À l’origine de cette synergie exemplaire, on trouve une rencontre déterminante entre deux hommes animés par la même volonté de transmettre. Simon Murat, botaniste municipal aujourd’hui retraité, qui veillait avec passion sur le parc de la Villa Aurélienne, et Thierry, formateur pédagogique au sein de l’Association de Prévention Spécialisée (APS) de Fréjus, missionnée par le département au titre de la protection de l’enfance. Ensemble, ils ont imaginé un pont entre la sauvegarde des pierres anciennes et la reconstruction des parcours de vie.
Aujourd’hui, le relais est assuré avec la même ferveur : Fabrice a succédé à Simon pour encadrer ces chantiers. Comme son prédécesseur, cet agent de la Direction de l’Archéologie et du Patrimoine de la Ville se distingue par sa réactivité et sa disponibilité, jouant pleinement le jeu de l’accompagnement auprès de ces jeunes recrues.
Une « première marche » vers l’avenir
Ce dispositif s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans. Pour beaucoup, il s’agit d’un moment clé. « Ce sont des jeunes éloignés de l’insertion professionnelle. C’est une première marche avant de retourner vers le droit commun et construire un projet professionnel cohérent », précise Nadia Mezhoud, chef de service de l’APS Fréjus. Ce partenariat, soutenu financièrement par la Ville, favorise ainsi des orientations professionnelles positives.

Au-delà du débroussaillage nécessaire pour limiter les désordres causés par la végétation sur les vestiges, ces chantiers permettent une véritable immersion. Les jeunes y apprennent les gestes techniques, les règles de sécurité et, surtout, le travail en équipe sur des sites emblématiques comme la Butte Saint-Antoine ou les Arènes.
Ouvrir les horizons culturels
L’implication de la Ville ne s’arrête pas à la technique. Pour donner du sens à leur travail, les agents de la Direction de l’Archéologie et du Patrimoine interviennent régulièrement pour partager l’histoire de Fréjus.
Visites guidées du Vivier romain, ateliers de culture générale… Tout est mis en œuvre pour ouvrir le regard culturel de ces jeunes. En comprenant l’importance des sites qu’ils entretiennent, ils ne se contentent plus de travailler : ils deviennent les gardiens de leur propre héritage et se sentent, souvent pour la première fois, pleinement utiles à la collectivité.

