moins de temps pour le faire en pleine saison. Ainsi, normalement, lorsque nous reprendrons le chemin de l’entraînement le 19 août, il ne devrait pas y avoir trop de disparités dans l’état physique des garçons et l’on devrait pouvoir entrer d’emblée dans le vif du sujet… »
Quand on vous le dit que Loïc Geiler est un “fou“ très professionnel de travail et probablement la meilleure recrue amséliste des 7-8 dernières années… En tout cas, c’est marrant, on a hâte de voir les contours d’un effectif que l’on nous annonce quelque peu bouleversé (**). La réussite dans le monde professionnel est à ce prix…


(*) Le parcours de l’AMSLF depuis 2013.
-> 2012-2013 : 2e Nationale 2 derrière Montpellier UC,
-> 2013-2014 : 1ère Nationale 2, accède au championnat Élite (3e niveau national),
-> 2014-2015 : 1ère Élite phase régulière, 2e Élite play-off derrière Saint-Brieuc, vice-championne de France Élite
-> 2015-2016 : 6e Élite phase régulière, 2e Élite play-down derrière Grenoble UC, se maintient en championnat Élite,
-> 2016-2017 : 3e Élite phase régulière, 5e Élite play-off, se maintient en championnat Élite,
-> 2017-2018 : 2e Élite phase régulière derrière Martigues VB, 2e Élite play-off derrière Martigues VS et Saint-Jeand’Illac, “wild-card“ pour rejoindre la Ligue B suite à la fonte des championnats professionnels,
-> 2018-2019 : 7e LBM phase régulière, éliminée en quarts de finale par Cambrai (1-3, 2-3).


Jordan Corteggiani, pointu, arrive des Spacer's Toulouse, Ligue A (photo © Michel Viala)

(**) Quatre départs, quatre arrivées. Les départs n’étaient plus un mystère depuis même le début des play-off. Quittent donc, non sans regrets, le bateau amséliste, les deux joueurs serbes, le central Stanislav Simin et le pointu Mihailo Pajic, l’autre pointu fidèle parmi les fidèles (7 saisons au club) Bastien Prévit, qui rebondira du côté de l’AS Monaco (3e de N2), et enfin le RA Pierre Vivier, lui aussi un ancien (arrivé en 2015) et qui restera au club.
Côté arrivées, sont d’ores et déjà annoncées deux signatures d’anciens de Ligue A, le nouveau pointu Jordan Corteggiani, en provenance de Toulouse, et le nouveau réceptionneur-attaquant Julien Bernard (ex-Rennes). La suite… probablement dans quelques jours. Restez à l’affût…

Julien Bernard, tout jeune réceptionneur-attaquant, est descendu de Bretagne et de Rennes pour tenter l'aventure fréjusienne (photo © D.R.)

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