VTT X-country : Pauline Ferrand-Prévot (re)devient championne du monde !

01 septembre 2019

 

En remportant la manche italienne de Coupe du monde de cross-country début août à Val di Sole – sa première victoire dans la compétition mondiale depuis quatre ans –, la championne tricolore Pauline Ferrand-Prévot a semblé tourner une bonne fois pour toutes le dos à plusieurs années de galère.

Si elle n’est pas à proprement parler licenciée d’une entité sportive fréjusienne, elle n’en est pas moins très souvent une citoyenne de la cité romaine, installée avec son compagnon, l’ancien multiple médaillé d’or olympique, mondial et européen de la discipline, Julien Absalon. Et il n’est pas rare de les croiser tous les deux en session d’entrainement sur les routes de la Tour de Mare, de Caïs ou encore la RD100…

Photo © UCI

Premier triplé chez les juniors

Championne précoce (au sommet du cyclisme mondial dès les rangs juniors à 17 ans), elle est surtout multi-disciplines, à l’aise en vélo sur route, cyclo-cross ou encore VTT, spécialité X-country. Elle est ainsi triple championne juniors en 2009 (sur route en ligne, sur le contre-la-montre et en VTT). Mais elle fera encore mieux en 2014, après trois années de montée en puissance et de découverte du monde professionnel. Cette année-là en effet, elle conquiert et cumule quatre titres nationaux : par ordre chronologique, cyclo-cross, contre-la-montre (son 2e déjà dans cette discipline après le premier en 2012) puis course en ligne sur route, enfin cross-country en VTT ! Avant de conclure la saison par un titre mondial sur route en Espagne, 19 ans après Jeannie Longo !

Tous les ors mondiaux la même saison !!!

Un premier or mondial chez les pros, auquel elle ajoutera deux médailles du même métal, en cyclo-cross durant la saison hivernale et en VTT X-country en fin d’été. Nonobstant un second titre planétaire en relais mixte (après celui de 2014)…

Si elle ne le sait pas encore, Pauline Ferrand-Prévot – “PFP“ (comme on se permet de la surnommer parfois) – s’apprête à vivre trois années difficiles. Autant physiquement que psychologiquement où le monde du vélo et les médias ne seront pas tendres avec la championne retombée aussi vite aussi bas qu’elle était montée très haut très vite. Et ce, malgré deux nouveaux titres aux “France“ VTT de cross-country (2017, 2018), voire cette médaille d’argent sur le championnat d’Europe de la spécialité. Mais ces performances demeurent irrégulières et souvent non suivies d’autres performances probantes.

Photo © Twitter_UTI

L’artère iliaque, “la coupable“

En janvier de cette année, elle subira une intervention chirurgicale à l’artère iliaque, vraisemblablement à l’origine de tous des maux des trois dernières saisons. De retour à la compétition en février 2019, elle coiffe une nouvelle couronne nationale (6e titre consécutif depuis 2014) de cross-country et un titre de VTT-AE (VTT à assistance électrique). Puis ce sera ce succès transalpin à Val di Sole et, ce dernier jour d’août, du côté du Canada sur le mythique piste québecoise de Mont-Saint-Anne, avec cette seconde médaille d’or mondiale en VTT, sa 4e au total avec les autres disciplines (cyclo-cross et course sur route).

Une remontée AMAZING

Une médaille, qui plus est, conquise à l’issue d’une course “amazing“, complètement folle où, encouragée par son compagnon qui la suivait en bord de piste sur son VTT, “PFP“ remontera le handicap d’une chute survenue dès le tour inaugural et un débours dépassant la minute sur les leaders (elle repartira 18e).

Patiente mais déterminée, sans affolement mais avec une rage décuplée, Pauline Ferrand-Prévot “jouera à la tortue“, remontant une à une les concurrentes qui la devançaient, notamment les ténors de la discipline et les laissant irrémédiablement sur place… Qu’elles se nomment Kate Courtney (USA, championne du monde en titre), Les deux Néerlandaises Anne Terpstra et Anne Tauber, et enfin Yoland Nef (Suisse, actuellement en tête de la Coupe du monde). Devant elle, à 40’’, une seule concurrente, l’a métronome Australienne Rebecca McDonnell, partie aux avant-postes dès l’entame de la course.

Les nerfs lâchent…

Pauline la rattrapera sans s’affoler, la dépassant une fois rattrapée et à l’amorce du 5e des six tours au programme pour aller chercher un or qui, selon la Fréjusienne d’adoption, « est mon plus beau titre de championne du monde » puis, revenant sur cette remontée fantastique, « j’ai connu (entre autres) une année 2018 difficile… Après ma chute, je me suis dit que tout pouvait encore se passer (…) je suis partie de si loin, j’étais déjà contente de revenir sur Yolanda… »

Elle fera mieux encore, étouffant l’Australienne pour aller quérir son second titre planétaire dans la discipline.

Photo © Presse Sports

Alors, l’on comprendra parfaitement les nerfs qui ont lâché, les larmes qui ont coulé sur le joli visage de la championne originaire de Reims, au moment de troquer la très belle tunique tricolore conte cet encore plus beau maillot irisé ! Une tunique de championne du monde qu’elle arborera dès la prochaine manche de Coupe du monde (Snowshoe, USA, 6 -> 8 septembre). Et qui sait, peut-être lors du prochain Roc d’Azur (9-14 octobre) ?

 

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