SAMEDI 5 DÉCEMBRE, 9h45, SAINT-AYGULF : Hommage aux “Morts pour la France“ de la Guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie

Quand
Le vendredi 04 décembre 2020 - 9:45 à 12:00
Monument aux Morts, Square de Lattre de Tassigy, Saint-Aygulf

Ce samedi 5 décembre se déroulera la cérémonie d’hommage aux “Morts pour la France“ de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, cérémonie prévue à 9h45 devant le Monument aux Morts de Saint-Aygulf.
Si la commémoration se fera en présence du maire de Fréjus, David Rachline, et de Brigitte Lancine, adjointe au maire et conseillère régionale, elle n’accueillera pas de public en raison de la crise sanitaire, à l’instar des autres cérémonies de commémoration.

La cérémonie débutera à 9h45, avec la lecture du message de Geneviève Darrieussecq, Ministre déléguée auprès de la Ministre des Armées, chargée de la mémoire et des anciens combattants, et sera suivie par le discours du maire de Fréjus, David Rachline.

Sculpté par Joseph Ebstein, le Monument aux Morts représente la Victoire ailée accompagnant un Poilu et un soldat de l’armée d’Afrique. Érigé tout d’abord à Tlemcen (en Algérie), il fut rapatrié en 1965 à Saint-Aygulf par Gaston Montamat.

RAPPEL HISTORIQUE

Colonie française depuis 1830, l’Algérie souhaite trouver son indépendance. Les nationalistes algériens vont se rebeller contre l’armée française et le territoire va finalement devenir le théâtre d’une guerre de décolonisation des plus douloureuses pour la France.

La guerre éclate le 1er novembre 1954 avec la “Toussaint rouge“, une série d’attentats commis par le Front de libération nationale (FLN). Un an plus tard, l’état d’urgence est déclaré, et l’armée française débarque en Algérie. Les violences vont alors se succéder durant 8 ans, de 1954 à 1962. Près de 25.600 militaires français sont morts dans ce conflit, et 65.000 blessés. On dénombre également plus de 10.000 victimes civiles d’origine européenne.

Le Général de Gaulle,
personnage emblématique de la guerre d’Algérie

L’arrivée au pouvoir du Général de Gaulle en 1958 est un véritable tournant dans ce conflit. Le 13 mai 1958, des manifestations éclatent en Algérie après l’exécution de trois soldats français par le FLN. Appelé par Jacques Massu, militaire français qui fonde le comité de salut public après l’exécution de trois soldats, le Général de Gaulle prend la tête de la présidence du Conseil, où il est chargé de proposer une nouvelle Constitution pour la Ve République. Son texte adopté, il se voit ainsi élire président en décembre.

Les propositions “pacificatrices“ vont progressivement mener à la fin du conflit, notamment lors de son discours du 4 juin au peuple algérien, et sa célèbre phrase « Je vous ai compris ! ». Il propose également la “paix des Braves“ au FLN le 23 octobre, “offre“ qui sera déclinée. Il consent finalement à l’autodétermination le 16 septembre 1959.

En janvier 1961, le référendum sur l’autodétermination est organisé, approuvé par 75 % des Français. Un an plus tard, le 19 mars 1962, sont signés les Accords d’Évian, avec un cessez-le-feu immédiat et l’indépendance de l’Algérie.

 

Pourtant, malgré les Accords d’Évian et leur contenu (dont l’engagement du FLN à ne pas exercer de représailles), les violences sont loin d’être terminées. On assiste à de nombreux massacres de harkis (individus engagés comme supplétif aux côtés des Français dans la guerre d’Algérie) et l’on estime à près de 20.000 le nombre de harkis morts. Le 5 juillet 1962, jour de la proclamation officielle de l’indépendance de l’Algérie, près de 700 Européens sont enlevés, torturés, tués, à Oran.

Le 5 décembre,
une date considérée comme “neutre“

La commémoration de la guerre d’Algérie suscite encore de nombreuses questions, notamment sur le choix de la date. Depuis 2012, deux dates officielles célèbrent la fin des hostilités en Algérie. De fait, 19 mars ou 5 décembre, pourquoi y a-t-il débat ?

Le 5 décembre 2002, le mémorial national érigé en l’honneur des combattants morts pour la France en Afrique du Nord, situé Quai Branly, à Paris, est inauguré par Jacques Chirac. Une date neutre choisie par l’ancien président de la République, qui souhaitait « réconcilier les mémoires fragmentées » en rendant hommage aux 24 000 militaires français tués pendant le conflit.

Un an plus tard, le 5 décembre est officiellement instauré comme journée nationale d’hommage aux “Morts pour la France“ pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie. Mais elle suscite la polémique chez certains, puisqu’elle ne correspond à aucune référence historique à proprement parler.

19 mars ou 5 décembre :
il faut choisir… ou pas

Le 19 mars marque, de son côté, la date anniversaire du “cessez-le-feu“ en Algérie, avec la signature des Accords d’Évian en 1962. La loi du 6 décembre 2012 fait ainsi de cette date la “Journée nationale de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie“. En cette journée sont ainsi commémorées toutes les mémoires.

Pourtant, le 19 mars ne fait pas l’unanimité. Les anciens combattants, les descendants de Harkis et de Pieds-Noirs et une partie de la droite contestent cette date, qui « ne marque pas la fin du conflit, mais le début du massacre de nombreux civils abandonnés par l’État français après le cessez-le-feu ».

L’éternel débat se poursuit au fil des années. Pour être au point, le décret de 2003 instaure la journée nationale d’hommage aux “morts pour la France“ pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie le 5 décembre.

Quant à la date du 19 mars, elle symbolise la journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie, depuis la loi adoptée en 2012.

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