Volley-ball (Nationale 3 masculine) - Avec Pierre Vivier aux commandes pour amorcer le virage de la jeunesse

26 septembre 2020

Frustration, c’est le terme qui illustre le mieux l’état d’esprit des volleyeurs fréjusiens (équipe réserve) à l’issue de la dernière saison, pour leur retour en Nationale 3.

Frustration car, sur la lancée de leur niveau de jeu depuis le 5 janvier 2020 (et un match en retard gagné 3-0 contre Marignane), les hommes de Claudy Respaut ont littéralement plané sur leur poule, glanant huit succès en neuf rencontres.

Le libéro Guillaume Lainé (en haut) et la passeur Jean-Baptiste Grobert (ci-dessus) devront accompagner l'éclosion des jeunes prometteurs du club

Et puis, le confinement est arrivé alors que ce qui était encore l’AMSLF (3e avec 26 pts) s’apprêtait (le 15 mars) à jouer une petite “finale“ contre les Corses du GFC Ajaccio. Une victoire et toute la fin de saison aurait été consacrée à aller (re)chercher le leader salonnais, tout juste trois longueurs devant.

Car, et c’est là que le bât blessa l’an passé, le groupe “réserve“ de l’AMSLF donna l’impression de commencer à jouer… en 2020, batifolant auparavant, sur toute la fin d’année civile 2019, première partie du championnat.

Piele Halagahu doit encore s'affirmer techniquement et tactiquement mais il a un autre atout, son physique !

Pierre Vivier, alors encore joueur, tout juste descendu de l’équipe 1ère et d’une saison en Ligue B, avait d’ailleurs alerté à plusieurs reprises sur ce sujet. « On est incapables de gagner à l’extérieur, on ne joue pas à notre niveau, j’ai l’impression que les gars sont encore en Pré-Nationale et qu’ils pensent qu’ils vont tout gagner mais sans faire d’efforts… »

Sept sur huit en 2020 !

Un constat sévère, assurément, mais que le néo-coach à temps complet – il a officiellement remplacé aux rênes de la N3 Claudy Respaut, ex-coach qui a pris un peu de recul, notamment pour des raisons de santé – ne regrette en rien. « Oui, c’est vrai, c’était peut-être un peu dur, mais c’était le constat. Moi j’arrivais de Ligue B et j’avais l’impression que les gars ne donnaient pas tout. »

Pierre Vivier sait également reconnaître le contexte un peu particulier dans lequel se retrouvaient ses nouveaux partenaires. « Cela faisait plusieurs saisons qu’ils dominaient au niveau régional, sans pouvoir accéder à la N3 du fait de la suspension à laquelle devait se tenir le club (*). Donc, ils ont pensé que tout irait toujours aussi facilement pour leur retour en N3. »

Et puis, la prise de conscience a eu lieu pendant la dernière trêve des confiseurs. Les joueurs ont enfin intégré que rien ne leur était acquis, qu’il fallait se battre et l’on connaît la suite… malheureusement tronquée avec ce foutu Covid.

Pierre Vivier fait pour coacher

Au repos forcé, Pierre Vivier s’est dès lors immédiatement mis au travail pour préparer la présente saison, sa première en tant que coach à plein temps. « Je suis arrivé à Fréjus en 2015 (en tant que joueur en équipe Élite, Ndlr). Dès les premiers mois, Éric (Chassagnard, le président) m’a demandé si je voulais entraîner. Julien Laporte avait déjà bien lancé l’école de volley. J’ai accédé à la demande d’Éric et je me suis pris au jeu. Avec une équipe en charge, puis deux, puis trois cette saison, puisque je vais continuer à encadrer les M13 et M15 filles qui évoluent en championnat régional. Puis les mecs en N3 donc. Des seniors, pour la première fois. »

Un rôle que Pierre prend à cœur, et auquel il veut se consacrer à temps plein. « Je suis actuellement un peu blessé au pied mais après, je pense qu’effectivement, je coucherai mon nom sur la feuille de match pour parer à toute éventualité. Maintenant, si c’est un “vieux“ que je suis amené à suppléer, je rentrerai sur le terrain. Mais si c’est un jeune, je lui laisserai la place. »

Nathan Bonnard, tout juste intégré au Pôle espoirs de Cannes et sélectionné en équipe nationale U16, est l'une des pépites du groupe fréjusien

Aux jeunes de venir s’imposer

Car là est aussi le credo du néo-entraîneur du nouveau club, Fréjus Var Volley. « Dès mars, je savais que Claudy me laisserait les rênes de l’équipe. J’ai donc commencé à travailler et à voir avec les dirigeants l’objectif à mettre en place. À savoir intégrer les jeunes, continuer notre travail de formation, commencé dès l’école de volley, pour que des jeunes issus du club parviennent au plus haut niveau, la N3 pour commencer et, pourquoi pas plus haut ? »

Il est vrai que la “réserve“ masculine était avant tout, et sans être pour le moins du monde péjoratif, la “maison de retraite“ des anciennes gloires locales. Qui aspirent « à jouer encore à un assez bon niveau mais aussi pour le plaisir. J’ai d’ailleurs récupéré des gars morts de faim, avides de retrouver les copains, l’ambiance des entraînements, des (après-)matches… »

Guillaume Respaut, ici à l'échauffement avant un récent match de préparation, ne peut jouer avec la N3, car trop jeune. Mais, à 13 ans, il est promis à un très bel avenir...

Respaut et Bonnard,
les pépites

Aujourd’hui néanmoins, Pierre Vivier veut construire un collectif en intégrant des jeunes au groupe. « Guillaume Respaut (13 ans) s’entraîne déjà avec le groupe N3. Nathan Bonnard (15 ans), qui a intégré le Pôle espoirs de Cannes, jouera avec nous le week-end. Un garçon comme Piele Halagahu, qui a très peu de volley derrière lui mais un physique hors normes, a déjà énormément progressé cet été, d’autant qu’il s’entraîne aussi régulièrement avec Loïc (Geiler) et les pros. »

Autour des futurs piliers de demain, les anciens répondent encore présents. Même Jibé (Jean-Baptiste) Grobert, avec qui « nous avons trouvé un accord puisque, professionnellement, il travaille surtout sur Nice, et il habite Antibes. Donc il s’entraîne une seule fois avec nous, le vendredi, mais tiendra bel et bien sa place de passeur. C’est un rôle essentiel où je le voulais absolument, parce que je le connais bien ».

Quentin Chassagnard, sparring-partner avec le groupe Ligue B, sera l'un des plus expérimentés de l'effectif de N3

De vieux briscards
toujours à la barre

Mathieu Sagory (toujours là à 41 ans et malgré des genoux qui “grincent“ un peu), Sébastien “Tatoo“ Icart, le pointu capitaine (qui soigne une méchante déchirure) ou encore Julien Da Cruz et Guillaume Lainé sont toujours là. Avec les retours de Quentin Chassagnard (également sparring-partner avec le groupe “pro“) et d’Alexis Gras, l’effectif fréjusien a fière allure. Reste maintenant à Pierre Vivier à trouver la bonne alchimie pour, à tout le moins obtenir un maintien confortable, et plus si affinités.

« De toute façon, on sait qu’on commence pour l’instant ce dimanche à Ollioules, continue le coach varois. Mais on ne sait pas ce que cela donnera la semaine suivante puisque nous devons aller jouer contre la “réserve“ de Martigues. On est comme tout le monde, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. On essaiera de bien se lancer de fait… »

 


L’effectif de Fréjus Var Volley (2)
N°1 - Alexis Gras ; N°4 - Guillaume Lainé ; N°5 - Quentin Chassagnard ; N°6 - Sébastien Icart ; N°7 - Julien Da Cruz ; N°8 - Piele Halagahu ; N°9 - Jean-Baptiste Grobert ; N°10 - Ange Decourt ; N°11 - Pierre Vivier ; N°12 - Nathan Bonnard ; N°13 - Mathieu Sagory.

Entraineur : Pierre Vivier.


 ÉCHOS DES PARQUETS

 • 2015 : l’AMSLF “punie“ (*). À l’issue de la saison 2014-2015, l’AMSLF finira vice-championne de France Élite derrière Saint-Brieuc (où évoluait alors un certain… Pierre Vivier). Mais refusera la montée, faute de moyens financiers et structures suffisamment solides (au passage, le club briochin a aujourd’hui disparu du monde professionnel et fusionné avec le voisin, Cesson…). La sanction de la Fédération française sera immédiate, avec rétrogradation de la “réserve“, alors en N3, et interdiction d’accession en championnat de France pendant trois saisons…

• Tournoi de la Méditerranée. Le GFC Ajaccio (Ligue A) et les clubs de Martigues, Fréjus et Mende (Ligue B) disputent ce week-end (à huis clos) le Tournoi de la Méditerranée dans la petite Venise provençale. Chez Raphaël Attié.
Premiers résultats, Ajaccio a dominé Martigues vendredi (3-1), Fréjus s’est inclinée devant la même équipe martégale (1-3).

• Match reporté pour les filles. Promues en Nationale 3 à la faveur de leur magnifique 2e place la saison passée, les filles d’Alexandre Gangneux devaient, comme leurs homologues masculines, débuter leur championnat ce week-end du côté de Saint-Étienne. Un match finalement reporté…

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