De la piste au staff tricolore : le nouveau défi de Stéphane Valenti

Publié le 15 mai 2026
Figure emblématique de l’AMSLF Athlétisme, Stéphane Valenti franchit une étape historique dans sa carrière. L’ancien champion du monde de duathlon intègre l’encadrement de l’équipe de France pour la Coupe d’Europe du 10 000m.

Licencié à l’AMSLF depuis 1995, Stéphane Valenti est bien plus qu’un athlète pour Fréjus ; il est le gardien d’une tradition d’excellence. Formé à l’école d’Yves Brenier – mythique entraîneur de l’AMSLF – Stéphane a porté haut les couleurs de la ville, notamment avec son titre de champion du monde de duathlon par équipe en 2007 et son sacre de champion de France de cross en 2018.

Stéphane ValentiStéphane Valenti

Aujourd’hui, il passe de l’autre côté de la barrière. Pour la première fois, il a été nommé par la Fédération Française d’Athlétisme (FFA) pour encadrer l’équipe de France Élite lors de la Coupe d’Europe de 10 000m, qui se tiendra le 23 mai prochain à la Spezia, en Italie.

Un rôle de stratège et de manager

Au sein du staff des Bleus, Stéphane aura la responsabilité de six athlètes, dont la star de la discipline, Jimmy Gressier. « Mon rôle : manager, leur faire prendre conscience du niveau qu’ils ont, les mettre dans de bonnes conditions psychologiques », explique-t-il. Pour lui, cette évolution est une suite logique : « la boucle est bouclée, j’ai été athlète de haut niveau… et là je vais être de l’autre côté. C’est agréable d’avoir une entente et un vrai suivi avec les membres de la FFA. »

Le binôme Valenti – Bour : cap sur Los Angeles 2028

Cette reconnaissance nationale, Stéphane la doit aussi au travail d’orfèvre réalisé avec Félix Bour. Leur rencontre en 2018 sur les sentiers de la Base nature de Fréjus tient de l’anecdote savoureuse : « je faisais mon footing, il y avait un mec blanc et maigre que je n’arrivais pas à rattraper… c’était rare à l’époque ! J’ai fait demi-tour pour le croiser. C’est parti de là. »

Devenu l’entraîneur particulier de Félix en février 2021, Stéphane l’a mené jusqu’au sommet : une qualification pour le marathon des Jeux Olympiques de Paris 2024 avec un temps canon de 2h06mn45s. Un souvenir gravé à jamais comme sa « dernière grosse émotion ».

De son côté, Félix se projette vers les grandes échéances internationales. Le 16 août prochain, il portera le maillot bleu pour les Championnats d’Europe à Birmingham, l’objectif majeur de sa saison. Mais dans un coin de la tête, il y a déjà le 6 décembreà Valence, premier marathon qualificatif pour les JO de Los Angeles 2028. Pour s’y envoler, Félix vise un chrono de 2h05 (contre un record actuel de 2h06mn40) : « je dois prendre des risques et rêver d’un 2h05… Valence sera un premier galop d’essai et je vais essayer de passer un gros chrono. »

Prochain rendez-vous à la Base nature

Si Stéphane s’envole pour l’Italie avec le staff tricolore, il garde un œil très attentif sur la préparation de son protégé. Félix Bour, licencié à Athlé 55 (Bar-le-Duc) mais Fréjusien d’adoption pour ses entraînements, sera la tête d’affiche du 10 km Estérel Côte d’Azur le 20 juin prochain. L’occasion pour le public local d’applaudir cet athlète olympique sur ce que Stéphane considère comme « le meilleur spot de la région pour s’entraîner ».

Stéphane Valenti, Félix Bour, Fabien RouxStéphane Valenti, Félix Bour, Fabien Roux

Un avis partagé par Fabien Roux, conseiller municipal au sport de haut niveau et ostéopathe de Félix Bour : « en dehors de la diversité du terrain – la piste au stade Gallieni, la Base nature, l’Estérel – c’est tout un territoire qui est propice aux performances. » Il souligne également l’importance du soutien logistique et médical local, entre l’accueil du Centre de Ressources d’Expertise et de Performance Sportive (CREPS) PACA et du Centre Européen de Rééducation du Sportif (CERS) : « à ce niveau de performance, il faut que toutes les cases soient cochées et que toutes les ressources soient mobilisées. »

Une passion qui se transmet

Si Stéphane garde cette flamme intacte, c’est aussi parce que l’athlétisme est une histoire de cœur chez les Valenti. Son épouse, Manuella, est également licenciée à l’AMSLF, et leurs filles, Paula (13 ans) et Louisa (10 ans), suivent leurs traces sur les pistes fréjusiennes.

Cette transmission est une source de satisfaction immense : « être entraîneur, c’est incroyable les satisfactions que ça procure quand ta préparation fonctionne et que l’athlète performe. C’est au moins proportionnel aux émotions que tu réalises toi-même en tant qu’athlète. » Des émotions qui, aujourd’hui, le portent jusqu’au plus haut niveau de l’encadrement national.

© Crédit photo (bannière) – David Ortet